‹ Choix d'ouvrages mystiquesChapitre 292 sur 684 · CHAPITRE XXVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVII

Qkankr la lowangr» de Uni avec ks bbnlieurrui.

O mon Imc, Wnissrz It Seigneur! que tout ce qu'il y ( de plus intime en vous bénisse son saint nom! Bénissez le Seigneur, A mon time, et ne perdez jamais de vue ses bienBiits infinis! Que tous les ouvrages du Seigneur le bénissent ; encore une fois , A mon âme , bénissez en tout lieu le Seigneur dont la toule-puissanre gouverne et remplit l'univers, lyouons ce souverain Seigneur que tims les anges louent sans cesse.

t^'les Dominations adurent celui dont la majesté fait trembler toutes les puissances du cid , à qui les Qiérubins et les .Séraphins crient sans cesse : • .Saint , saint, saint I , Joignons nos foibics voix à relies de tous 1rs saints anges, et louons notre commun Seigneur aulaut que le permet notre faiblesse. Pour eux, ils le louent parfaitement , et ils contemplent sans cesse ses divines lieautés, non nHnme dans un miruir uu en énigme, mais focr â face et uns voile.

Qui pourrait jamais exprimer , ou même concevoir quel est l'état de cette multitude innombrablr d'esprits bienheureux et de vertus célestes en présence du Seigneur tuut-puisuut : qud doit être le bonheur de contempler uns cesse 1rs beautés de Dieu même; quelles sont leurs délices de n'ètrc sujettes â rien qui puisse les troubler; quelle est la nature de leur autour, qui , tout ardent qu'il est , bien loin de les agiter, ne Ait qu'augmenter l'hrureux calme qui les comble de joie ; comment les plaisirs ineffables de contempler Dieu sans cesse, bien loin de pouvoir diminuer, croissent â mesure qu'ils le cuutemplent ; comment leur seul attaefaement au souverain bonheur 1rs rend rux-mémes souveninement heureux ; cumment leur seule union avec la lumière véritable 1rs fait devenir ruxmémes véritablement lumière ; comment la seule contemplation de l'adorable Trinité, dont l'cssencc est imrauaMe, 1rs met eux-mémes au-dessus de toute mutabilité?

Mais comment comprendrions-nous quelle est la nature des anges, si fort au-dessus de la notre, nous qui ne saurions même comprendre quelle est la nature de notre âme? l’ourrioasnous dire précisément ce que c'est que cette âme, qui, capable d'aimer une chair Bagile et inoiielle, n'est pas capable le plus souvent de suivre ce qu'elle pense? Quelle peut être sa nature d'étre tout â la fois capable de si grandes choses et sujette â tant de faiblesacs ; de pouvoir si pirfàitement pénétrer les vérités les plus abstraites, supporter la vue des plus sublimes, inventer de si beaux arts , découvrir tous les jours une infinité de commodités , être en un mut si éclairée sur tout le reste des créatures, et d'en être encore â savoir comment elle est faite cllcmémePTout ce que l'on en a pu dire se réduit à faire entendre que c'est une substance spirituelle , dont la nature est de penser ; qu'elle n'a

MÉÜITATIO^S DE

pu tut crUt que par h souveraine puissance du Créateur de toutes cliuses; qu'elle est le principe de vie qui anime et soutient le cut|is mortel à quoi elle est unie; mais que, d'ailleurs, elle est sujette au rhangement , A l'oubli , à la crainte , à la joie. O merveille incompréhensible! Tout ce que nous pouvons dire de la nature de Dieu, le Créateur de toutes choses, quelque ineflUle et quelque inconcevable qu'il soit , ne nous laisse aucun doute sur ses |pandeurs , quoique infinies : voyons-nous aussi clair dans tout ce que nous pouvons dire sur la nature des aniyes, ou de nos propres âmes?

Mais que mon esprit s'élève au-dessus de tout être créé; qu'il tâche, autant qu'il est en lui, d'atteindre des yeui de la foi au Créateur de toutes choses. Que de toutes ces créatures , jusqu'à mon âme , je me fasse autant de dc)p^ pour m'élever vers Dieu , dont l'essence est si fort au-dessus de celle de toute intellit;euce. Gardons-nous bien de penser que rien de ce que l'on peut imaginer ou voir puisse lui être semblable. Que l'esprit pur et simple s’élève jusqu'à l’auteur et des an(;rs et des âmes, et de tout l'univers; lui seul y peut atteindre. Qn’lieureuse est l'âme qui , par&itcmcut détachée de toutes les choses temporelles, ne croit dignes de son amour que celles qui sont éternelles, â qui rien ne parait ni difficile ni pénible , fiour se mettre en état de contempler d'une vue d'aigle le soleil de justice! Peut-il y avoir en cette vie un aussi noble et aussi parfait plaisir, que de contempler des yeux de la foi les beautés de Dieu même, qui seul peut remplir parfaitement tous les désirs de notre cœur, et de parvenir â le voir d'une manière si merveilleu.se, tout invisible qu'il est? Les plaisirs d'ki-bas ont-ils rien de comparable â de telles délices? De combien la Inmière divine est-elle au-dessus de cette lumière qui nous éclaire, que l'espace renferme, qu'on voit finir avec le temps, que la nuit interrompt, et qui nous est commune avec les bêtes brutes et les plus petits vermisseaux? Une telle lumière auprès de celle autre lumière primitive et suprême csl-elleaulre efaoae qn'unc véritable nuit ?

SAINT AUGUSTIN. 2H7

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