‹ Choix d'ouvrages mystiquesChapitre 346 sur 684 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

II lüoe par dh-m neinpici le nfi» iIm préamt, rt rrprend fortMDcni ramit{«iice de» oflh’im du pape.

Il est juste il présent de rapporter ici l'action de notre très cher ami Alartin d’heureuse mémoire. Vous l'avea su, mais je ne sais si vous vous en souvenez. Ce jp-and homme, qui était cardinal prêtre, ayant rempli (luelqiie temps la charge de légat dans la Transv ivanie, en revint si pauvre, que manquant d'argent cl de chevaux , il rut grande peine à arriver jusqu'ù Klorence, où l'évéquc du lieu lui donna un cheval qui le porta à Fisc où nous étions pour lors. la; lendemain , comme je crois, l'évêque , qui avait une affaire contre un particulier, lai]uclle devait se juger ce jour-là, le suivit et commença i solliciler le crédit de ses amis, après Irstpiels il fiit contraint de s'adresser à notre légat , auquel il avait plus de confiance , ne croyant pas qu’il pût avoir déjà oublié la grâce qu’il venait tout nouvellement de recevoir de lui. Mais le bon cardinal lui dit pour toute réponse : «Vous m’avez trompé, car jenesavais jias que vous eussiez une afbire près d’être jugée. Prenez votre cheval qui est dans l’écurie;» et en même temps

il le lui rendit. Que dites-vous à cela , mon cher Eugène? n’est-ce pas là une histoire d’un autre siècle, un légat revenir sans or d’un pays tout rempli d’or, passer dans une terre pleine d’argent , sans l’avoir connu , et avoir sur-lechamp rendu un présent qui lui pouvait être suspect ?

Mais que cet endroit m'est agréable , où l’occa.sion se présente de frire mention et de nommer un personnage d’une excellente réputation ; je veux dire , Geoffroi , évêque de Chartres , qui a frit giorieusement la charge de légat apostolique dans l’Aquitaine à ses propres dépens durant l’espace de plusieurs années. Je parie d’une chose dont j’ai été témoin; car j’étais avec lui dans ce pays-là , lorsqu’un certain prêtre lui fit présent d’un poisson qu’on appelle vulgairement un esturgeon. Ije légat s’étant enquis combien il avait coûté: «Je ne le prendrai point, lui dit-il, à moins que vous n’en receviez l’argent ; » et en même temps il lui fit payer ce qu’il avait coûté. que le prêtre fut contraint de recevoir malgré lui et avec confusion. Une autre fois, aminie nous étions dans un certain bourg , la dame du lieu lui envoya par dévotion deux ou trois plats fort beaux qui n'étaient pourtant que de buis, avec une belle serviette. Ce saint homme , qui avait la conscience fort timorée, les regaitli quelque temps et les trouva très beaux , mais on ne put jamais les lui frire accepter. Je vous laisse à penser si celui qui refusa des plats de bois en eût accepté d’argent. Il.ne se trouvera personne qui ait pu faire ce reproche au légal ; • Nous avons enrichi Abraham. » Mais il pouvait dire aux peuples en toute liberté avec i^muel : « Parlez de moi devant le Seigneur et devant son oint , si j’ai ùté le bceuf ou l’âne à quelqu'un , si j’ai calomnié ou opprimé personne, si j’ai reçu le moindre présent de qui que ce suit; car je suis prêt à m’en défrire .sur-le-champ et à le restituer. » Ah ! s'il se tmuvait beaucoup de personnes semblables à ceux dont nous venons de qiarler, que vous seriez heureux , et que le siêde oû nuussommes serait agréable à tout le monde! Ne vous semblerait-il pas que la félicité de ce siècle approcherait en quelque frçon de la bé.ititude étenielle, si de quelque cûté que vous pussiez vous tourner, vous vous voyez environné d’une si belle troupe de bienheureux?

Je vois bien , autant que je vous puis connaître , que vous êtes tout surpris , et ipie tirant

TRAiTÉ UE LA CÜiNSlDÉRATlON,

iiD probud soupir du fuod de votre œiu-, vous dites eu vous-mème : Quoi! ce qu'on dit pourrait-il bien être un Jour? pourrions-nous bien encore ttre en ce monde lorsque ees choses arriveront? Qui me fera la grâce de vivre et de voir CCS merveilles? O si durant ma vie je voyais l'Église de mon Dieu soutenue par de si fortes colunnes; si je voyais l'épouse de mon Seigneur gardée par des gens aussi fidèles et aussi purs que ceux-là , qu'y aurait-il de plus heureux et de plus assuré que moi puisc|ue je verrais à mes côtés des observateurs et des témoins de mes actions d'une probité si reconnue , auxquels Je pourrais avec assurance confier tous mes secrets, communiquer tous mes desseins, et me reposer de toutes choses en eux comme à mi autre moi-même; et qui ne me laisseraient pas détourner tant soit peu du droit chemin si je le voulais , qui m'empêcheraient de tomber dans le précipice et me réveilleraient fort soigneusement si je venais à m’endormir ; qui prendraient assez d'autorité et de liberté pour me retenir si je voulais trop m'élever, et pour me reprendre si je passais les bornes qui me sont prescrites ; qui auraient toute la constance et la force nécessaires pour me fortifier si je venais à chanceler, et pour nt'encourager si je me laissais trop aller à la défiance ; enfin , dont la foi et la sainteté me porteraient à tout ce qu'il y a de saint, d'honiiétc, de chaste, d'aimable et de recommandable? Jetiez donc vos yeux, mon cher Eugène , sur l'état présent de votre cour ou de l'Église, et sur les exercices des prélats, surtout de ceux qui approchent de plus prés votre personne. Mais c'est assez parler sur ce sujet.

J’ai fondé le mur, mais je ne l'ai pas pené; pour vous, il vous est permis de le percer et d’y regarder en qualité de fils île prophète. De moi, je n'ascrais pas m', avancer davant.age; je me contente de vous parler d'une chose qui est connue de tout le monde. C’est une chase tout-à-fait ridicule que vos ministres entreprennent de précéder ceux qui sont prêtres aussi bien que vous. Il n'y a point de raison en cela , la pratique ancienne y a toujours été contraire, et la diguilc du caractère s'y oppose entièrement. Et si la calomnie voulait s'autoriser de quelque coutume , il .serait bien plus à propos de s’en moquer que de l'ordre stipièiiie qui a été justement établi , quoique ce qu'ils allèguent

soit tout-à-Fait frivole. Nous sommes, ils, ceux qui approchent de plus près Père dans toutes les cérémonies; quant sied , nous sommes assis les plus proche et quand il marche, nous suivons imi ment sa personne. Mais tout cela n'est | privilège de leur dignité , c’est un devoi cliargc, qui est exprimé par le nom d> dans le service qu'ils sont obligés de n toutes les occasions. Un peut leur ré «Dans les asscuiblécs n'-ifulièrcs, vou votre séance qu'aux pieds des prêtres q ronnent la majesté du pape de tous côl êtes assis plus proches, afin que vous st prêts à lui rendre les services uécessairt lisons dans l'Évangile qu'il y eut une entre les disriples, « lequel d'entre eux être le plus grand. > Ah ! que vous seriez si toutes les choses qui sont auprès de trouvaient sur ce picd-là !

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