‹ Choix d'ouvrages mystiquesChapitre 319 sur 684 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Qm la pultuan <lc jasrr aa nsvlm po» li bien ani ertqan qu'aux pHorrt kYnporrto.

Je vous prie d'entendre le sentiment de l'Apûtre sur ce sujet : a Est - il pouible, a dit-il, a qu'il ne se trouve pu entre vous une personne capable de juger les différends qui naissent entre les frètesPa El pou après il conclut ; a Je le dis pour votre confusioo , si cela est ainsi ; prenez donc pour vos juges les derniers de toute l'Eglise, a Ainsi, suivant le sentimeut de ttint Paul, c'est une chose tout-à-fàit indigne de vous , qui êtes le successeur des apûtres , d'exercer un ministère si vil et si abject, et de vous mettre en la place des personoes les plus méprisables. Et c'est aussi ce qui faisait dire à ce grand évêque, m donnant ses instructions à un autre évêque : • Qu'une personne engagée dans le service de Dieu ne doit point s'emharrssaer dans les affaires séculières. »

Pour moi, je vous le pardonne aussi, et je ne prétends pas avancer les maximes les plus sévères; je parle seulement des choses qui se peuvent aisément pratiquer; car, dans le temps où nous sommes, je ne doute point que ceux qui vous demandent justice sur les différends de leurs intérêts temporels, ne fussent très mal satisfaits si vous n'aviez point d'autre répouae à leur donner que celle de notre Seigneur : a O hommes I qui m'a établi votre juge? a Bon Dieu! quel jugement ne ferait-on point de vous? Ne dirait-on pas aussitôt que cet homme grossier et ignorant ne connaît pat la primauté de son siège , qu'il déshonore la souveraineté du premier tribunal do monde , et qu'il déroge honteusement à la dignité apostolique? Et cependant je ne pense pas qiw ceux qui tiennent ce langage poissent

jamais montrer que pas un des apôtres se soit établi juge des autres, ou qu'il ait entrepris de régler leurs limites ni de fiiire le partage de leurs terres. Je lis bien que les apôtres ont comparu devant les tribunaux pour y être jugés; mais je ne lis point qu'ils aient pris séance afin de juger les autres. Il est vrai que cela doit arriver un jour; mais cela n'est pas encore arrivé. Quoi ! un serviteur qui ne veut pas être plus grand que son maître, ou un disciple qui ne prétend point l'emporter sur celui qui l'a envoyé , ou un fils qui veut demeurer dans les limites étaIJirs par ses pères, senml réputés les destructeurs de leur dignité! Le .Seigneur et le Maître s'excuse en disant :• Qui m'a établi votre juge ? » Et le serviteur et le disciple croira qu'on lui bit tort s'il ne juge pas universellement tout le monde ! Pour moi , il me semble que relui-ll a un juste sentiment des choses, qui lient pour indigne des apôtres ou de leurs successeurs , de s'employer au jugement de ces bagatelles, eux qui sont établis pour juger déflnitivement des chosi-s de la dernière importance. Et de vrai , ceux qui jugeront les anges dans le ciel devraientils s'amuser aux différends des hommes paOT des bien.» de la terre? Cesl sur leurs péchés, et non sur leurs héritages, que s’étend votre pouvoir; et vous avez reçu les clefs du royaume des cieux afin d'en exclure les pécheurs , et non pas ceux qui possèdent des biens ici-bas : « afin que vous sachiez, » dit notre Seigneur, v que le Fils de rhonmie a pouvoir de remettre les péchés sur la terre, etc. » Quelle est plus grande, à votre avis, la dignité et la puissance, ou de remettre les péchés, ou de borner les héritages? Certes il n'y a nulle comparaismi de l'une à l'autre. Les princes et les rois de la terre sout établis juges de ces choses basses et terrestres, pourquoi voulez-vous passer dans l'Iiéritage des autres? Pourquoi mettez-vous votre faux dans la moisson d'autrui ? Je sais bien que vous n'en êtes pas incapable; mais il est indigne de votre grandeur de vous arrêter en des choses de si petite conséquence , puisque vous devez vous employer en d'antres beaucoup plus importantes. Enfin, lorsque la vérité le requiert, écoutez le sentiment de l'Apôtre plutôt que le mien : • Si c'est vous, dit - il , qui devez juger tout le monde, il n’est pas séant de vous occuper au jugement des moindres choses. •

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PAR SAI^T BERNARD. - LIVRE I

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