‹ Choix d'entretiens et de lettresChapitre 14 sur 32 · CONSEILS POUR LA CONFESSION · texte numérisé non relu

CONSEILS POUR LA CONFESSION

Ne cherchez point un homme célèbre par son esprit ou par ses talents, ou d'une grande réputation, ou un personnage qui honore votre choix, ou qui convienne à votre goût. Prenez un homme d'une probité connue, d'une grande piété, qui ait de la science et de l'éloignement pour tout ce qui s'appelle nouveauté et parti en fait de rehgion ; penchez plutôt du côté de la sévérité que de celui du relâchement ; il faut toujours prendre le plus sûr quand il est question du salut.

Après avoir fait ainsi votre choix dans la seule vue de Dieu et de votre salut, donnez-lui toute votre confiance, honorez Dieu en la personne de celui que vous aurez choisi; soyez soumise, obéissez-lui aveuglément tant que vous verrez qu il ne vous demande que ce qui est conforme à la loi de Dieu et aux devoirs de votre état, et ne le changez point si vous pouvez, car il est toujours plus utile d'être conduite par la même personne; mais dans ses absences, surtout si elles sont longues, ne perdez point des communions pour l'attendre et confessez-vous tout bonnement à quelque autre bon prêtre à moins que vous n'ayez des raisons importantes pour agir autrement. Ayez un grand respect pour les prêtres : ce sont les ministres de Jésus-Christ et les dispensateurs de ses grâces; que ce respect soit pour tous ceux qui sont honorés d'un si admirable caractère. On peut choisir pour sa conduite celui que l'on estime le

plus, mais il n'y a point de prêtre, tel qu'il soit, qui ne doive être respecté.

Si celui qui confère le sacrement doit être respecté, que ne doit-on pas au sacrement même qui nous réconcilie avec Dieu, qui nous, justifie et par lequel nos péchés sont lavés dans le sang de Jésus- Christ ? Ayez donc une grande sincérité dans vos confessions, une simplicité, une bonne foi qui aille à se vouloir faire connaître le plus qu'il est possible, je ne dis pas seulement par rapport à vos péchés, mais à vos inclinations et à votre état, afin que votre confesseur puisse juger de vos obligations. Est-ce vouloir être conduite et aidée que de se contenter de dire ses péchés et d^en recevoir Tabsolution ? Voudrait-on pour sa santé faire une consultation aussi légèrement ? Quand vous avez recours à un médecin, quel soin prenez-vous de l'instruire de votre tempérament, de vos rechutes et de vos faiblesses ! Gomment un confes-

seur peut-il donner des conseils , des remèdes, des préservatifs, s'il ignore l'état où l'on est, les occasions dans lesquelles on se trouve et les inclinations naturelles?...

Le scrupule vient d'une délicatesse de conscience très-louable, mais il faut qu'il s'apaise par la confiance et la docilité pour son confesseur. Soyez sincère avec Dieu, et avec cela tout ira bien; si vous ne l'êtes pas, ce défaut ne peut être raccommodé par aucune confession ni entretiens, ni pratiques, ni prières. Dieu est la vérité même ; il faut le servir en

vérité ; il aime ceux qui ont le cœur droit

Examinez-vous sérieusement un bon quart d'heure ; allez à confesse dans l'intention de tout dire et de suivre les conseils qu'on vous donnera; regardez le confesseur comme représentant Jésus- Christ et ayant reçu de Lui le pouvoir de vous absoudre ; ne mêlez rien d'inutile dans une action si sérieuse et si

importante. Quand vous êtes sorties du confessionnal, ne faites plus d'examen, ce serait chercher à vous embarrasser, ne vous occupez plus que de votre contrition ; ne vous alarmez pas si vous ne la sentez pas; elle est véritable si vous voulez vous corriger et prendre tous les moyens qu'on vous a donnés. Faites votre pénitence; remplissez-vous de la joie de votre communion et ne pensez plus qu'à vous y préparer. Conservez-vous soigneusement dans l'intervalle de votre confession et de votre communion, mais conservez-vous aussi après l'avoir faite, ei cela sans contrainte, sans affectation et avec le sentiment delà liberté d'un enfant avec son père, qui ne craint rien tant que de le fâcher, mais qui n'a point le cœur ni resserré, ni attristé par cette crainte parce qu'elle ne vient point de l'appréhension des châtiments, mais de la tendresse que l'on a pour Lui. Que ce soit là le fond de votre cœur et de votre piété; vivez dans l'in-

nocetice et la joie de votre état. Je ne vous dirai point de ne pas faire d'oraison, mais de n'en pas parler. Employez le temps que l'on vous a donné à dire à Dieu que vous L'aimez ou que vous vous voulez L'aimer, à considérer les obligations que vous Lui avez, à parcourir vos défauts, à Lui en demander pardon, à faire des résolutions de vous corriger. Cette oraison est utile et simple , il n'y faut pas de méthode ; n'en discourez point, ayez quelques secrets avec Dieu

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