‹ Choiseul à Rome, 1754-1757Chapitre 39 sur 89 · Evidemment « lesdits · texte numérisé non relu

Evidemment « lesdits

CHOISEULAROME. 155

me dit qu'elle travaillait à la lettre encyclique, ([u'elle n'avait pas encore pris son parti sur tous les objets; elle m'assura qu'elle acquiesçait à l'observation sur le péché mortel et sur les termes d'esprit et de cœur; que celles des appels et des auteurs des livres lui paraissaient raisonnables \ que, pour les autres, étant obligée de se servir du style romain, elle tâcherait de ne pas s'écarter du style français et de remplir les intentions du Roi. Le Saint-Père insista pour que je mandasse à Sa Majesté ce que j'ai déjà eu l'honneur, Monsieur, de vous écrire plusieurs fois, qu'après la gloire de Dieu, ce qu'il désirait le plus était de contenter le Roi. Il me demanda ensuite si j'enverrais la minute de la lettre encyclique à Sa Majesté. Je lui fis observer que, quoique je lusse persuadé que le Roi n'aurait qu'à remercier Sa Sainteté de son ouvraoe, il me paraissait nécessaire que Sa Majesté vit la minute de la lettre et l'approuvât avant qu'elle lui parvînt en forme.

1. Le projet du Pape conteiiuit celte phrase : « Aucun fidèle ne peut, sans risque de son salut éternel et sans commettre de péché mortel, lui refuser [à la bulle i'nige/iitus] la soumission d'esprit et de cœur qui lui est due ». Or, à Versailles, on trouvait cette phrase trop rigoureuse ; pour l'atténuer , on demandait la suppression des termes « d'esprit et de cœur » et de s'en tenir « au risque de salut éternel » en omettant de parler de péché mortel. — Ou demandait également au Pape de ne pas faire allusion aux appels, afin de ne pas eu rendre le goût qui commençait à passer et jugeant préférable de « laisser les appelants et réappellants, s'il en reste encore quelquesuns, vivi-e et mourir dans leur obscurité », et enfin de ne pas parler de ceux qui avaient écrit contre la bulle puisqu'ils ne signaient pas leurs ouvrages de leur véritable nom.

CHOISEUL A nOME.

Le Pape me dit qu'il me donnerait aussi la minute du bref au Roi. Je tâchai de lui faire sentir que, ce bref étant secret, cette minute m'était inutile; cependant je n'insistai pas sur cet article. Sa Sainteté me demanda ensuite comment la lettre parviendrait aux évêques. Je lui répondis que le Roi, qui s'était chargé de faire tenir à Sa Sainteté la lettre du clergé de France, ferait de même tenir la réponse.

Le Saint-Père, sur toute cette affaire, répéta ce dont nous convenions, et me promit qu'incessament il me ferait tenir la minute que j'attendais. En tout, Monsieur, selon les avis des cardinaux et selon les dispositions du Pape, je crois pouvoir me flatter que le Roi sera très content et que dans peu je serai en état de vous dépêcher la minute...

A M. ROUILLÉ

A Frascati, le 30 juin 175fJ.

... Je n'ai pu voir le Pape depuis son retour de Castel. Sa Sainteté a été pour la fête de Saint Pierre loger au Vatican et n a point donné d'audience; elle m'a fait dire qu'elle me recevrait mardi prochain.

Hier au soir, en revenant du Vatican à jNIontecavallo\le Pape entra chez M. le cardinal Valenti;

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