‹ Choix d'ouvrages mystiquesChapitre 316 sur 684 · CHAPITRE ni · texte numérisé non relu

CHAPITRE ni

Qu'il est iadlalK ân luSlala de real'*« de ne veqner à aulee ctiote qu'à cntfttdf« ou à Uriturr le* dtfWrfm de crai qui pUidtfil.

Ditea-moi , je vons prie, quel est cet emploi de plaider, ou d'entendre plaider du matin jusqu'au soir. Encore, si l'on se contentait d'y employer les journées seulement ; mais les nuits mêmes n'en sont pas exceptées. A peine laisset-on à la nécessité de la nature ce <|ui pourrait suffire pour le repos du corps, qu'il faut aussitôt te lever et se remettre à l'audition des procèa. Un jour fournit de nouveaux différens à l’autre, et la nuit découvre de nouvelles chicanes à la suivante, jusque-là qu’on ne saurait trouver un moment pour respira' en ton particulia, ni pour reposa de fois à autre, ni pour se donna tant soit peu de relâche. Je ne doute point ' que vous ne déploriez aussi bien que moi toutes ces misères; mais ce sera tottjaors en vain, si vous ne vous étudiez pat à y apporta le remède. Cependant , je vous ooiyore de tout mon cœur de vous conserva taqjoors dans ces premiers sentiment, et de prendre garde de ne vous y endurcir jamais par aucune habitude. «Je les ai frappés, dit Dieu par aun prophète.

« et ils ne l'ont pat senti. > Prenez garde de ne pas ret.«embla à cet endurcit ; mais plutôt entrez dans les sentimens de ce juste qui t'éaie dans la défiance de soi-même : « Quelle est ma force pour supporta un si pesant fardeau? ou quel est mon but et ma fin pour avoir tant de

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TRAITÉ DE LA CONSIDÉRATION

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patience?» Pour moi, je n'ai ni la force dea pierres, ni ma chair n'a la dureté du bronze.

Cest assurément une grande vertu que la patience; mais pourtant je ne vous la souhaite point en ces rencontres , et je dirais volontiers ici que l’impatience serait quelquefois plus à désirer. Pourriez-vous approuver la patience des gens à qui saint Paul disait ; ■ Vous êtes sages, et néanmoins vous souffrez volontiers ceux qui ne le sont pas ? » C'était sans doute une hronie pIntM qu'une louange, et une raillerie qu1l taisait de la trop grande docilité de cci^ taines personnes, qui, donnant les mains à de foui autres par lesquels ils étaient abusés, se laissaient aller i suivre aveuglément leurs nouvelles et pernicieuses doctrines.

Cest pourquoi il ajoute : « Vous souffrez (mal à propos) qu’ils vous réduisent dans la servitude. Ce n'est pas une patience bien louable de vous laisser mettre dans les fors, lorsqu'il est ru votre pouvoir de demeurer libre ; et vous ne devez point du tout dissimuler la servitude à laquelle on vous as.sujettit tous les jours .sans que vous y pensiez. C'est la marque d'un ccrur tout hébété de ne pas ressentir les peines qu’il endure contimienemmt. Le prophète Isaïe dit que «la souffrance donne de l'mtendenient à roule;» ce qui est véritable, pourvu qn'elle ne soit pomt excessive; car si elle va dans l'excès, bien loin de doimer de l'mtendement , elle engendre le mépris. Et il est dit dans les Proverbes que « lorsque l'impie est tombé dans raMme des péchés, il ne se soucie plus de rien. » Partant , éveillez-Tous enffn de ce profond sommeil , et ne vous méffez pas seulement , mais ayeznne horreur extrême du joug de cette malheureuse servitude qui vous pend sur la tète , ou plutôt qni vous accable déjl entièrement. Quoi! pensez-vous être moins esclave pour êti-e esclave de tout le monde, et non d'une seule personne? 8 n'y a point de servitude plus honteuse ni plus insupportable que celle des Juifs, qui la traînent partout après eux , et qui micontrent leurs seigneurs et leurs maîtres , en quelque lien qn'ik aillent. Dites-moi, je vous prie, oô êtes-vous jamais libre? uù êtes-vous en sôreté? où vous possédez-vous vous-même? Oe n’est partout qu'un bruit et un tumulte épouvantable, et le joug de votre servitude voua accable de tous côtés.

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