CHAPITRE XXX
Soilc des perfectiOQi de Iiieu
Vous êtes un seul Dieu en trois personnes, dont l’essence inAnieest inAniment au-dessus de tout nombre, de tout poids et de toute mesure. Comme nous reconnaissons que vous êtes le souverain bien, le seul principe de toutes choses, qui seul conservez tout ce qui est fait par vous seul , nous sommes bien éloignés de croire que vous ayez aucun principe. Votre substance n’est rien qui ait rapport aux sens; et, bien loin de tenir de quelque autre que de vous - même sa Atrroe toute divine, c'est d'elle que toute autre substance tient sa furme la plus iMrfailr. Vous imprimez d'une manière inconcevable, comme un caractère dirin sur chaque ouvrage de vos mains : quelques-unes de vos créatures portent même votre ressemblance; mais dès qu’elles sont vos créatures , elles sont inAniment différentes de vous, A sainte Trinité, qui n’étes qu’un seul Dieu, dont la toute-puissance possède, gouverne , remplit tout ce que vous avez créé. Et lorsque nous disons que vous remplissez toutes choses, ce n’est pas qu’elles vousrontienneut , c'est au contraire que vous les contenez ; et ce n’est point par partie que vous contenez toutes choses, en sorte que les plus grandes parties de vous-même continssent les plus grandes parties de toutes ces créatures, et que les plus petites continssent les plus petites , puisque vous n'êtes rien d’étendu, ni rien par conséquent qui ait des parties, et que vous êtes tout entier en toutes choses , ou plutAt que toutes choses sont tout entières en vous. Vous renfermez donc toutes clioses par votre puissance inAnie , et rien de ce que vous renfnmez ne peut vous écliapper : quiconque est assez malheorcux pour irriter votre colère, toqjours juste, ne peut se soustraire à vos justes vengeances. L est écrit ; < la justice de Dieu s’étend de l’orient à l'occident , et jusque sur les montagnes les plus désertes. • Il est encore écrit : • OA pourrai-je Aiir de devant vos yeuv?n Votre grandeur est de telle nature que vous êtes en tout sans que rien puisse vmis rcnA'rmer, et tout à la fois hors de tout sans cesser néanmoins de le remplir parfaitement. Vous n'ètcs ru toutes choses que pour les remplir toutes; et vous n’êtes hors . de toutes choses que pour les renfermer toutes.
iMKDITATIO.NS DK
Par être hors de loules choses , non-seulement vous faites voir que vous ne di'|iender de rien et que tout dépend de vous, mais que vous avez tout cr#é; et par ftre en toutes choses, vous bites voir que vous voulez bien prendre soin vous-mtoie de toutes vus créatures. Mais, soit que l'un vous considtre comme en toutou comme hors de tout, la raison ne peniiel pas de croire que vos créatures puissent jamais être saas vous : et ce n'est point par une immensité d'espace ou d’étendue que vous renfermez toutes clioses, c'est par vutre souveraine puissance que vous êtes présent 1 tout et que tout vous est présent, loit que nous le comprenions ou que nous ne puissions le comprendre. Vous êtes un Dieu en trois personnes , et par conséquent inséparables ; toutes les trois ne sont qu'un Dieu. Ce n'est pas qu’un ne puisse Dammer chacune de ces personnes sé^rémenl; mais, dsainle Trinité, qui n'èles qu'un seul Dieu , vous êtes teUement inséparable dans vus persunnes divines, que le nom de chacune en particulier se rapporte aui deux autres; le nom du Pérc se rapporte au Fils, cetui do Fils au Père. Le celui du Saint-Esprit tu Père et au Fils; et nom qui désigne ou votre substance, ou votre essence, ou votre puissance, en un mot tout ce qui s'appelle proprement Dieu, convient également à chacune des trois personnes , comme lorsque l'on dit ; i que Dieu est grand , qu’il est tout-puissant , qu'il est étemel, et tout ce qu'il a bien voulu nous faire connaître de scs divines perfections. d(I n'est donc point de nom qui désigne votre nature, 6 Dieu père tuut-puLssant, dont on puisse dire qu'il vous convienne tellemeni qu'il ne puisse également cuuvenir 1 voire Fils ou à votre Esprit- Saint. ^ons disons, d Père étemel : < que'de votre nature vous êtes Dieu; mnais votre Fils desa nature est Dieu comme rous-méme; votre F-sprit- Saint de sa nature est encore Dieu comme vonsmème ; cependant vous n'èles point trois Dieux ; vous n'étes qu’un seul Dieu en trois personnes, le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Vous êtes donc inséparable dans vus personnes divines, d sainte Trinité, puisque vous n'èles qu'un seul Dieu. Quoique vous ayez difliérens noms pour chacune de vos trois personnes adorables, vous D’avez qu’un aeni nam pour désigner votre ii>torc; et l'on voit clairement, par le rapport si natnrrl de vos trais personnes divines, qne
SAI.N T ALCUSTI.V
comme vous n’étes véritablement qu'un seul Dieu , elles sont par conséquent insi'p,irables. On ne .saurait parler du Père sans donner entendre qu'il a un fils; on nesaurail parler du Fils sans faire enleudre qu'il a un père; un ne saurait enfin parler du .Saint-E.spril sana donner lieu de penser qu'il fiiul nécessairement qu'il soit I esprit de quelque substance, et c'est celle du Père et du Fils. Voilà ia véritable foi qui part de la saine et sainte doctrine, la fui catholique et urlliodoxe que voua m'avez enseignée , d mon Dièu,|)ar votre sainte grâce, dans le sein de l'Église, la mère commune des fidèles.
CIIAPITBE XXXL
Il tuTU|iw U Miolc
Cest donc par cette même foi que vous m'a vez donnée avec tant de bonté pour mon salut , que je vous invoque, d mon Dieu. Cest celte foi qui lait vivre toute Sine assez heureuse pour ■mire en vous , et qui lui fait voir , comme par avance , ce qu'elle doit un jour contempler en effet, et même posséder pour uneélernilé. Je voua invoque, d mon Dieu , de toute l'ardeur de mon coeur, qu'il vous a plu de puriSer par votre saint amour, et par les douceurs inef^bles de cette fui par ud vous avez dissipé mes ténèbres même les plus profondes, par où vous m'avez éclairé de votre vérité même , et par où vous m’avez sevré des fausses douceurs de ce siècle, qui laissent après elles tant d'amertumes, pour me combler ensuite des seules véritables et parfaites douceurs, que l’on tie godte qu'autant que l’on vous aime. Et c'est uniquement par la voix du sincère amour de cette foi, dont vous avez daigné, par votre sainte grâce, et m’éclairer et me nourrir dès mon enfonce, et que vous avez foit croître en moi de plus ru plus par toutes les ins- Iractiuns de votre sainte église, notre mère commune, que je vous invoque humblement , d bienheureuse Trinité. C’est par cette foi que je veux éteraellrtnent vous bénir et vous rendre gloire, d seul Dieu véritable , Père , Fils , Esprit-Saint, Dieu tout-puissant. Père étemel, souverain SéigneuT , Fib unique du Père , divin consolateur , Esprit-Saint du Père et du Fils , source infinie de grioes et d'amour. Père éternel , Verbe engendré du Père de toute éternité , Esprit-Saint souverain principe de notre sainte rt'génératkn:
lumière iouyerainc et >enle véritable , véritable apleudeur de cette souveraine lumière , seul et véritable terme de cette lumière souveraine et de sa splendeur étemelle, source étemelle de tout bien, fleuve de cette source étemelle, continuel épanchement de cette source dans son fleuve et de ce fleuve dans sa source. Vous êtes, 6 Père étemel , le seul principe de tout être créé : c'est par vous, 0 Verbe incréé, que votre Père étemel a créé toutes choses ; et en vous , ft Esprit-Saint et du Père et du Fils que le Père étemel conserve toutes choses. Vous êtes la vie par essence, 0 Père tout-puissant : vous êtes, 0 Verbe incréé , la vie seule engendrée de toute éternité de la vie par essence , et vous êtes , ô .Saint-Esprit , le prinripe et le centre de tout ce qu'il y a de vivant. Le Père est par lui-mème , le Fils est engendré du Père, et le Saint-Fjprit procède et du Père et du Fils ■. c'est par luiinème que le Père est cdiii qui est, c'est par le Père que le Fils est celui qui est, et c’est par l’un et l’autre que le Saint-F.sprit est celui qui est. Le Père est la vérité même , le Fils est la vérité même , le Saint-Esprit est la vérité même. Le Père étemel, le Verbe incréé, et le Saint-Esprit l'unique consolateur, n'ont donc tout trois qu'une seule et même essence, qu'une seule et même puissance , qu'une seule et même bonté : ils ne sont tous trois qu'un seul et même Dieu dont la félidté, seule véritable et souveraine, est l'uniqne source d’uû procède, par qui procède, et en qui te trouve le parbit Ixtnheur de tout ce qui est parfeitemeiit heureui.