‹ Choix d'ouvrages mystiquesChapitre 273 sur 684 · CHAPITRE VH · texte numérisé non relu

CHAPITRE VH

Adninblc tlwpo*ilk)0 de Dieo d»m ta piirioo dt

Comment donc, mon divin Sauveur, vous at^on pu juger digne d'un traitement si rigoureui , d'une mort tout à la ibis et si honteuse et si cruelle ! Quelle pouvait être la cause d'une telle condamnation? Cest mon péché. Seigneur, qui vous a Ait souffrir ainsi ; ce sont mes propres fautes qui vous ont fait mourir. Je suis le seul instrument de vos peines , de vos supplices les plus crue's. Quel prodige inonî ! quel mystère inef^Ue ! I.r juste souffre la mort , que le pécheur a méritée; le coupable est absous, l'innoernt condamné. I.e Saint des saints souffre la mort pour les crimes del'impie. Ce qu'un scélérat méritait , c'est la source de la bonté même qui veut bien rmdurrr ; c est un maître qui veut bien espier la hiute de son sen-iteur ; en un mot , c'est un Dieu qui efface tous les péchés de ritomme. Jusques où, mon adorable Sauveur, Fils unique de Dieu, jusques où votre humilité vous fàit-elle descendre?. A quoi vous porte votre bonté pour les hommes? Quel eicés de miséricorde , de compassion et de pitié ! Je suis tout chargé de crimes , et vous voulez , A Saint des saints, souffrir la mort pour lescspier. Quoique je ne suit qu'un néant, j'ai bien usé m'élev er par uu orgueil uutré ; et vous vous êtes abaissé jusqu'i vous anéantir, quoique vous soyez le souverain être. Vous avez obéi josqu'A la mort de la croix pour expier mes désobéissances. Je n'ai jamais suivi que ma sensualité, que mon intempérance; et vous vous êtes mortifié par de con ■ tinods jeûnes. L’envie de gofller du fhiit d'un arbre défendu m'avait bit mériter d'étre perdu poor jamais , et vous avez eu pitié de moi jusqu'à mourir sur l'arbre de la croix pour me sauver d'une telle perte. Je ne respire que le plaisir , pendant que l'on vous perce de clous. Je vous vois tout abreuvé de bel ; et je cherche encore les busses douceurs dont Ëvc m'a imprimé le goOt par son péché. Je vous vois daus les souffrances; et au lieu que Marie les partage avec vous en mêlant tes larmes à votre sang , je cherdip encore les joies criminelles qui me font marcher sur les traces de celte mère infortunée de tous

les prévaricateurs. Faut-il donc, A roi de glaire et de justice, que pendant que votre piété éclate par l'obéissance qui vous a soumis aux douleurs et à la mort , mon impiété écUte par ma désobéissance ? Que puis-je vous rendre , A mon Dieu , pour les biens inflnit dont vous m'avez comblé ! Est-il rien dans le oirur de l'homme qui mérite de vous être offert pour de si grands biens ? Quel rapport entre Dieu et l'bomme , sinon que l'homme n'est que misère, et Dieu miséricorde ? Toutes les créatures ensemble peuvent-elles jamais assez reconnaître ce qu'elles doivent à leur Créateur? Cependant , A mon Rédempteur adorable, Fils unique de Dieu, vous avez disposé de telle sorte toute l'économie de mon salut, qu'rncorr que je ne sois qu'une créature fragile et nHirtelle , je ne laisse pas de pouvoir en quelque manière reconnaître toutes les grâces que vous me faites, dés que vous répandez dans mon cenir une assez vive douleur de mes butes , pour me faire crucifier ma chair avec tous scs désirs dérègles. C'est aussi par-là qu'autant qu'il est en moi je prends part aux peinesque vous avez bien voulu, pour mes péchés, souffrir jusqu'à b mort. C'est par cette victoire intérieure que vous me bites remporter sur mes passions, que vous me disposez à comballrc pour vous jusqu'à mourir s'il le fallait. C'est uniquement par cette grâce , que notre nature si bible peut répondre en quelque manière aux bontés i inbnies du Dieu qui l'a créée. Celle grâce, A Jésus , est nun-seulement un remède tout divin, mais encore un- heureux préservatif que votre amour mus donne contre tous les maux de notre àine. Je vous conjure ilunc, par vos anciennes iniséricardes, de vouloir bien répandre dans ses plaies fonction de rette grtke, et que je puisse en goûter les inefbbles douceurs , en sorte que je rejette aussilAt le poison des cliarroes trompeurs de ce monde. Que je n'aie plus que du mépris pour tous ses biens et tous ses maux ; et que le seul souvenir de cette grandeur si solide , dont l’homme jouissait autrefois dans l'état d’innocence, ne m'bwpire que de fhorreur potl^ toute vanité, pour tout ce qui ne bit que passer, pour tout ce qui ne peut qu’enfltr notre orur, et qui I ne peut le remplir : c'est par-là que mon âme - peut recouvrer sa parbite santé. Faites, A mon I Dieu , que je ne trouve de charmes et de dou- I rrurs qu'en vous ; que sans voua, rien ne puisa#

MEDITATIO^S DE

■De plaire, ni me paraître beau, ni précieui, ni toucliant. Que tout me paraisse au contraire et vil et imiprisabir. Que l'objet de voire haine aoit l'objet de la mienne. Que rien ne me plaise que ce qui voua plaît. Que loin de irouver de ta joie en tout ce qui n'est point vous, je n'y trouve <|ue de l'ennui. Que je Fa.sse nulnic mun plaisir de souHrir pour raïuour de vous. Que la seule gloire de votre nom nie soutienne et m'anime. Que votre souvenir soit ma seule consolation. Que je ne me nourrisse que de pain Irrnqié de mes larmes. Que toute ma joie soit de medilrr sans cesse votre loi si sainte et si juste. Que je fasse lont mon trésor de votre divine parole. Que je b préfère inHniinenl A tous les trésors d'ici-bos. Que je ne trouve rien de doux que de vous obéir, et rien de digne d'horreur que de vouloir vous résister. Je vous roqjure dimc , ô mon Dieu , mon unique espérance , d'effacer mes iniquités par votre grice toutc-puissanir ; d'ouvrir l'oreille denniu emurà vos divins préceptes. Mais surlout ne souffrez pas que je sois as.sc'z mallteureui pour excuser aucune de mes infidélités. Je vous demande humblement , par les mérites de votre inefbble humilité , de vouloir bien me présence de tout élèvement d'orgueil, et de me rendre inébranlable à tous les efforts des pécheurs.

Page 1