LE SIÈGE DE LA CITADELLE D’ANVERS
Afin de ne pas interrompre les divers épisodes des premières guerres d’Afrique, nous avons, de propos délibéré, mis à cette place, en manière de hors-d’œuvre, la relation du siège de la citadelle d’Anvers, dont Hippolyte Larrey nous a laissé l’histoire chirurgicale1.
Au mois de novembre 1832, un corps français mettait le siège devant cette ville, défendue par une garnison nombreuse de soldats hollandais ; celle-ci ne tardait pas à se rendre, sans attendre d’avoir subi l’assaut.
En prévision des blessés que ne pouvait manquer de fournir l’action, si rapide fût-elle, on avait installé, outre l’ambulance générale, deux ambulances secondaires, qui devaient former les ambulances de tranchée. On avait soigneusement veillé à leur approvisionnement en linge et en charpie ; les locaux choisis étaient spacieux, aussi commodes que possible, munis de lits de paille et de couvertures. Des matelas avaient été fournis, par l’hôpital d’Anvers, pour l’ambulance du quartier général ; un nombre proportionné de brancards avait été réparti à chaque ambulance.
L’ambulance des premiers secours avait été installée dans une église; on s’y borna aux soins d’urgence : extraction de corps étrangers, arrêt des hémorragies, application d’appareils d’attente aux blessures les plus graves.
L’ambulance de réserve, ou ambulance générale, n’était autre chose qu'une assez petite maison à deux étages, pouvant renfermer tout au plus une centaine d’occupants; une chambre, pourvue de tous les appareils et instruments utiles, avait été réservée pour les amputations ; les autres opérations étaient pratiquées, sans déplacement des blessés, c’est-à-dire sur leurs lits, dans une position rien moins qu’aisée pour les opérateurs.
1 Mémoires de médecine , de chirurgie et de 'pharmacie militaires, t. XXXIV (Paris, 1 833),