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'|.r)0 CHIRURGIENS ET BLESSES A TRAVERS L’HISTOIRE
Percy n’avait pas été sans souffrir, comme ses collègues, de la confusion, du désordre, « que le concours de plusieurs administrations, et la pluralité et le conflit d’autorités différentes jettent dans un service qui, pour bien aller, doit avoir ses chefs naturels, être soumis à une seule volonté, et formé de parties similaires1 2 ».
Ce n’était rien moins que l’autonomie du service de santé que réclamait le chirurgien en chef des Armées, et un long temps s’écoulera avant que celle réforme soit obtenue.
Mais Percy poursuivait un autre but, plus immédiatement réalisable. En établissant la chirurgie de bataille, il tendait à conserver dans la ligne tous ceux qui lui appartenaient, et enlevait tout prétexte d’en distraire un seul homme, pour le service des blessés des hôpitaux et des convois, qui n’ait fait preuve d’aptitudes spéciales.
On a vu ce qui se passait le plus souvent : un soldat venait-il à tomber, plusieurs de ses camarades sortaient aussitôt des rangs, qui pour lui porter ses armes, qui son shako, qui pour le soutenir jusqu’à l’ambulance parfois la plus éloignée : il en fut ainsi tant qu’il n’exista pas un corps d’infirmiers organisés.
Dans une lettre qu’écrivait, du bivouac de Sausgarten, le maréchal Davout au général Gudin -, le maréchal-duc se plaignait qu’ « un grand nombre de soldats se retiraient sur les derrières, sous prétexte de conduire les blessés... » 11 faut, ajoutait-il, que les braves soldats se chargent de punir eux-mêmes les trainarJs et les fuyards », en donnant « la savate et avec du gras h tous ceux qui n’ont pas paru à la bataille, ou qui s’en sont absentés sans motifs légitimes... » Sous cette rigueur se cachait beaucoup d’indulgence, puisqu’au lieu de déférer les défaillants à la justice militaire, le maréchal se contentait de les livrer à leurs camarades, à leurs égaux ; c’est sans doute qu’il trouvait dans le vice d’organisation des circonstances atténuantes.
Pendant le siège de Dantzig, où l’on eut à traiter seize cents blessés et deux mille malades, il n’y avait pas un seul infirmier; pour mettre un blessé hors de la portée du canon, six grenadiers ou soldats étaient distraits de leurs occupations militaires.
Dans l’ile de Lobau, les blessés, épars dans les broussailles, se traînaient pour chercher du secours. II n’y avait point d’ambulance; on n’entendait, de
1 Journal des Campagnes du baron Percy , 2 1 7 et s.
2 Cf. Gazette anecdotique . 189G, 1 5a- 1 5/j .