Ce que dans nos ministères on appelle un rédacteur
avait d'ailleurs un nouvelliste qui est celui du public, à qui je donnais environ dix écus par mois. Ces gratifications sont suffisantes, et je ne prévois pas que, dans aucun cas, il faille les augmenter, c'est-à-dire en donner à un plus grand nombre, le prélat de Lerma toutefois étant complété.
Le vice-gérant Rossi*, qui, depuis vingt ans, je crois, jouit de cette gratification, ne m'a été d'aucune utilité; je ne peux pas dire que j'aie eu lieu de me plaindre de lui, de même que je ne peux pas m'en louer. C'est un homme d'esprit, très adroit, très ambitieux, et que l'on soupçonne de fausseté; il me voyait avec précaution, parce qu'il avait peur que ses liaisons avec la France ne lui nuisissent; quand il me voyait, il me' faisait de grandes protestations d'attachement pour le service du Roi, mais il a évité d'être à portée que je le misse h l'épreuve. C'est le cardinal de Tencin qui lui a procuré cette gratification et qui, je crois, en ajoutait une de sa poche pour être instruit exactement de ce qui se passait à Rome. Et, ce qu'il y a d'extraordinaire, c'est que ce prélat Des Rossi était brouillé ouvertement avec le cardinal Valenti, et lié intimement avec le parti du cardinal auditeur ^ qui était contraire au secrétaire d'Etat; de sorte que le cardinal de Tencin avait