‹ Choix d'ouvrages mystiquesChapitre 320 sur 684 · CHAPITRE VII. I · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII. I

ftae U pdodpale oonipaUoo d'un (nape doit être doru l'élude de la vertu, et dans la méditation de r«Hvoiié.

n y a bien de la difKrence entre s'appliquer •ai affaires s^ulières par rencontre seulement , dans une nécessité pressante, ou s'y donner entièrement comme si c'était des choses de conséquence qui méritassent les soins d'une personne de votre qualité. Véritablement, si je voulais m'attacher à des maximes plus sévères, plus droites et plus sincères, il me nudrait encore ajouter bien d'autres chases à celles que je viens de dire. Mais parce que nous sommes dans un siècle tout-â-ftiit corrompu, je me contenterai de vous avertir ici de ne vous donner jamais tout entier ni toujours è l’aclioa, mais de réserver tu moins une partie de votre comr et de votre temps pour vaqncrl la réflexion. Je dit ceci plutôt en vue de la nécessité que de la justice , quoique dans la vérité ce ne soit pas une injustice de céder à la nécessité. En effet, s'il était permis de s'appliquer è tout ce qui est de la bienséance, la raison même convaincrait que celte vertu , qui est utile généralement à toutes choses , je veux dire la piété , devrait absolument être préférée en tout et partout , et devenir ou le seul ou le principal emploi de toute notre vie. Mais vous me demanderez ce que c'est que la piété. Je dis que c'est de vaquer à la considération. Peut-être me direz-vous que je suis d'un autre sentiment que celui qui , donnant la définilion de la piété , a dit < qu'elle est le culte de Dieu.» Je crois pourtant que nous ne voulons dire Ions deux qu’une même chose : et si vous y prenez bien garde , vous trouverez que je n'exprime que le même sentiment par mes paroles, mais en partie seulement. Y a-t-il rien de plus propre au culte de Dieu que ce que lui-même nous exhorte à pratiquer cbez le Psalmisie :

• Vaquez, et considérez que je suis Dieu. » Ce qui fait la principale partie de la considération. El quoi de plus utile pour toutes choses que celle qui , par une certaine présomption de bonté, s'approprie les avantages de l'aclinn même, par le moyen de la prévoyance et du bon ordre qu elle établit dans les choses qui sont à faire? Aussi est-ce une nécessité d’en user de la .sorte ; autrement il arriverait sauvent que les clioses qui iMWvaienl avoir un heureux succès, étant

prévues et préméditées, deviendraient préjudiciables par le trop de précipitation qu'on y aurait apportée. Je m'a.s,snrc que si vous rappelez bien votre mémoire , cette même chose vous sera souvent arrivée et dans l'expédition des causes , et dans les grandes affaires, et daas les délibérations des choses plus importantes.

Or ce que lait premièrement la considération, c'( 3t qu’elle purifie la source même d'où elle lire son origine, je veux dire l'esprit. Ensuite elle gouverne les passions, dirige les actions, corrige les excès , règle les mœurs , et établit le bon ordre et l'honnêteté dans la vie : elle lui donne une parfeite connaissance des choses divines et humaines ; c'est elle qui remet dans l'ordre ce qui était dans la confusion , qui rassemble ce qui était désuni , qui recueille ce qui était dispersé ; elle pénètre les choses plus cachées , recherche avec soin les véritables, examine les vTaùsemblables , et déavuvre celles qui sont feintes et déguisées. C'est elle qui règle premièrement les choses qn'elle doit faire, et qui repense avec attention à celles qu'elle a déjù laites, afin qu'il ne demeure rien dans l'esprit , ou qui ne soit corrigé, ou qui ait besoin de correction. Enfin, c'est elle qui prévoit les afflictions lorsqu'elle est dans la prospérité, et qui ne les sent presque point quand elles sont arrivées, dont l'un estun effet de la force , et l'autre de la prudence.

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