‹ Choix d'ouvrages mystiquesChapitre 351 sur 684 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

Que 1*00 chmbc ebom qui «ont aa-doiiu de ootu , lavoir Dmu ei ktansn, par l’opink», pir U fol et par l’eateodcnwfit.

Vous avez, me dites-vous, suffisamment expliqué par où l’on monte ; mais il vous reste maintenant â dire jusqu’où il faut monter. Certai nement vous vous trompez, si vous vous y attendez, puisque cela est ineffable. Quoi ! vous pensez que je vous puisse exprimer «ce que l’œil n’a point vu , ni l’oreille entendu, et cc qui n’est |ioint entré dans le cœttr de l’homme ! » Mais

378 TRAITÉ DE LA CONSIDÉRATION

saint Paul dit • cjoe Dieu noua fa par son esprit. > Tant il est vrai que les choaes qui sont au-dessus de nous ne sont point enseifpiées par la parole, mais révélées par l'esprit. Or il ^ut que la considération recherche , que U prière demande, que la saiuteté de vie mérite et que la pureté obtienne ce que le discours ne peut pas expliquer.

Mais ne vous imafi^inez pas qu'en vous parlant des dioses qui sont au - dessus de nous , je prétende vous mf'.nger à la considération du soleil, de la lune et des étoiles, du himanient ou des eaux qui sont pardessus les cieux ; car quoique toutes ces choses soient élevées au-dessus de celles d'ici-bas , elles le sont seulement i l'égard du lieu qui les contient : mais d'ailleurs elles leur sont heaiiroup inferieures , par leur prix et par la dignité de la nature , puisqu'elles sont corporelles, et que la meilleure partie de vousmême est spirituelle. D'où s'ensuit que vous ne pouvez chercher qu'en vain quelque chose t|ui lui soit supérieur, et qui ne soit point esprit. Ur comme Dieu est esprit et les saints anges aussi, c'est pour cela qu'ils sont au-dessus de vous. Dieu par nature, et les anges pargrùce. Il est vrai que la raison est une partie de vous-méme et ce qui est de plus excellent dans l'ange; mais Dieu n'a pas.sculementensoi quelque ebosede très eirelleni , il est tout très excellent et très parfiiiu

Au reste il y a trois moyens par lesquels, comme par autant de voies, il faut que notre considération se porte à chercher Dieu et les esprits bienheureux ^ui sont avec lui , savoir, l'opinion , la fui et l'entendement. De ces trois cIhmcs, l'entendement s'appuie sur la raison, la h)i sur l'autorité , et l'opinion se défend seulement sur la vraisemblance. Les deux premières possèdent la vérité avec certitude; mais la loi ne l'envisage que voilée et enveloppée , au lieu que rrnlrndenient la possède toute nue et à découvert. Et pour l'opinion, comme elle n'a rien d'assuré, elle cherche la vérité par la vraisemblance plutùt qu'elle ne la comprend.

Mais surtout , il faut ici éviter la confusion , de peur que la fai ne s'arrête dans l'incertitude de l'opinion, et que l'opinion ne révoque en doute ce qui est assuré et déterminé par la fui. Déplus, il faut savoir que l'opinion est téméraire, lorsqu'elle se croit dans l'assurance ; que la foi est fiible , lorsqu'elle se laisse aller dans le

doute, et que dès lors que l'entendemei passer les limites de la foi, il est tenu pool gresseur et coupable d'attentat, en voula nétrer trop avant dans les secrets de la majesté.

Il s'en trouve plusieurs qui ont pris T dement pour l'opinion ; mais ils se sont tn L'opinion peut bien passer pour l'entend) mais non pas l'entendement pour Lopin pourquoi cela ? Parce que celle-ci peut êtn pée , et non cdui-là : ou bien s'il a pu être ti ce n'était point l'entendement , mais l'tq d'autant que le vrai eoteudement ne p pas seulement la vérité avec certitude, m aussi une connaissance assurée de la Voici la définition que nous pouvons don chacun en particulier : La foi est un t avant-goût volontaire et assuré d'une vér n'est pas encore évidente. L'intelligence < tendement est une connaissance assurée dente des choses invisibles. Et l'opinion < croyance que quelque chose est vérital sachant pas qu'elle est Fausse. De sorti comme je l'ai dit, la foi n'a rien de doute d'incertain , ou si elle a quelque doute , c't opinion et non pas la foi. Mais en quoi d t-elle de l'enlendemcnt? En ce que bien i n'ait point d'incertitude aussi bien que l'> dement, elle a pourtant de l'obscurité ceq point l'entendement. Enfin, si vous en bien quelque chose, il ne vous reste plus demander là-dessus, ou s'il en reste de qi manière que ce soit , vous ne l'entendez p il n'y a rien que nous désirmas tant de i que les choses que nous savons déjà par I et lorsque ces choses dont nous sommes a par la foi nous seront évidentes, pour lor manquera plus rien à notre béatitude.

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