‹ Chirurgiens et blessésChapitre 61 sur 122 · RÉPUBLIQUE FRANÇAISE · texte numérisé non relu

RÉPUBLIQUE FRANÇAISE

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Billet de Convalescence.

militaire

No V s , Ofiuiers de Santé et Directeur de V Hospice Militaire d j? fij? tô-dj , certifions et attestons

que le Citoyen

natif du- ylciKjkl/frC , Distrut d Département d malade audit

Hospice , est convalescent , <S* qui il a besoin- d’aller prendre l'air natal pour achever de rtldhlir sa santé ; en conséquence , d'après l'article IV du titre III de la loi du i Thermidor , nous estimons qu'il doit lui être accordé une permission pmir Déeùcfts , sans qu2 cette fixation

puisse le. dispenser de se rendre à son Corps aussitôt son rétablissement , s'il était opéré avant l'expiration du temps qui lui étoit accordé.

A le

année de la République * Française , une et indivisible.

Lis Oilîciers de Santé en chef ,

Le Directeur de l'Hospice

Vu pîr roi, Commissaire des Guerre», chargé la Police des Hospices Militaires,

Billet de Convalescence. (Époque révolutionnaire.) (Collection de l'auteur.)

CHIRURGIENS ET BLESSES A TRAVERS l’hISTOIRE

mort prompte qui les a frappés est (lue en grande partie à ce qu’on n’a pas eu l’attention si simple, si naturelle, de n’opérer qu’après avoir réchauffé ces malheureux1. »

La méthode générale des pansements qu’on suivait consistait « à ne jamais rien faire sans motifs ». On employait avec succès, et presque toujours jusqu’à parfaite guérison, l’eau froide dans les blessures faites par armes blanches; l’eau tiède, dans celles faites par armes à feu et qui étaient en suppuration. On y ajoutait quelquefois un peu d’acétate de plomb. On se servait aussi d’eau marinée ou aiguisée d’alcool. En général, les chirurgiens militaires retiraient autant et plus d’avantages de l’usage de l’eau, que de celui de tous les autres remèdes réunis : ce qui ne signifie pas que les pansements à sec, la charpie, les cataplasmes et le cérat fussent abandonnés; et, malgré le défaut d’antisepsie, on enregistrait encore de meilleurs résultats que chez l’ennemi.

En Prusse, par exemple, il résulte de nombreuses relations, que les malades et les blessés étaient fort mal soignés en temps de paix et, en temps de guerre, presque toujours abandonnés. Un fusilier, qui avait visité les hôpitaux prussiens, les comparait à des « coupe-gorges ». Dès l’entrée, il avait reculé d’horreur, tant ceux-ci étaient encombrés d’excréments.

Pas un endroit où l'on pût passer sans se souiller, pas de tables de nuit, très peu de lieux d’aisance, des malheureux se traînant à peine jusqu’à la porte, des cadavres qu’on ne relevait pas et qui gisaient au milieu desimmondices... La puanteur était horrible... On ne faisait même pas de fumigations, on n’ouvrait pas les fenêtres, on bouchait les vitres cassées avec des chiffons; la plupart des dysentériques couchaient, sans couverture, sur la paille, sur le parquet, où la vermine les dévorait ; leur linge n était jamais lavé, leur chemise pourrissait sur leur peau.

Ce même soldat rapporte qu’en 1792, des milliers de Prussiens moururent, faute de soins2. « Les infirmiers, insensibles aux souffrances d’autrui, ne songeaient qu’à remplir leur bourse; ils buvaient le vin des malades et vendaient au dehors le riz, la semoule et les fruits. »

1 Boi, Quelques réflexions sur les plaies d'armes à feu (Briot, loc. cit.)

a « Les hôpitaux regorgent de malades ennemis », écrit le volontaire Denis Belot, en 1792. Il est impossible de les transporter sans mettre leur vie en danger. L’armée prussienne que j’ai vue offre le plus lamentable aspect. Les soldats sont sans pain, sans vêtements; les trois quarts souffrent d’une maladie terrible, connue sous le nom de dysenterie. On les rencontre pâles, défaits, l’œil morne et hagard, chancelant à chaque pas qu’ils essaient de faire. Quel état pitoyable !... » ( Journal d’un volontaire , par Bonneville de Marsangy, 80.)

CANTON de

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