SECONDE PERIODE
ETTE seconde période, qui nous apporte aussi ses types et ses modifications, nous aidera surtout à la connaissance des progrès que Justinien imprima sur l’art chrétien de cette époque.
Le premier édifice qui s’offre à nous est la petite église de Ste-Sophie à Constantinople, convertie en mosquée depuis l’invasion ottomane. Le contour extérieur de son plan est carré, et il enveloppe un autre plan octogone conforme à celui de St-Vital j les tribunes des femmes régnent aussi au premier étage, et la nef est surmontée d’une coupole. De la petite église de Ste-Sophie , nous passons à la grande Ste-Sophie commencée par Justinien , pour remplacer l’église incendiée peu de temps auparavant ; son plan est facile à reconnaître pour n’étre qu’une amplification de la petite Ste-Sophie, sauf l’allongement de son octogone; les tribunes régnent aussi clans l’intérieur; son dôme, plus beau et plus riche que tous les précédents, est percé d’une infinité de fenêtres; enfin, elle nous offre le résumé de l’idée ébauchée par les premiers artistes bysantins. 11 est à présumer que l’effet qu’elle produisit sur tout l’empire grec dut être immense, par la réaction qui s’opéra alors sur l’art en général. Dés ce moment les artistes grecs, tout en adoptant ces nouvelles combinaisons, ne méprisèrent pas celles qui les avaient précédées, et surent se conformer au luxe et aux besoins des villes qui consacraient ces basiliques ; alors le système de décoration extérieure dut aussi nécessairement changer. Plus tard, on fit subir à l’extérieur la forme produite intérieurement; cette combinaison, s’appliquant d’abord sur la nef et les transsepts finit par devenir générale, au point qu’on ne voyait plus extérieurement au sommet de l’édifice aucune ligne droite. Les églises du Dieu-Tout-Puissant , et du monastère de la ville à Constantinople, cjui ont encore conservé les toitures de cette époque , nous offrent des exemples très remarquables de ces combinaisons de voûtes; et ce système qui s’est multiplié à l’infini , subsiste encore dans la plupart des îles de l’Archipel^ Dans cette seconde période, les dômes se multiplient et finissent par régner même au-dessus du porche. Les façades latérales doivent aussi nécessairement suivre îe même système que les façades principales. Dans les façades postérieures, les absides deviennent tout-à-fait polygonales et percées de fenêtres à deux et trois ouvertures. Dans l’intérieur, la mosaïque l’emporte sur rornementation en marbre , qu’on laisse encore subsister
INTRODUCTION
seulement aux soubassements. Les nefs se simplifient, les piliers carrés remplacent les colonnes qui deviennent de plus en plus rares , les pendentifs se modifient et se varient. Les voûtes, se divisant par zones horizontales, se décorent de peintures j dans les coupoles une tête colossale du Christ occupe le centre, et autour se groupent une série d’anges. Les dômes qui surmontent les églises de la dernière partie de cette seconde période diffèrent de ceux qui les précèdent, en ce que la partie circulaire des fenêtres qui régnent à l’entour pénètre dans la partie sphérique. Cette seconde période, comme on le voit, a d’abord beaucoup embelli l’art bysantin et l’a ensuite beaucoup modifié.