CHAPITRE IV
Queite MNle de emiluile «el bèmaitcde ou peu eoriabte au eeniiinir dm eenriteurt de Dku.
n ne font pas , s'il vous plaît , que vous m’opposiez ce que i'Apôtre disait aux Corinthiens, «lorsque j’étais parfoitement libre, je me sois rendu Pesdave de tout le monde ; > car U y a une grande difforrncc entre son état et le vôtre. Croyez-vxws que saint Paul s'assujettit de la sorte à tous les hommes , dans l’espérance d'un gain honteux? Pensez-vous qu'il souffrait que toutes les parties de la terre, les ambitieux, les avares, les simoniaques, les sacrilèges, 1rs conenbinaires , les incestueux et autres semblables monstres , se rendissent près de sa personne pour obtenir 1rs dignités eedésiast iqnes , ou pour s'y maintenir par son autorité apostolique? Non , non; cet homme, qui regardait Jésus-Christ comme sa vie , et la mort comme son plus grand avantage, s'était rendu l’esclave de tous les hommes , afin d’en gagner plusieurs à Jésus- Christ, mais non pas pour augmenter les profits de son avarice. Il n’est donc pas juste que vous vous serviez de l'adresse admirable de saint Paul, et de sa charité également libre et libérale, pour établir plus légitimement l'exercice servile et honteux qui se pratique dans votre cour ; mais sans doute ce serait une chose plus digne de votre apostolat , plus salutaire à votre consdence, et plus utile i l'Eglise de Dieu , si vous écouliez ce même apôtre qui dit ailleurs : «Vous avez été acheté bien chèrement , ne vous rendez pas esclaves des hommes. » En effet , qu'cst-il de plus servile et de plus indigne , surtout ô un .souverain pontife , que de passer nonseulement tous les jours , mais toutes les heures du jour dans une application continuelle en des choses et pour des choses si peu sociables il votre condition ; car après cela , quel temps peut-il rester pour vaquer h la prière, à l'instruction des peuples, à l'édification de l'Église, à la méditation de la loi du Seigneor? D est vrai qu'on n'entend tous les jours autre rhase dans le palais que citer des lois ; mais ce sont celles de Justinien et non pas de Jé.su$-Christ. Voyez vous-mème si cela est bien juste ; car certainement «la loi du Seigneur est immaculée et convertit Irsimes;» mais cesaulres lois ne sont que des sources de procès et de chicanes, qui res-
PAR SAINT BERNARD. - LIVRE I
verMDt le jngmient des hommes. Or, je voos prie , quelle peut 6tre votre intention , voos qui Mes le pasteur et l’évéque des âmes , de souHHr qu’on ne parie jamais en votre présence de la loi de Dieu , et qu'on alltfpie â tout moment les lois profanes des empereurs? Je me trompe si cette méchante pratique ne vous donne beaucoup de scrupules, et je pense qu'elle vous oblige souvent de crier au Seigneur avec le prophète-roi : s Ia>s impies m’ont entretenu de leurs affaires ; mais elles août bien éloignées de votre loi. » Alleidonc,et vantei-vousroaintenant d’etre libre sous le faix de ces grands embarras , dont vous ne pouvez pas même voua dégager. Car si vous le pouvez et ne le voulez pas, vous êtes encore plus esclave de votre propre volonté, qui est si fort pervertie. Et de vrai , celui qui est maîtrisé par le vice, n’est-U pas devenu son esclave? Il n'est rien de plus cnnsunt, si ce n’est peut-Mre que vous estimiez qu'ii vous serait plus honteux d’étre dominé par un homme que (>ar ie péché. Qu’importe que voos soyez dans ia servitude volontairement , ou malgré vous , puisque la servitude volontaire est toujours plus misérable, encore que celle qui est forcée soit plus digne de compassion. Mais, me direz-vous, que voulez-vous que je fasse ? Je désire que vous vous dispensiez quelquefois de ces occupations. Vous me répoudrez peut-être que c’est une chose impossible, et qu’il est beaucoup plus aisé de renoncer au souverain pontifical. Certes , vous auriez raison si je vous obligeais de les quitter absolument ; mais je vous cooseille seulement de les intenumpre quelquefois.