CHAPITRE VII
De i'aUlHé de ort oorrage. ExbofUÜoa i U perfNüon.
I.CS autorités que je viens de rapporter nous obligent â mépri.ver toutes les choses que les hommes prennent pour des biens , pour nous appliquer uniquement à suivTC les vestiges de JésiisjChrist , et à monter jusqu'au comble de l.i perfection de l’Évangile. C'est le but où tend tout ce que j'ai ramassé dans ce petit ouvrage, afin qu'ayant dissipé les illusions de nos sens , et compris la vérité, nous retournions au pays de notre origine pour y triompher des vices et y régner éternellcinml. Les enfans du siècle tâchent de persuader que la perfection est extrêmement difficile, et qu'il n'est pas possible de l'aequérir en ce tuonde , afin que chacun s'abandonnant â la paresse et â roisiveté, personne n'entreprenne de chercher ce qu'il n'espère pas de trouver.
Il est certain repmdant que rien n'est difficile â celui qui veut fortement ; ce qui de soi est le plus malaisé, est rendu aisé par la grâce. La beauté de la justice est si excellente, la joie que donne la lumière incréée est si agréable, la splendeur de la vérité immuable est si éclatante que si l'on en pouvait jouir seulement un jour, on mépriserait la plus longue vie que l'on puisse mener ici-bas, avec tous les plaisirs et tous les biens qu'elle pourrait finimir. Il est écrit «qu'un seul jour dans la maison de Dieu vaut mieux que mille partout ailleurs. » Au reste, je supplie ceux qui prendront la peine de lire ce petit traité de ne point trouver étrange qu'il y ait quelques redites, et de considérer que cela procède du rapport qui est entre 1rs vertus et entre les règles qu’elles prescrivent. C’est un effet de la force de la vérité, que plus nous noos approchons d'elle, plus nous la rencontrons souvent. Que s'il y a des préceptes qui paraissent rudes, et tout-â-fiiit au-dessus des forces de l'homme , il est â propos de se souvenir que < le royaume du ciei se prend par violence,» et que quand quelqu'un supporterait seul tontes les souffrances de la vie présente, elles n'auraient point de proportion avec celte gloire que Dieu doit un jour découvrir en nous. Le travail est de peu de durée, au lieu que la récompense est étemelle.