‹ Choix d'ouvrages mystiquesChapitre 333 sur 684 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

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Si donc TOD8 considérez combien vous êtes l^and , ne manquez pas de considérer aussi , e< principalement, quel vous êtes. Sans doutecetle considération vous retiendra en vous-même, et ne vous permettra pas de vous âoigner de vousmême, ni de vous éles'er dans des pensées de grandeur et d'excellence au-dessus de vous. Demeurez constamment en vous-même, ne vous abaissez point au-dessous, ne vous élevez point au-dessus , ne vous avancez pas plus loin , ni ne vous étendez point plus au large : tenez-vous toujours dans le milieu, si vous ne vouiez pei^ dre la juste mesure. Le milieu est toujours le lieu le plus assuré; ce milieu est le siège de la médiocrité , et b médiocrité est la vertu même. Le sage tient pour exil toute demeure qui est hors de b médiocrité. C'est pourquoi il ne veut point demeurer, ni au loin qui est au-delà de b médiocrité , ni au brge qui est an dehors , ni en haut, ni en bas, dont l'un est au-dessus, et l'autre au-dessous. Enfin, il arrive ordinairement que b longueur passe les bornes, que b brgeur trouve de b division, que b hauteur est proche de sa ruine , et b profondeur de l'ablme. Je m'explique plus ebirement , de peur que vous ne pensiez pas que je veuille ici parler de b longueur, largeur, tuteur et profondeur que l'apAtre saint Paul noos exhorte à comprendre avec tous les sainb, et que je réserve pour un antre discours et à un antre temps. Mais pour le présent, j'entends par b longueur, celle qu'un homme se promet dans une plus longue durée de sa vie; parla brgeur, l'étendue que l'esprit se donne en mille soins inutiles et superflus; par b hauteur, b grande présomption qu'il a de soi-même ; et par b profondeur, le trop grand abattement dans lequel il se bisse quelquefois aller. N'est-il donc pas véritable que celui qui se promet une longue vie, se jette dans on chemin égaré , en passant les bornes de la vie par des soins trop étendus? Et de U vient que les hommes .se trouvant comme en exil dans le siècle présent , par l'oubli d'eux-mêmes, se transportent par des soins superflus en d'autres siècles qui leur seront inutiles, ou même qui ne seront jamais. De même, lorsque l'esprit

s'étend en beaucoup de choses, 0 font nécessairement qu'il toit déchiré par une infinité de soins, parce que cette étendue excessive le jette dans un entier épuisement, et ce trop grand épuisement lui cause de b doulenr par b division. Pour ce qui est de b hauteur de sa présomption, c'est un précipice dans lequel il trouve sa ruine , ainsi que vous l'avez pu lire dans les Proverbes; • Le cœur s'élève devant ta ruine, i Et tout au contraire, l'abattement d'une àme trop craintive, b jette dans un abîme de désespoir. Or, l'homme courageux ne s'y bissera pas aller, le prudent ne s'assurera nullement sur l'incertitude d'une longue vie. Le tempéré réglera scs soins , se modérera dans les choses superlfues, et ne se privera point des nécessaires. Et le juste ne prendra point de soi des sentimens plus liants qu'il ne doit ; mais il dira avec Job : «Si je suis juste, je n'en lèverai pas b tête davantage, s

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