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CHAPITRE V

Ou'M K faut point nOîliS'r ta pnpia aftiim poor tiqiirr a celles d'aiilnii.

Écoutez, s’il vous plaît, ce que je Uâme en vous, et ce que je vous conseille. Si dans la condition où vous êtes , vous donnez tout à l’actioii et rien â la considération, je vous loue , mais non pas en cela ; et je crois qu'ii n'y a personne qui ne soit de mon sentiment, après qu’il aura apprit de Salomon i que celui qui te retranefae du trop d’action , parviendra â la sagesse , » vu même qu'il est nécessaire â l’actioa d’étre prévenue par la considération. Que si, d’un autre cùlé, vous voulez vous donner tout entier â tout

le monde, â l'exemple de celui qui s'est M tout ' â tous, je loue votre humanité, pourvu qn'elie soit entière; mais comment sera-t-elle entière, si vous en êtes excepté? Vous êtes liomme aussi bien que ies autres ; afin que votre humanité soit entière et parhiile , il faut que vous soyez compris dans le même sein qui reçoit tous bs autres; autrement, «que vous servirait-il , suivant la parole de notre Seigneur dans l'Évangile, de gagner tous les autres, si vous vous perdez vous seul?» Or tous les autres voim possédant , il est bien juste que vous soyez anssi l’un de ceux qui vous possèdent. Pourquoi seriezvous seul frustré du Âin que vous faites de vousmême â tout le monde? Jusqnes â quand* serezvous un esprit qui va, et qui ne revient point?» Pourquoi ne voos recevrez vous pas vous-même â votre tour parmi les autres? Vous voulez bien donner ce que vous devez aux sages et aux fous, et vous vous refusez à vous seul! Lesageetlefbn, l'esclave et le libre, le riche et le pauvre, l'homme et la femme, le vieux et le jeune, le clerc et le laïque, le juste et l'impie, voos possèdent tous également, tous boivent delà fontaine publique de votre sein , et voos seul demeurerez à l'écart tout languissant de soif! Si celui-lâ est maudit . qui SC donne la plus mauvaise part, que deviendra celui qni s'en prive entièrement ? A la bonne heure, que vos eaux s'écoulent dans les places (lobliqurs , que les hommes et les bétes en boivent, et donnez-en mémeâ boire aux chameaux du fils d’ Abraham ; mais buvez donc vouaméme avec les tutres, de U source de votre puits. Il est dit dans les Proverbes <qne l’étranger ne boive point de cette ean. » Croyez-vous Mre étranger en cette rencontre? Mais à qgi ne seriez-vous pas élrauger si vogs l’étiez â vous-méme? « Celui qui est mauvais â soi-même ne peut être bon â persoane. » Cest pourquoi souvenez-vous , je ne dis pas toujours, je ne dis pas souvent , mais du moins qoelqueibis, de votis restituer â vouamême ; jouissez de vous-même avec les autres , uu bien après les autres. Quoi de (dus oondescendant ? Aussi je donne ee conseil dans un espvk d'accommodement plutôt qne dans la rigueur de la justice. En cfiel, je pense être en ce point (dus indulgent que l'Apôtre '.vous me dira! que je le suis donc plus qu'il ne £iut. Je ne dirai pas le contraire; mais peut-être m'est-U nécessaire d’en user de la sorte. Car je m'assure

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TRAITE DE LA CONSIDERATION

que veau ne terez pu satisfait de mes avis , qui vous paraltitnt trop scrupuleui , et que vous preodrez un sentiment plus rigoureux. Mais il voua siéra beaucoup mieux de suivre des maximes plus sévères, qu'à moi d'aller jusqu'à une présomption repréhensible ; et je crois qu'il y a plus de sûreté pour moi de paraître auprès de votre uioteté plus timide que téméraire. Peutêtre même qu'il n'a pu été à propos d'en user autrement , en donnant des avis à un sage , afin d'accomplir ce qui est écrit : • Faites naître occasioo au uge, et il deviendra plus avisé. •

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