ORDRE DU JOUR - QUARTIER GÉNÉRAI
Au Caire , ier nivôse an VII (21 décembre 1798).
Tous les jours à midi, il sera joué sur les places, vis-à-vis des hôpitaux, par la musique des corps, différents airs qui inspirent de la gaieté aux malades et leur retracent les beaux moments des campagnes passées.
Signé : Bonaparte.
1 C. N., nu 4- 3g4- Dans l’ordre même, il n’est pas question de danseuses, mais elles figurent à la table analytique; serait-ce qu’au dernier moment, on aurait fait une suppression dans le texte officiel de la Correspondance ? La supposition n’a rien d’invraisemblable.
2 A. V. Arnault, de l’Académie française, Souvenirs d'un sexagénaire (Paris, Dufey, 1 834).
3 Cf. Chron. méd ., i cr juillet 1908.
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Ce diable d’homme veillait à tout ; on en eut une preuve nouvelle, peu après le 18 brumaire.
L’agence générale des hôpitaux avait envoyé, de Paris, dans les différentes armées, « des caisses composées d’instruments défectueux et de scies avec lesquelles on déchire les militaires auxquels il faut faire des opérations1». Bonaparte donna des ordres pour mettre fin au plus tôt à cette pratique et pour rechercher et punir ceux qui s’en étaient rendus coupables.
Ayant appris que les officiers de santé ne font pas des visites assez fréquentes aux malades qui sont dans les hôpitaux de Toulon, « et que soignent des forçats2 », il adresse un blâme à l’administrateur, exige qu’on fasse cesser promptement cet abus. Mais il a beau se plaindre et sévir, nombre de soldats, retour d’Egypte, abordent à Toulon « dans un état de santé affreux, atteints de scorbut et de dysenterie ». On leur refuse le pain, l’eau, « môme le bois pour faire la soupe ». Les invalides sont évacués vers Lyon « sur des béquilles », ne recevant, comme aide pécuniaire, que le fruit d’une collecte de leurs camarades3.
Ceux qui sont envoyés à Saint-Domingue y débarquent fatigués par la traversée : la fièvre jaune trouve en eux une proie facile; des régiments entiers périssent dans la semaine qui suit leur débarquement : nous aurions ainsi perdu 1.500 officiers et 20.000 soldats dans quelques mois.
Le Premier Consul multiplie les prescriptions sanitaires; même les malades qu’on prétend incurables ne doivent pas être abandonnés sans secours; il faut les envoyer à Paris, afin qu’on essaie sur eux « tous les moyens et toutes les ressources de Part 4 ».
Les villes où régnent les fièvres à l’état endémique seront délaissées, s’il est nécessaire. S’agit-il de faire choix d’un camp pour les troupes, par-dessus tout qu’on les place dans des lieux sains, si on ne veut voir l’armée fondre et se réduire à rien. C’est là la première de toutes les considérations militaires 5. Napoléon renouvelle, à maintes reprises, les mômes recommandations0. « Il
1 C. N., il février 1800, n" 4 . ~> S 4 •
- G. N., i y juin i 8o i .
:i Morvan, II, chap. V.
/p C. N., n"s 5.if>o, 5.2/^, 5.0 10, 0.43 1 .
C. N., n° ÿ.iéij. Lettre à Davout, commandant le camp de Bruges, 28 septembre i8o3. 0 /il., nos 1 3.^()2 et 1,3.763.