CHAPITRE V
CooiliicD M ffflrjce l'üivocaUao da PUv par le rsi.
Je vous invoque, ô mon Dieu, parce que vous êtes toujours prêt d'exaucer quiconque implore véritablement votre secours. Mais faites, éternelle vérité, que je vous invoque selon votre Esprit : je ne le puis que par vous. Toute sa- . gesse qui iic vient point de vous n'esi que folie. La science la plus parfaite ne consiste qu'à voua connaître, 6 divine .sagesse! Daignez donc m'instruire vouvméme de votre sainte loi ; on ne peutêtre véritablement heureux qu'on nelaconnais.se: et comment la connaître que par vous.’ Je ne désire donc plus que de vous invoquer, et selon l'esprit de votre vérité. Mais qu'rsi-cr qu'invoquer 1a vérité, selon l'esprit de la vérité, sinon invoquer le Père étemel selon l'E-sprit de votre Fils unique? \'olre parole , 6 Père saint, n'est pas moins que la vérité même; et la vérité même est le principe de votre parole. Le principe de voire parole n'est jias moins que votre Verbe adorable, qui est avant toutes rbosos, de toute éternité. Je vous adore donc, ô souverain principe, dans ce même principe souverain. Étemelle vérité, je vous invoque dans votre Verbe, qui comme vous est la vérité étemelle. Puissiez-vous me conduire par lui selon votre Esprit qui , comme vous et comme votre Verbe, n'est autre que l’étenielle vérité! Que peut-il y avoir de plus doux pour le Père étemel que les prières qu'on lui adresse au nom de son Fils unique? Pourrait-il ne se pas lakser fléchir par les mérites de ce Fils adorable? Qu’y a-t-il de plus capable d'adoucir la colère d'un roi, que l'interression même de son Fils unique et bien-aimé? Quelle plus sûre voie pour procurer A des condamnésà la mort nun-srulcmmt leurgrAcect leur liberté, mais encore les feveurs les plus singulières? De quel poids, en effet , pour apaiser la colère d’uii prince aussi bien que d'un maître, ne doit point être l'intercession de son Fils unique et bien-aimé? Puissiez-vous donc, 0 Père tout-puissant, par la charité si parfaite de votre Fils unique et tout-puissant comme vousméme, tirer mon .ime de sa prison mortelle; afin qu'elle bénisse votre saint nom A jamais!
MÉDITATIONS DE SAINT AUGUSTIN
IMlirrci-moi des lient de met iaiqoiKs ptr voire Fût DDiqae , qui aMUine vous est de loole éternité. Par tes mérites si précieux , par l'inlereettion si puissante de ceFiü bien-aimé, préservezmoidela mort étemelle , que j'ai Uot de fois méritée, et me redonnez b vie. A qui pourraisje m’adresser pour vous demander mis^corde , qu't notre seul Rédempteur, qui , assis à votre droite, vous prie sans cesse pour nous? CesI là notre plus puissant intercesseur auprès de vous , Père éternel, Dieu tout-puissant. C’est b le souverain pontife , qui , loin d'avoir comme les autres des fautes t expier par un sanf; étranger, a ré|»ndu son propre sang pour expier toutes les fjates des autres. Cest U cette victime sainte, infiniment agréable , infiniment parfoile, dont l'odeur a tant de douceur, qu'aussitot qu'elle vous est offerte elle ne manque jamais de monter jusqu'à vous. Cest U l'Agneau sans tache, qui , même sans se plaindre, a souffert que l'on le dépouillât de sa toison si pure; qui , sans ouvrir la bouche, s'est vu couvrir d'opprobres, jusques à souffoir qu'on le frappât au visqge, et que l'on osât même cracher à sa face. C'est b celui qui seul est sans péché, K qui s'est bien voulu charger des miens pour megtiérir par ses souffrances de toutes mes langueurs.