Ce paragraphe est chiffré
... J'ai demandé à Sa Sainteté s'il lui plaisait que je fisse incessamment mon entrée, et, sur le désir que m'en a marqué le Pape, j'ai de concert avec Sa Sainteté fixé cette cérémonie au 28 de ce mois, c'est-à-dire que ce jour je ferai ce que l'on appelle ici l'entrée de campagne \ et huit jours après l'audience publique..
A M. ROUILLÉ
A Rome, le 19 mars 1756.
Monsieur,
Voilà le plan du Pape que j'ai l'honneur de vous adresser; M. Rota, chargé de la traduction parce que le Pape s'était entêté de l'envoyer en français au Roi, m'a prié de le traduire; ainsi, cette traduction est de moi. J'ai conservé copie de l'original italien fait par le Pape, et j'ai l'honneur de vous l'envoyer en même temps, pour que vous puissiez juger de la fidélité de la traduction '.
1. L'enti'ée publique des ambassadeurs à Rome s'appelle l'entrée de campagne, parce que leur maison n'y paraît qu'avec les petites livrées, réservant les grandes livrées pour le jour où ils vont à la première audience publique du Pape. — Voir le mémoire intitulé : Pour le Cérémonial des Ambassadeurs du Roi à Rome {Rome, t. DGCGXVI. f. 38-76).
2. Rome, t. DCCCXX, f. 218-223. — Dans une note jointe au projet de Bulle (f. 217\ Cboiseul lait observer que la traduction
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Comme l'ouvrage que je traduisais m'était confié à l'insu de Sa Sainteté, je n'ai point cru devoir marquer d'en avoir connaissance, et il m'a paru que, pour ne pas inquiéter le Pape, il était plus à propos d'envoyer le travail qu'il chérit au Roi, et qu'il me serait plus aisé ensuite, selon les réponses de Sa Majesté, d'y faire faire les changements qui me seraient indiqués par vos ordres.
Peut-être, Monsieur, que le plan du Pape au premier aspect ne vous paraîtra pas aussi favorable à nos intentions qu'il me le paraît; mais je vous supplie de le relire avec attention, et je suis persuadé que, plus vous le lirez, plus vous le trouverez entrer avec une adresse infinie dans les vues du Roi.
Vous verrez. Monsieur, par le mémoire que j'ai fait et que je joins à cette dépèche*, mes réflexions sur les différents points à corriger ; je n'imagine pas même trouver de grandes difficultés pour obtenir du Saint-Père ces corrections en tout ou en partie. Si le Roi les approuve, et que Sa Majesté en ajoute d'autres, je désirerais que vous eussiez la bonté de me les adresser en forme de contreprojet, mais avec la précaution de vous servir des
eiivoyéi; par le Pape au Roi diffèi-e sur quelques points de celle qu'il conniiuniqua lui-même ù Benoît XIV.
1. Home, t. DCGCXX, f. 224-22'J : « ... Enfin l'ouvrage en total, s"il est approuvé du Roi, contiendra trois pièces : une lettre encyclique aux évoques en réponse à celle de l'Assemblée, une bulle concertée entre les deux puissances selon le projet du Pape et le contre-projet que le Roi enverra, et un bref particulier à Sa Majesté.... »
termes de l'ouvrage du Pape autant qu'il sera possible, et de ne faire de changement que dans les paroles consacrées pour ainsi dire au bien. Vous ne sauriez croire, Monsieur, combien le Pape est enthousiasmé de son ouvrage, et combien il serait peiné de voir qu'il n'est pas goûté du Roi \ Au reste, le Pape mérite des louanges du travail assidu et pénible que cette matière lui a occasionné, et je dois lui rendre la justice qu'il y a travaillé
1. Avec le projet de bulle, Benoît XIV adressait au Roi la lettre suivante : 20 mars 1156. — « Nous envoyons enfin à Votre Majesté les pièces sur l'affaire en question ; nous les avons composées et écrites nous-mêmes, et pour les rendre plus intelligibles à Votre Majesté nous les avons fait traduire en français par Monsignor Rota, notre secrétaire des chiffres, suffisamment connu à la cour de Votre Majesté. Nous n'exposons pas dans cette lettre tout ce qui est contenu dans lesdites pièces pour éviter les répétitions inutiles, mais nous assurons Votre Majesté des points suivants : le premier, que tout a été fait avec le secret le plus exact, ne s'étant point tenu devant nous aucune congrégation, et que les cardinaux qui ont été choisis avec la participation de l'ambassadeur de Votre Majesté pour donner leur avis, nous l'ont transmis par écrit et cacheté. Le second, que nous avons tout lu nous-même, tout vu, tout considéré, et que nous n'avons pas oublié de nous recommander à Dieu, et nous y faire recommander pour qu'il nous éclairât de ses lumières. Le troisième, que nous n'avons eu d'autre but que le service de Dieu, la gloire de Votre Majesté et la tranquillité de la France pour l'obtention de laquelle nous sacrifierions volontiers le peu de vie qui nous reste. Le dernier, que Votre Majesté renvoyant les susdites jjièces approuvées, ainsi que nous l'espérons d'elle, on aura soin de réduire fidèlement et sans aucune altération, en constitution, ou bulle, ou lettre encyclique aux évèques de France, tout ce que ces pièces contiennent, sans le moindre changement. Voilà tout ce que nous devions exposer à Votre Majesté, à laquelle nous donnons de toute l'étendue de notre cœur la bénédiction apostolique .. {Home, t. DGGGXX, f. 236-237).
avec le zèle d'un véritable Père de l'Église, quoique nos évêques de France aient fait l'impossible, par leurs intrigues et par leurs lettres, pour le détourner de suivre les impressions de sa conscience; ils ont même annoncé au Pape depuis quelque temps des écrits en forme d'éclaircissement pour retarder le travail de Sa Sainteté. C'est M. le nonce, lié intimement avec le parti des seize, qui est le porteur de paroles le plus vif sur cet objet, et je sais qu'on lui a répondu le dernier ordinaire que Sa Sainteté le priait de se tenir tranquille et de ne point entrer dans les matières dont on ne le chargeait pas. Mais, Monsieur, plus il y aura d'animosité, plus le Pape pense avec justice qu'il faut garder le secret sur son opération jusqu'à ce qu'elle soit consommée, et en cela je suis entièrement de l'avis du Saint-Père qui, malgré ses bonnes intentions, a quelquefois des timidités qui m'effraient.
Les avis des cinq cardinaux étaient infiniment plus forts que celui du Pape et plus décisifs; aucun ne parlait de péclié mortels le Pape luimême dans son premier plan n'en parlait pas, et faisait entendre, au contraire, qu'il regardait le manque de soumission comme un péché véniel. J'ai voulu faire changer cet article, avec celui de jugement irréfragable et dogmatique (\\n y était; pour vouloir trop bien faire, je suis tombé dans un autre inconvénient, parce qu'en trois jours de temps quelqu'un certainement a parlé au Pape et
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a lait ajouter le commencement de projet qui n'était pas dans l'autre ; mais vous observerez par mon mémoire que cet inconvénient est aisé à réparer.
Cinq articles m'étaient recommandés par mes instructions et la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire le 19 décembre *.
Les deux premiers qui demandent une bulle où le terme de proprio inotu ne soit pas, n'ont souffert aucune difficulté.
Le troisième, que Sa Sainteté ne donnât aucune qualification, encore moins celle de Règle de foi \\ la constitution Lnigenitus, est accordé dans le plan du Pape.
Le quatrième, qui regarde le silence, est expliqué par les lois qu'il impose aux curés, et précisément dans les cas qui arrivent le plus souvent et qui ont occasionné le plus de troubles, c'est-à-dire à l'article de la mort, il sera encore plus spécialement déterminé, si le Roi fait usage et que le Pape accorde les réflexions contenues dans mon mémoire.
Le cinquième est entièrement dans le plan de la bulle. Ainsi, Monsieur, sur ces points, il me paraît que l'objet de vos ordres a été rempli
En m'envoyant le contre-projet, je vous supplie, Monsieur, de me donner des instructions particulières qui me règlent et m'éclairent. Si vous