CHAPITRE VI
I>JC In iVsIn dr U pnfrctioa Se rtfangile n’ool pM Stt fiitn ■nilniiml poo- le* rvligiau , mai» pim km» le» CfcrMinu.
Comme il y a plusieurs personnes qui, ne voulant ni apprendre ni tdiserver les maximes de la perfection chrétienne, et qui, ne désirant pas aussi d’être soupçonnées d’y avoir renoncé légèrement, assurent qu’elles ne regardent que ceux qui sont enfermés dans les cloîtres, et qui ont renoncé aux soins du monde , j’entreprends en cet endroit de faire voir la vanité et la fausseté de leur prétention, afin que cette errenr étant dissipée, la vérité paraisse avec plus d’éclat. Il faut demenrer d'accord qu'il j a deux
PAR LE CARDINAL
états parmi les Chrétiens , celui du siècle et celui de la religion; nuis il est vrai aussi qu'ils tendent par deux difKrens chemins à la même fin. Ils sont semMablrs et égaux en ce qui regarde la pratique de la venu , le mépris du monde , la pauvreté d'esprit, l'amour de la croix ; il n'y a que cette différence, que les religieux sont plus étroitement obligés à la perfection que les personnes du siède , parce qu'ils s'y sont engagés par leurs vceux et par leur règle ; ils ont d'ailleurs contracté les mêmes obligation.s , pulsipie le même Évangile a été prêché aux uns et aux autres. Dieu ne comman^nt que la cliarilé , et ne déféndant que la cupidité, il n'y a nulle dtstinction, nulle exception de personnes à cet égard. Le Sauveur a défendu d'avancer une parole inutile, et a déclaré qu'il en Faudra rendre compte au jour du jugement ; il a défendu de se mettre en colère , de désirer le bien d'autrui , et nous ne voyons aucune différence qu'il ait mise entre les religieux et les personnes mariées. Quand il a dit qne ceux qui pleurent sont bienheureux , et que ceux qui rient sont malheureux ; quand il a enseigné qu'il faut toqjours prier, renoncer il toutes choses, haïr son âme , souffrir les iqjures avec patience, entrer par la porte étroite, il n'a excepté personne. L’apdtrc .saint Paul, écrivant à tous les Chrétiens, et iceux même qui étaient mariés, et qui élevaient des enfans, n'exige-t-il pas d'eux tout ce que l’on peut exiger des religieux les plus austères? • Ayant , leur dit-il , de quoi noos nourrir et de quoi nous couvrir, nous devons être contens. » Qu'aurait - il pu demander de plus à des anachorètes? Les apiétres saint Pierre et saint Jacques n'écrivaient-ils pas è tous les fidèles quand ils les exiiortaieat à être saints, parfaits et accomplis en tonte manière, de sorte que rien ne leur manquât? Enfin, quand le Sauveur a dit : «Soyez parfaits comme votre Père céleste est partit, » il a parlé à tous ceux qui croyoient en lui , et il leur a proposé un excellent modèle de sainteté, afin que nous tous qui sommes appelés enfans de Dieu, et qui le sommes par adoption , tâchions d’imiter la perlèction de nntre Père. Ainsi les Chrétiens sont obligés à une grande sainteté , s'ils ne veulent être privés de la succession de leur Père, comme des enfans iudignes de lui.