‹ Chirurgiens et blessésChapitre 60 sur 122 · BILLET DE SORTIE DE L’HOPITAL · texte numérisé non relu

BILLET DE SORTIE DE L’HOPITAL

Vérifié par Nous Directeur dudit

Vu par Nous Commi/Tairt des Qutr Hopi

Iîillet de sortie de l’hopitae. (An III de la République.) (Collection de l’auteur.)

interdisait aux officiers de mettre en route « aucun malade attaqué d altection aiguë ou chronique, quand 1 agitation du transport ou 1 impression de 1 air pourroient empirer le mal ». Il était également interdit de laire « voyager aucune fracture du crâne ou des extrémités supérieures, aucune grande amputation, surtout si elle est fraîchement faite, aucune blessure à laquelle on peut supposer

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un grand vaisseau ouvert, ou qui fait craindre une hémorragie considérable, aucune plaie accompagnée d’accidens inflammatoires et dont les symptômes graves et dangereux peuvent empirer par le mouvement, nulle plaie, enfin, dont la terminaison par la mort est jugée certaine et peu éloignée1 2 ».

Les blessés devaient être d’abord pansés sur le champ de bataille même.

Le premier pansement effectué, ils étaient évacués à l’ambulance, où ils étaient couchés sur une paillasse, « ou sur des planches, si l’on avait eu le temps d’en établir dans le local destiné à ce service ; on y ajoutait des draps, un sac à paille servant de traversin et une couverture, et on pouvait coucher deux hommes dans le même lit, lorsque les blessures étaient légères ».

Mais les blessés ne séjournaient pas dans ces ambulances provisoires : on s’empressait de les évacuer sur les hôpitaux ambulants, que l’on commençait à organiser. Ceux-ci formaient « un centre, en arrière, à environ une lieue ou deux de l’armée » ; on y avait réuni « tous les objets nécessaires au pansement des blessés ».

Lorsque j’étais employé aux ambulances légères ou aux ambulances divisionnaires, relate un chirurgien de l’époque révolutionnaire, je faisais préparer à l'avance tout ce que mes confrères et moi pouvions avoir besoin pour panser deux, trois ou quatre mille blessés, quelquefois même un plus grand nombre, suivant les besoins présumés. Provision de charpie, bandes de toute grandeur, compresses de toute taille et de toute forme, emplâtre agglutinatif étendu, bandages de toute espèce, tout était préparé, casé, étiqueté, numéroté dans des caisses qui ne quittaient pas l'ambulance ; tout tombait sous nos mains aussitôt que nous en avions besoin. D’un œil, nous voyions la nature de la blessure ; de l’autre, le secours le plus convenable. Un guerrier venait-il de recevoir un coup de feu ? la balle restée paraissait- elle accessible à nos instruments évulsifs? la partie blessée était aussitôt placée dans la position la plus convenable ; deux incisions, si elles étaient jugées nécessaires, avaient bientôt agrandi le trajet de la balle et favorisé sa recherche... Nous apportait-on un blessé ayant une fracture de la jambe ou de la cuisse ou, quelquefois encore, étions-nous appelés pour porter de prompts secours à un malheureux qui venait d’éprouver l'un ou l’autre de ces accidents? sourds au bruit du canon, affrontant le péril, munis de tous les objets dont nous avions besoin, nous étions aussitôt rendus à l’endroit même où le soldat avait reçu le coup fatal

On ne pratiquait jamais une amputation, ni une opération tant soit peu grave, sur un blesse fortement saisi par le froid. «. .l’ai vu, rapporte un chirurgien en chef de l’armée du Rhin, quelques blessés opérés ainsi et je suis sur que la

1 Les blessés d’autrefois (l 'Opinion, 3 juin 1916, étude de M. André Fribourg).

2 Bhiot, op. cit ., 38i-2.

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