‹ Choiseul à Rome, 1754-1757Chapitre 22 sur 89 · SECOND BILLET · texte numérisé non relu

SECOND BILLET

« 1° Avant que d'examiner les lettres et mémoires (jui uni déjà été envoyés à Rome sur les matières qui forment une controverse dans l'Assemblée du clergé, le Pajie attendra la lettre de Sa Majesté T. C. aussi bien que celle qui lui est annoncée sur cet objet de la part de l'Assemblée. — 2" Le Pape étant obligé dans les grandes affaires non pas de suivre, mais de rechercher le conseil des cardinaux, il est d'avis de rechercher celui des cai'dinaux Passionei, Landi, Tamburini , Galli , et V;ilenti. — .'i" L'avis desdits cardinaux leur sera demandé avec la ])liis grande précaution et le plus grand secret; ])our éviter l'éclal, <jn tâchera même que le public ignore leurs noms. Enfin lorsque les cardinau.x consultés auront remis au Pape leur si-ntimenl, il examinera par lui-même la question agitée, et après s'être recommandé à Dieu pour en avoir des lumières, il ne jjubliera rien avant de l'avoir communiqué à Sa Majesté T. C. par la voie de son ambassadeur, et avant d'avoir reçu la i'éj)onse de Sadite Majesté, n'ayant d'autre but qui^ celui du sei'vice de Dieu, de la paix et tranquillité du Royauni(> de l'rance . l^Rome, t. DCCCXVIII, f. 3^2-393).

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en détail dans cette lettre. J'ai été bien aise d'avoir ces pièces pour que les intrigues ne pussent pas mordre sur les dispositions du Pape, et pour que le Roi vît clairement ce que j'ai déjà annoncé sur les sentiments invariables de Sa Sainteté. Vous jugerez, Monsieur, par la manière dont on est déterminé de procéder en cette Cour, que le Roi sera le maître en entier de la détermination qui y sera prise, ce que je croyais un préalable nécessaire.

Le Pape m'a dit dans la conversation que, quand il aurait une idée sur chaque chose, il me la communiquerait et me prierait de l'envoyer par un courrier extraordinaire au Roi, pour accélérer la détermination; je dis au Saint-Père que les expéditions ne souffriraient aucune difficulté. Je vous prie cependant de me mander aussi vos ordres sur cet article.

Le Pape me confia, ce que je savais déjà, que M. l'archevêque d'Auch ^ lui avait écrit une lettre très forte signée de vingt-cinq évêques. J'avais envie d'abord de lui en demander la communication pour vous l'adresser. Par réflexion, je me doutai que ces prélats sans doute avaient lait part au Roi de leur démarche, et je crus devoir y paraître indifférent.

Voilà, Monsieur, la situation exacte de cette affaire à la Cour de Rome; il était de mon devoir

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