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CHAPITRE VI

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Père étemel, dont b bonté est infinie, jetez les yeux sur votre Fils bien-aimé, qui a souffert ponr mon salut de si craeb outrages ; considérei, roi tout-puissant, dont b démence n'a point de bornes , quel est celui qui veut bien souffoir,et pour qui même il souffre. N'est-ce pas , Seigneur , votre Fils unique que vous avez livré, quelque innocent qu'il fût, pour racheter un misérable escbvc? N'est-ee pas l'auteur de b vie, qui, comme une brebis, s'est laissé conduire à b mort , et qui vous a obéi jusqu'à une mort aussi cruelle que celle de la croix? Souvenezvous que c'est ce même Fils que vous avez engendré de loole éternité de votre propre substance, et que vous avez bira voulu toutefois, pour notre salut , revêtir d'une chair fragile et mortelle. Quoique véritaUement Dieu comme vous , il s'est revêtu de notre nature , pour souffHr une telle mort.Gantidérez. 6 mon Seigneur

et mon Dieu , celui par qui seul vous voulez bien nous faire miséricorde. Considérez votre Fils bien-aimé étendu sur la croix. En faveur de scs mains innocentes d'oA découle un sang si précieux, pardonnez à mes mains criminelles tous les crimes qu'elles ont commis. Jetez les yeux sur son c6té , qui même après sa mort fut ouvert d'une bnce cruelle, et me redonnez b rie par les eaux salutaires qu'on en vit découler. Faites-moi suivre les vestiges de ses pieds adorables, qui bien loin de s'arrêter dans la voie des pécheurs, ne se sont jamais écartés de votre sainte loi. Daignez conduire mes pas dans vos voies toutes saintes ; que je n'ai t|ne de l'horreur pour toute voie de mensonge et triniqoilé , et que tout me porte à ne suivre d'autre voie que celle de b justice et de b vérité. Puissiez-vous, d roi tout-puissant , A Saint des saints, m’accorder par mon Rédempteur, le Saint des saints luimême, la grâce de courir dans b voie de vos divins préceptes, en sorte que je puisse m'unir, et de ccFur et d'esprit, à celui qui n'a point eu d’horreur de se revêtir de notre chair mortelle! Considérez, 6 Père de miséricorde, b tête de votre Fils bien-aimé toute couronnée d'épmes, toute penchée sur son sein adorable , toute prêle d'expirer. Considérez, Créatrnrsi puissant, si plein de douceur, b sainte humanité de votre V Fils unique, et l'unique objet de vos oompbisanccs. Laissez-vous toncher de compassion pour une si bible créature , pour qui méma il veut bien mourir. Considérez votre cher Fils expirant sur la croix , son sein tout décuuvert , son côté percé d’une bnce, ses entrailles tout épuisées, ses yeux entièrement éteints, ses lèvres touies pâles et toutes desséchées, ses bras et ses pieds étendus d'une manière si cruelle , et tout couverts de son sang adorable. Que ce triste spectacle de ce Fib unique si tendrement aimé , dont tous les membres sont traités avec tant d'inhumanité, puisse, A Père tout-puissant, dont b gloire est immense , vous porter à vous souvenir des misères de notre nature. Que b Snie des souflFances d’un Dieu fut homme, vous porte à soulager toutes les hOttetses des bonimes. Que les peines du Rédempflk vous partent à pardonner à tous ceux qu’il a nchetés. C'est cet unique objet de votre amour que vous avez livré à b mort de b croix , puur les péchés de votrt peuple. C'est U cette victime si pure, si inno-

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MÉDITATIONS DE SAINT AUGUSTIN

ceote, et qui n'a pas laissé d'ètre traitée oonune coupable.

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