‹ Choix d'ouvrages mystiquesChapitre 165 sur 684 · CHAPITRE XXXlll · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXlll

Du pUiiir de Toale, et ruiililé du chant de

Les charmes de l'oreille m'attachaient et me captivaient beaucoupdavanta|;e : mais vous m'en avez dé(^(!;é , mon Dieu , et m'avez délivré de celte sujétion. J'avoue néanmoins que je trouve encore du plaisir dans les chants aninié.s de votre parole, quand ils sont mélés avec l'harmonie d'une vois douce et savante en la musique; mais je ne m'y arrête pas de telle sorte, que je ne m'en retire quand il meplait. Ilsseniblrnlloiileibis avoir quehpie droit de me demander que je les reçoive avec 1rs sentences de rEcriliirr , qui sont comme leur vie et leur imc, et que je leur donne une vie honorable dans mon cœur, en <pioi j'ai peine à frarder la modération.

Car il me semble que quelquefois je leur déféré davant.s;p^ que je ne devrais, sentant mon esprit plus ardemment louché de dévotion par ces saintes paroles lorsipi'cllrs sont ainsi chantées, que si elles ne i'élaimi pas; et j'éprouve que, par je ne .sais quelle secréte sympathie, toutes les diverses pa.ssions de notre esprit ont du rapport avec les divers ions de la vois et du chant qui 1rs excitent et 1rs réveillent. Mais le plaisir de l'oreille qui ne devrait |>as affaiblir la vigueur de notre esprit, me lrom|)e souvent lorsque le sens de l'ouïe n'accompagne pas la raison de telle sorte qu'il se ainlenle de la suivre, et qu'au lieu de .se souvenir que ce n'a été

avec si peu d'inHeiion de voix , que celai qui les récitait semblait plutôt parler que idunter.

Mais d'autre part , quan<l je me souviens des lannes que les chants de votre Église me ftreitt répandre au commencement de ma conversioo, et qu'encore maintenant je me sens touché non pas par le chant , mais par les choses qui sont cliantées, lorsqu'elles le sont avec une voix nette et distinete, et du ton qui leur est propre, je rentre dans l'opinion que celte coutume est très utile. Ainsi je balance entre le péril qu'il y a de rrcherclier le plaisir , et l'expérience que j'ai fait de l'avantage que l'on reçoit de ceS choses, et me sens plus porté, sans néanmoins prononcer sur cela un arrêt irrévocable, à approuver que la coutume de chanter se conserve (tans l'Église, afin que par le plai.sir qui touche rorcillc, l'esprit encore faible s'élève dans les sentimcns de la piété. Toutchns, lorsqu'il arrive que le chant me touche davantage que ce que l'on chante, je conlcs.se avoir commis un péché qui mérite châtiment , et j'aimerais beaucoup mieux n'avoir point entendu chanter.

\'oilà les dis|M)silions dans lesquelles je me tniuvesur ce sujet. Pleurez avec moi, et pleurez imur moi, vous qui étudiez il régler si bien le dedans de votre Ame qu'on en voit l'cITct dans vos actions. Car , quant A ceni qui n'ont pas ce .soin, ces choses ne tes loudicnl point. Et vous, mon Seigneur cl mon Dieu , aux yeux duquel j'ai ex|)osé mes langueurs, cl tout ce que j'ai moiméme bien de la peine A découvrir, exaucezmoi , regardez-moi , ayez pitié de moi , et guérissez-moi.

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