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CHAPITRE VIII

De la dignte do •ouveraio pooüfc et de la graodeur de M paUuoœ.

Recherchons, s'il vous plaît, encore plus soigneusement qui vous êtes et quel personnage vous représentez aujourd'hui ^ns l'Égiise de Dieu. Qui êtes-vous? le grand prêtre et le souverain pontife. Vous êtes le prince des évêques , l'héritier des apôtres; vous avez la primauté d'Abel, le gouvemnnent de Noé, le patriarcat d' Abraham , l'ordre de Melchisédcch, la dignité d'Aaron, l'autorité de Moïse, le tribunal de Samuel , la puissance de Pierre , l'onction de Jésus-

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PAR SAIiNT BERNARn. -.LIVRE II.

Chrùt. Vous tirs celui à qui l'on a donné 1rs clefs, et i qui l'on a confié b (;ardc des brebis. Il y a véritablrnirnt d'autres portiers du ciel , et d'autres pasteurs de troupeaux ; mais vous avez hérité de l'une et Tautre qualité avec d'autant plus de gloire que vous les possériez d'une manière fort différente au-dessus de tous les autres. Ceux-b ont soin des troupeaux qui leur ont été assignés, cfaacun du sien en particulier; mais tous 1rs troupeaux en général ont été commis à votre garde : l'unique composé de tous les autres, commis uniquement i votre seule personne. Et non-seulement vous êtes le pasteur des troupeaux, mais encore l'unique pasteur de tous les autres pasteurs. Si vous me demandez d'où je lire cette preuve, c'est de b parole même de notre Seigneur : ear auquel, je ne dis pas des évêques , mais même des apôtres, a-t-on donné toutes les brebis en garde d'une manière si absolue et si indéfinie? «Pierre, si vous m'aimez, ayez soin de paître mes brebis. > Mais quelles brebis? pensez-vous qu'il parle des peuples d'une ville , d'une nation ou d'un royaume particulier? >on , il dit en général , mes brebis. Par où il est évident à tout le monde, qu'il ne lui en a pas désigné quelques-unes en particulier ; mais que toutes universellement lui ont été données en garde, puisqu'il ne peut y avoir d'exception où il n'y a nulle distinction. Peut-être amssi 1rs autres disciples étaient-ils présens lorsque donnant rette commission à un seul , il prétendait par b recommander à tous l'onité en uii seul troupeau et en un seul pasteur, conformément k ce passage ; «Ma colombe, ma belle, ma parfiiile est unique. » Où il y a unité, b est b perfection : les autres nombres, au lieu de se perfectionner, se divisent à mesure qu'ils s'éloignent de l'unité ; d'où vient aussi que les autres qui savaient le mystère, prirent chacun b charge d'un iieuple particulier. .Saint Jacques même, qui semblait être b colonne de l'Église , se contenta de b seule Jérusalem , bissant à saint Pierre toutes les autres. Et c'était bien k propos que saint Jacques fût établi au même lieu où Jésus-Christ avait été mis k mort , afin de soutenir b famille de son frère défunt ; car il était appelé le frère du Sauveur ; or le frère de notre .Seiipieur le cédant ù saint Pierre, qui des autres serait assez téméraire pour lui disputer sa prérogative? Il est donc vrai, suivant 1rs canons

ecclésiastiques, que les autres ont été appelés pour entrer en b participation des soins; mab vous avez été établi dans la plénitude de b puissance. Leur pouvoir est restreint dans cerbines limites, mais le vôtre s'étend sur ceux-là même qui ont rc<;u l'autorité sur les autres. En effet, n'est-il pas en votre pouvoir, si le sujet s'en présente, de fermer le ciel à un évêque, de le déposer de son évêché, et même de le livrer a Satan? Votre privilège demeure donc inébranlable, soit dans b puissance des clefs qui vous ont été données, soit dans b garde des ouailles qui vous ont été commises. Mais voici encore uii autre exemple qui ne confirme pas moins votre prérogative. Les disciples étaient en mer, et In Seigneur leur apparut sur le rivage, mais dans un corps ressuscité , ce qui leur fut un grand sujet de joie. Saint Pierre connaissant que c'était son maître, se jeta aussitôt en mer et vint à lui de cette sorte, pendant que les autres y arrivèrent dans leurs barques. Qu'est-ee que ceb? sinon un témoignage de l'unique pontificat de saint Pierre, par lequel il a reçu le gouvernement, non d'une seule barque, comme les autres de b leur particulière, mais universellrmcnl de tout le monde. Car la mer représente le monde universel , et les barques cliaqiie église particulière. C'est pourquoi saint Pierre nurchant une autre fuis sur les eaux, à l'exemple de son maître, il fil connaître par-là qu'il était le seul vicaire de Jésus-Christ, qui devait commander, non-seulement à une nation particulÜTe, mais généralement à tous les peuples de b terre. Ainsi que dans l'Apocalypse, « plusieurs eaux signifient plusieurs peuples;! de même aus,si pendant que chacun a sa barque particulière, l'un vous a donné b conduite de ce vaisseau d'une grandeur démesurée, qui est l'Église universelle composée de toutes les autres et réinndue par toute b terre.

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