CHAPITRE IV
Qttil m faut pat léi&érairrmral OMifontlre et troubler let railla te ordra et te diguiiéa de rÉffliae. D'od il preod wjet de parler oonlrc Tabus te priTllésea et te eiemptkm.
Il faut vous parler maintenant d'un autre sujet (ai toutefois il est différent du précédent) auquel rni pourrait dire qu'il appartienlen quelque façon. Vous en jugerez vous-même par la considération que vous en ferez. Il me semble que celui qui met ce défaut au nombre des diverses espèces d'avarice , ne s'éloigne pas fort
de la vérité; et je crois qu’il en constitue une espèce particulière, ou du moins qu'il en a l’apparence. Certainement il y va de votre perfection , non-seulement d'éviter le mal , mais aussi ce qui en a l'apparence, puisque votre conscience est intéressée en l'un , et votre réputation en l'autre. Croyez assurément que ce qui a la couleur du vice ne vous est nullement permis, quoique d'ailleurs il ne fût pas contre votre conscience; et si vous en doutez , interrogez vos pères, et ils vous diront ; «Abstenez-vous de tout ce qui a l'apparence du mal. » Il est bien raisonnable que le ministre de notre Seigneur unité son maître, qui a dit : «Que celui qui me sert , me suive. ■ Et duquel il est écrit : < Le Seigneur a régné, il s’est revêtu de beauté et de force. 1 Ayez donc la fermeté en la foi , et de la beauté dans la gloire, afin de foire connaître que vous êtes l'imitateur de Dieu. Votre force doit être le témoignage de votre bonne conscience ; et votre beauté, l'éclat d’une bonne réputation. Ainsi , revêtez-vous, je vous prie, de cette force, puisqu’elle doit foire toute la joie du Seigneur, qui ne se plaît pas moins aussi dans votre beauté que dans sa propre ressemblance. Revêtez-vous des habits de votre gloire, prenez ces doubles vétemens dont cette femme forte de l’Écriture a coutume d'habiller ses domestiques. Qu’il ne se trouve dans votre conscience mille foibleùe , ni chanceliement dans la foi. Que votre réputation ne soit nullement flétrie d’aucune tache ou apparence de mal : et ainsi vous serez revêtu de ces deux sortes d'habits, et votre époux prendra ses plaisirs avec votre àme qui est son épouse , et votre Dieu trouvera sa joie avec vous. Vous êtes surpris , sans doute , d’un tel discours , n'ayant point jusqu'à présent compris ce que je veux dire, àlais pour ne vous pas tenir plus longtemps en suspens , j’entends parler du murmure et de la plainte des Églises. Elles crient qu’on les tronque et qu’on les démembre. Il n’y en a point, ou presque point, qui ne se plaigne, ou qui ne craigne celte plaie. Vous me demandez quelle est cette plaie ? On soustrait les abbés à la dépendance des évêques , les évêques à celle des arclievêques , et les archevêques à celle des primats ou des patriarches. Y a-t-il de la bonté dans cette apparence de mal ? A peine la chose même pourrait-elle trouver une excuse légitime. Il est vrai qu’en agissant de la
PAR SAINT BERNARD. — LIVRE IIL
sorte, vous hiles connaître que vous avez la plénitude de la puissance , mais non fus peut-être celle de la justice. Vous le pratiquez ainsi, parce que vous en avez le pouvoir; mais la question est de savoir si vous en devez user. Vous êtes établi pour conserver à chacun son degré et son rang d'honneur , mais non pour le leur envier , comme quelqu'un des vôtres a prononcé, s L'honneur à qui l'Iionneur appartient. »
• L'homme spirituel qui juge si bien de toutes choses , qu'il n'est jugé lui-méme de personne , > doit faire trois .sortes de réflexions dans tout ce qu'il entreprend. Premièrement , si la chose est licite; secondement, si elle est de la bienséance; en troisième lieu, si elle est utile. Car, quoiqu'il soit constant dans la philosophie chrétienne, que rien n'est bienséant qui ne soit licite, ni rien d'utile qui ne soit bienséant et licite; ce n'est pas une conséquence nécessaire que tout ce qui est licite, soit aussi bienséant et utile. Or, accommodant , s'il est possible, ces trois choses an sujet duquel nous traitons, u'est-il pas vrai qu'il vous sied tout-à-hit mal de n'avoir point d'autre loi cpie votre volonté, et d'exercer tout votre pouvoir sans nullement écouter la raison, parce qu'il n'y a point déjugé ici-bas devant lequel on vous puis.se appeler? Êtes -vous plus grand que votre maître, qui a dit ; iJe ne suis point venu pour hire ma volonté?» Certainement, ce n'est pas moins la marque d'un esprit bas, que d’un orgueil par trop exalté , d'agir par caprice plutôt que par raison, et de ne se laisser point conduire par les lumières du jugement, mais par les mouvemens de son appétit. Est-il rien de plus brutal? Que s'il est indigne d'un homme raisonnable de vivre en béte, qui pourra souffrir que vous qui êtes le conducteur de tous les hommes, vous fassiez un si grand affront i la nature humaine, et une iejure si notable à votre réputation? En dégénérant de la sorte, ce qu'à Dieu ne plaise, vous rendrez particulier à votre personne l'opprobre général de tous les hommes, et l'on dirait spécialement de vous : «L'homme étant élevé dans l'honneur, a manquéd'entendement; ilaétécomparéet est devenu semblable aux animaux privés de la raison.» Mais quoi de plus indigne de vous que de posséder tout, et ii'étre pas content de tout? à moins que vous ne travailliez , je ne sais com-
ment , à vous approprier encore en particulier jusques aux plus petites parties de ce grand tout qui vous a été donné , comme si déjà elles n'étaient pas entièrement à vous, Cest pourquoi je souhaite très fort que vous vous souveniez ici de la parabole du prophète Nathan , oô celai qui possédait des troupeaux très nombreux avait passion d’avoir encore une petite brebis , qui était l'unique qu'un pauvre homme avait en sa possession. Souvenez-vous encore, s'il voua plaît, de l’action, ou plutôt du crime du roi Achab, lequel étant maître de toutes choses, ambitionnait encore une vigne très peu considérable. Je prie Dieu que vous n'entendiez jamais ce qu'on loi dit ; «Tu as tné et tu as possédé. » Mais ne m'opposez point, s’il vous plaît, le grand fruit qui arrive de ces exemptions, puisqu'il n'y en a point d’autre , siuou que les évêques en deviennent plus insolens et les moines plus dissolus , et je pois dire même plus appauvris. Considérez, je vous prie, un peu plus attentivement les biens et les moeurs de tous ces affranchis, et remarquez si vous ne trouverez pas dans ceux-ci une indigence tout-à-friit honteuse, et dans les autres une vie entièreoMnt séculière, qui sont les deux Allés de cette malheureuse mère la liberté. Et en effet, comment ce peuple vagabond et malheureusement libre , ne se jetterait-il pas dans le crime avec plus de licence, n'ayant personne qui le reprenne? Et comment la religion étant désarmée ne seraitelle pas dépouillée et pillée avec plus de liberté, ne se trouvant personne qui la défende F Car à qui auront-ils recours ? Sera-ce aux évêques qui se tiennent offensés du tort qu'on leur a fait ? Certes , ils regarderont avec plaisir et les maux qu'ils commettent et ceux qu'ils endurent. Enfin quelle utilité dans la perte de ces malheureux? Pour moi, j'ai bien peur qu’il n'en revienne point d’autre que celle dont le .Seigneur menace par son prophète. «Il mourra, dit-il, dans son péché , et je te demanderai compte de son sang et de sa perte. » En effet si celui que l'on soustrait de la puissance d'un autre en devient oi^eilleux , et que l'autre à qui on le soustrait s'en formalise et s'en mette en colère, comment celui qui fait ce retranchement sera-t-il innocent? Ce n’est pas encore assez et c’est trop couvrir le feu ; écoulez ce que je vais dire plus dairenaenl. Si celui qui murmure est mort selon
TRAITE DE LA CONSIDÉRATION
rime, comment celui qui en donne le «qjet pourra-t-il ae conserver la vie? Et comment celui qui a donné l'épéc de laquelle tous les deux ont reçu le coup de la mort, ne sera-t-il pas coupable de la mort de tous les deux et tout ensemble de la sienne? Cesl ce que je disais incontinent : «Tu as tué et tu as possédé. « Ajoutez 1 cela que ceux qui en entendent parler en sont scandalisés, en conçoivent de l'indignation, en médisent et en blasphèment, c'est-l-dire en sont blessés mortellement. Ce n'est point un bon arbre que celui qui porte de tels fruits , des insolences, des dissolutions, des rcnversemens, des dissimulations, des scandales et des haines. Et ce qui est plus déplorable , des inimitiés mortelles et de eonlinuclles médisances entre les Églises. Remarquez, Je vous prie, la vérité de cette parole : « Tout m’est permis , mais tout n'est pas expédient.» Et peut-être même que la chose n'est pas licite. Pardonnez-moi , s'il vous plaît, mais j’ai de la peine à croire qu'une chose qui engendre tant de choses illicites, soit licite en elle-même.
Enfin pensez-vous qu’il vous soit permis de couper les membres des Églises, de confimdre l’ordre et de changer les limites qui avaient été mises par vos pères? S’il est du devoir de la justice de conserver le droit à chacun, comment peut-on l'Aler à quelqu’un et demeurer juste? Vous vous trompez si vous croyez que votre autorité apostolique a été établie de Dieu pour être seule aussi bien que souveraine; et si vous êtes dans cette croyance, elle est contraire au sentiment de celui qui a dit : < Il n’y a point de puissance qui ne vienne de Dieu. » Et quoique ce qu’il a «jouté ensuite ; « Quiconque résiste 1 1a puissance , résiste à l’ordre de Dieu, » ne soit pas dit uniquement pour vous, néanmoins il s’entend principalement de vous. Enfin c'est le même qui a prononcé que «toute personne doit être soumise aux puissances supérieures. 11 ne dit pasilapuissancesuprêmeaimmesi elle était unique ; mais «aux puissances supérieures, » comme étant plusieurs eu nombre. Votre puissance n'est donc pas seule établie de Dieu; il y en a de moindres et d'inférieures qui le sont aussi. Et comme on ne doit pas séparer ceux que Dieu a unis ensemble , de même aussi ne doit-on pas mettre en parallèle ceux qui ont été mis dans un ordre subaltcme. Vous feriez un monstre si ,
détachant on doigt de la main, vous l’attachies 1 la tête, en sorte qu'il se trouvit plus haut que la main et à o6té du bras. Il en est de même si , dans le corps mystique de Jêsus-Christ , vous placez les membres autrement qu'il ne les a div posés; si ce n'est peut-être que vous soyez dans l'erreur de croire que ce soit un autre que lui qui a établi dans son Église» les uns pour être apôtres, les autres prophètes, les autres évangélistes, les autres docteurs et pasteurs , afin de travailler à la perfection des saints , 1 l’accomplissement de leur ministère , et à l'édification du corps de Jésus-Christ. » C'est ce corps que le même saint Paul vous figurant par son éloquence vraiment apostolique, et l’unissant d'une façon merveilleuse 1 son chef, vous représente « composé de toutes ses parties , et lequel étant parfaitement lié par toutes les jointures de la sulyrrdinatioo , fournissant i tous les membres , par une opération secrète, ce qui est proportionné à un chacun, feit que le corps prend son aecroissement et qu'il est édifié parla charité. » Mais ne pensez pas qne cet établissement soit 1 mépriser pour être fait en la terre; il a son exemplaire dans le ciel. « Car le fils ne peut rien faire ici-bas que ce qu’il a vu faire à son père, surtout après ce qui lui a été dit sous le nom de Moïse : Prenez garde de bien feire tout , selon le nuxlèle qui vous en a été donné sur la montagne. »
Cet exemplaiio avait été vu par celui qui disait : < J'ai vu la sainte cité de Jérusalem nouvelle qui descendait du ciel et qui était parée, venant de Dieu. » Pour moi , je crois qu'il a parlé de celle sorte par rapport 1 ce qui a été dit , en ce qne , comme dans le ciel les séraphins, les chérubins et tous les autres esprits célestes, jus((u’aux anges et aux archanges, ont tous leur rang particulier sous un même chef qui est Dieu , de même en est-il ici-bas où les patriarches, les primats, les archevêques, les évêques, les prêtres, les abbés et tous les autres fidèles , sont tous ordonnés de cette manière sous un seul souverain pontife. Il ne faut donc pas faire peu d’estime d’un ordre duquel Dieu est l'auteur, et qui lire son origine du ciel. Que si un évêque dit ; «Je ne veux point dépendre de l’archevêque, ou un abbé, je ne veux point obéir A l'évêque, cela ne se pratique point dans le ciel. > Sinon , peut-être , que vous ayez oui quelqu'un desanges quiail dit :« Je ne veux
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point être «uaa let archaof^, » oa quelqœ autre des ordres inlïrieurs qui ne veuille se soumettre qu'à Dieu seul. Quoi donc, mfe dites-vous? vous voulez m'empécber de donner des dispenses? Nullement, mais bien de dispenser mal à propos; je ne suis pas si ignorant que je ne sache que vous êtes établi le dispensateur de tous les trésors de l’Église; «mais ç'a été pour l’édification et non pour la destruction. « Enfin, dit l’ApAtre, < on cherche un dispensateur qui toit fidèle. » Quand la nécessité presse, la dispense est excusable ; quand il y a de l’utilité, elle est louable ; j'entends l'utilité publique et non la particulière; et à moins que cela ne se rencontre , ce n’est pas tant une dispensation fidèle qu'une cruelle dissipation. Au reste, tout le monde sait qu'il y a certains monastères en divers évêchés qui relèvent particulièrement du saint siège par leur fondation, et suivant l’intentioo des fondateurs ; mais il y a bien de la diflérencc entre les libéralités que la dévotion a faites dès son établissement, et les entreprises d'une ambition qui ne peut souffrir de .supéroirité. Mais en voilà assez sur cette matière.
CHAPITltE V.
Qa'H «I du devoir du eotiTcrain pontifb de faire P*** lout le iBODde ks décrcti apostolique» el k» IniüluU de»
n ne reste plus autre chose , sinon que votre considération s'étende généralement sur l’état universel de toute l’Église, pour voir si les peuples sont soumis, comme ils doivent, au clergé, les dercs aux prêtres et les prêtres à Dieu ; si , dans les monastères et dans les maisons religieuses, on garde la discipline, et si les observances régulières y sont dans leur vigueur ; si la censure de l’Église ne manque point de réprimer les mauvaises meeurs et les m&hanles doctrines; si les vignes du Seigneur sont florissantes par l’honnêteté et par la sainteté de la vie des prêtres; si les fleurs produisent des fruits par l’obéissance des fidèles; enfin si vos décrets et vos ordonnances apostoliques sont observés avec toute l’exactitude qui leur est due; en sorte que dans le champ de votre divin maître U ne se trouve rien d’inculte par votre négligence, ni d’enlevé par l’artifice des ennemis. Que cela ne puisse arriver, il ne faut nullement que vous en doutiez; car, sans faire mention d’une infinité
de choses qui ont été négligées en diverses rencontres, il m’est aisé de vous foire voir qu’on en a même renversé quelques-unes de celles que votre main avait plantées. N’avez-vous pasvouv même prononcé de votre bouche dans le concile de Reims les articles suivans? Cependant qui est celui qui les pratique ou qui les a pratiqués? Vous vous trompez si vous croyez qu’on les observe ; et si vous ne le croyez pas , vous êtes coupable d’avoir fait des lois pour n’ètre point gardées , ou de souffrir qu’elles ne le soient pas.
• Nous ordonnons, avez -vous dit, tant aux évêques qu’à tout le reste du clergé, qu’ils aient grand soin de ne point offenser les yeux de ceux qui les regardeut , et auxquels ils doivent servir de modèle et d’exemple.tant par la superfluité que par la diversité des couleurs immodestes, ou par l'ouverture malhonnête de leurs habits , ou par une tonsure indécente; mais plutôt qu’ils condamnent les désordres publics par leurs déportemens religieux, et témoignent ramoiir qu’ils ont pour l’innocence par leurs conversations bien réglées, ainsi que le demande la dignité de l’ordre ecclésiastique. Que si , ayant été avertis par leurs évêques, ils passent quarante jours sans leur obéir , nous voulons que de l’autorité des mêmes évêques , ils soient privés âe leurs bénéfices. Et si les évêques négligent de foire subir cette peine aux délinquans, comme les foutes des inférieurs ne viennent ordinairement que de la négligence et du peu de soin des supérieurs, nous les déclarons suspendus de leurs offices, jusqu’à ce qu’ils aient imposé la peine portée par ce décret aux eedésiastiqurs qui dépendent de leur juridiction. Nous avons aussi jugé à propos d’ajouter à cet article que pas un ne soit établi archidiacre on doyen, s’il n’est déjà diacre ou prêtre. Et si les archidiacres , doyens ou prév ôts, qui sont au-dessous des ordres susdits, ne se mettent pas en peine de les recevoir par désobéissance, qu’ils soient absolument privés de la dignité à laquelle ils ont été élevés. Or nous défendons d’y nommer les jeunes gens ou ceux qui n'ont pas encore reçu les ordres sacrés; mais qu’on ne donne ces dignités qu’à des personnes qui se sont rendues recommandables par leur sagesse et par le mérite de leur bonne conduite. »
Voilà ce que vous avez prononcé vous-même; ce sont vos ordonnances; mais en quoi onttellcs
TRAITE DE LA CONSIDERATION
été observée»? On élève encore tons les jours sui dignités de l’figlise , des jeunes gens et des personnes qui ne sont point engagées dans les ordres sacrés. Et pour ce qui regarde le premier article, il est vrai que le luse des babils a été défèndu; mais il n'a pas été réprimé. On ordonne une peine, mais elle n'a point encore été esécutée. Il y a déji quatre ans que nous avons ouï publier ces ordonnances; mais nous n'avons point encore vu , non saas douleur , qu'un seul ecclésiastique ait été privé de son bénédee, ni un seul évéque suspendu de son ofHce. Mais ce qui s'en est ensuivi doit être pleuré avec des larmes très amères. Et qu'est-ce que cela? C'est l'impunité qui est la fHle de la négligence , la mère de l'insolence, la racine de l'impudence et la nourricière de toute prévarication. Certainement il y va de votre bonheur d'employer tous vos soins à vous défendre de cette malheureuse négligence, qui est la première mère de tous tes maux. J'espère que vous y travaillerex avec succès; mais pour le présent levez vos yeux, s'Q vous plaît, et voyez si cette peau de diverses couleurs n'est pas aussi messéante que par le passé à ceux qui sont dans les ordres sacrés, et si les taillades excessives de leurs liabits ne découvrent pas presque leur nudité avec autant d'immodestie qu'auparavant. Je sais bien qu'ils répondent ordinairement , que Dieu ne se met guère en peine de la fe(on des liabits, mais seulement de la bonté des nueurs, comme si celte forme d'habits n'était pas une marque visible de la difformité des âmes et des mœurs. D'où vient que les ecclésiastiques veulent paraître autre chose qu'ils ne sont? Cest un procédé qui n'est ni chaste ni sincère. Ib sont guerriers par leurs habits, ecclésiastiques par leurs revenus; et cependant ib ne sont ni l'un ni l'autre par leurs actions , puisqu'ib ne vont point à b guerre comme les soldats, et qu'ib ne prêchent point l'Évangile comme des ministres ecclésiastiques. De quel ordre sont-ils donc? En voubnt être de tous les deux, ib abandonnent et confondent Tun et l'autre. Saint Paul dit que «chacun ressuscitera dans son ordre. • Mais dans quel ordre ceux-ci pourront-ils ressusciter? Ceux qui ont péché sans ordre , périront-ils aussi sans ordre? Certes , si l'on croit avec vérité que Dieu, qui est souverainement sage, ne lai.sse rien sans ordre depuis le pkis haut des deux jusque» au plus bas
de la terre, je crains fort que l'ordre de ceux-ci ne se trouvera point ailleurs, < que dans le lieu où il n'y a nul ordre et où réside une horreur étemelle. »
O malheureuse épouse d'avoir été confiée à de tels conducteurs, qui n'ont point de honte de retenir pour eux-mèmes ce qui avait été destiné pour son entretien ! Ce ne sont point là véritablement les amb de l'époux , ce sont ses envieux et ses ennemis. Mais c'est as.sez parler des choses qui sont au-dessous de vous , sinon à l'égard de la matière qui est tout-à-fàit abondante, du moins à l'égard du dessein que je m'étais proposé. Passons maintenant à celles qui sont à l'entour de vous, et ce sera le quatrième livre qui nous en fera l'ouverture.