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A plupart des anciens autels des églises bysantines ont disparu; quelques socles de pierre ou de marbre, de formes carrée, octogone ou circulaire, se trouvent encore ça et là, mais sans être élevés sur des gradins comme l’autel latin. En avant de l’autel, et pour séparer la nef du sanctuaire, s’élève une clôture sacrée dans laquelle sont placées trois portes, qui s’ouvrent et se ferment à plusieurs reprises, afin de voiler ou découvrir l’autel; ces portes sont souvent remplacées par des rideaux, qui, par le luxe des broderies et des couleurs, s’harmonisent parfaitement avec la richesse d’ornementation et de peintures, décorant cette clôture sacrée. Les Grecs modernes, fidèles à leurs traditions, ont conservé cette ancienne disposition dans leurs nouvelles églises, et on peut se convaincre de leur scrupuleuse imitation par les fragments épars qu’on trouve encore dans plusieurs églises bysantines, et surtout dans l’église de St-Marc à Yenise, qui possède une de ces belles clôtures.
EXPLICATION DES PLANCHES
ÉGLISES BYSANTINES
ATTJQUE. — ATHENES.
Ès les premiers temps du christianisme, Athènes, déchue de son ancienne splendeur , sut encore trouver quelque célébrité comme ville chrétienne. Vers l’an 44 on y lut pour la première fois, dans les jardins de l’Académie, l’Evangile de saint Matthieu, écrit et composé en grec, et dix ans plus tard celui de saint Marc j mais ce fut seulement dans le milieu du II® siècle qu’on vit l’esprit divin se manifester dans la ville où l’on doutait de tout. ’ A cette époque les fidèles, attentifs à conserver l’histoire de leur Eglise naissante , instituèrent les logothètes ou notaires publics, afin de recueillir les actes des martyrs , et d’écarter tout ce qui pouvait altérer le dogme. Athènes fut une des premières à décerner des honneurs publics à Constantin, et à recevoir ses lois. En 337, Constance, successeur de Constantin, fait présent de plusieurs îles à cette même ville, dont Julienne s éloigna qu’en versant des larmes; 31inerve, qu’il invoquait chaque jour, régnait encore au Parthénon , et cependant la foi avait établi le dogme, car les Grégoire, les Cyrille, les Basile, les Chrysostôme puisèrent leur sainte éloquence dans la patrie de Démosthènes.
En 408, à la requête de saint Augustin, Honorius afïecta les revenus des temples païens à la subsistance des troupes; mais ce ne fut qu’une déception, car les historiens du temps nous apprennent que les prélats d’Athènes, devenus jiossesseurs à cette époque des dotations affectées au service des dieux et déesses, ne se rendaient aux temples de Minerve, de Thésée, et de Jupiter Olympien, convertis en églises, que montés sur des chevaux blancs, et entourés d’un clergé magnifiquement vêtu; les archontes entraient à l’église à cheval, et les dames athéniennes, eseortées d’eunuques, s’y faisaient porter en
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litière , pour applaudir, elles aussi, ceux des jeunes clercs qui avaient le mieux chanté et dansé. Les choses se passaient encore ainsi au temps ou Justinien donnait des lois aux 935 villes. Cette époque, on le voit, dut être le beau moment de l’art bysantin, car Athènes comptait alors plus de trois cents églises ou chapelles^ et cette multiplicité ne paraîtra pas extraordinaire, quand on saura que, d’après le rite grec, on ne peut célébrer qu’une messe par jour dans chaque église.
Les actes des conciles et le fameux schisme de l’Eglise d’Orient dans le IX® siècle nous apprennent que la religion chrétienne continua d’y fleurir encore quelques années^ enfin la patrie des Muses semblait s’effacer peu à peu du livre des nations, lorsque de nouveaux dévastateurs abordèrent à ses plages : Vénitiens, Normands, Siciliens ne se montrèrent que pour dévaster. Alors Athènes, qui échut en partage aux Français, fut élevée en duché par Boniface de Montferrand, et le sieur Othon de la Roche en fut nommé le premier duc : c’est ainsi que les blasons de nos familles historiques furent arborés aux portes de son acropole. Des Français, qui la perdirent en 1 282, cette même ville, après avoir passé sous la domination des Espagnols, échut à la famille Acciaïoli, dont le huitième prince de cette maison en fut dépossédé par Mahomet II en 1 445. Pendant la domination des Latins, les arts de l’Occident réagirent un moment sur ces contrées ; mais une fois passée sous la domination musulmane, Athènes ne produisit plus rien, son feu sacré s’éteignit, trop heureuse quand ses habitants purent, à force d’humiliations et de hassessevs, réparer ses églises en ruine! Plusieurs fois alors, et en vain, elle essaya de secouer le joug humiliant des Turcs, mais elle ne put s’en délivrer entièrement qu’en l’année 1831. Enfin cette ville, qui , la croix d’une main et le glaive de l’autre, a pu après tant de siècles reconquérir sa liberté, a été déclarée en 1834 capitale du nouveau royaume Hellénique, et tout nous porte à croire (ju’au sein de son indépendance elle saura retrouver son ancienne gloire et porter encore avec éclat le nom si célèbre d’Athènes.
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