‹ Choix d'ouvrages mystiquesChapitre 496 sur 684 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

CorabieD la oanùdératioo de la Sndemierecat aeoeaialreaui Chretiem.

On ne saurait ni exprimer ni concevoir combien l'ignorance de la dernière fin est extrême parmi les Chrétiens. ViVrions-nous autrement que nous vivons, s'il n'y avait point d'éternité, et qu'il n'y eût ni li craindre ni à espérer après celte vie ? Il y a très peu de personnes qui considèrent sérieusement qu'ils n'ont qu'une seule afhiire en ce monde, mais une a%irc très importante à laquelle ils se doivent appliquer de toute leur force, qui est d'arriver à la fin qui leur est propre, qui est recherchée pour ellemême , qui ne peut être rapportée à nulle autre, et dont i'apdtre saint Philippe parlait lorsqu'il disait : a Seigneur, montrez-oous votre Père, et O nous suffit, a Notre fin , qui est Dieu , et la claire vision de Dieu , laquelle n'aura point de fln, nous suffit en eflet. Tout le reste n'est que bagatelle, que vanité, et qu’affiietion d'esprit. Nous pouvons apprendre par la structure de notre corps quelle est la fin pour laquelle nous avons été créés. Dieu nous a faits avec le visage élevé , afin que nous regardassions le ciel qui est le lieu de notre origine et notre vériuMe patrie. Cependant la plupart des liommes étant courbés comme des bêtes vers la terre, ne cherchent que la terre , n'ont de l'affection que pour la terre, et comme s'ils étaient accablés de léthargie, à peine lèvent-ils la tête lorsque l'oa fait un grand bruit , ou même que l'on les brûle pour les éveiller. Que s'ils profèrent quelques mots mal articulés, ils retombent A l'heure même dans leur assoupissement , sans vouloir écouter la doctrine du salut, ou sans comprendre ce qu'ils en uni écoulé. Cest une parole du Sauveur : t Cherchez premièrement le royaume et la Justice de Dieu, et toutes ces choses vous seront données comme par surcroît.» Cependant nous mettant fort peu en peine de chercher le royaume de Dieu, nous cherclions premièrement l'argent , les dignités du siècle et les plaisirs , et nous n'avons aucun autre soin. Le même Seigneur nous a enseigné que » une seule chose est nécessaire.» Nous ne laissons pas de nous partager A plusieurs, qui sont autant d'empéchetnens A notre salut. Notre maître imos commande d'agir envers les hommes comme nous

VIE CHRETIENNE

voudrions qu'ils agissent envers nous, et tenant une conduite toute contraire, nous leur foisons un traitement que nous ne voudrions pas souffrir de leur pan. le Seigneur a dit : • Ne jugez point , » et nous ne laissons pas de Juger avec une très grande rigueur, rl d'accuser notre frère d'avoir une paille dans l'iril , lorsque nous ne nous apercevons pas d'une puutre qui est dans le notre. Dieu nous aimmande que nous l'aimions de tout notre cernr, et sur toutes choses : cela n'empéche pas que nous n'aimions les richesses et les plaisirs plus que lui , et que nous ne lui préférions tout ce qui favorise les senlimens de la nature corrompue, et tout ce qui flatte la concupiacence. Ainsi, la prédication de la croix est inutile pour nous. L'incarnation du Verbe et 1a force des sacremens ne nous servent de rien, puisque nous vivons de la même sorte que si nous n'avions aucune connaissance de Dieu et de notre fin. La vie de chaque animal consistant dans une opération conforme A sa vie , et l'opération propre de l'homme étant la connaissance et l'amour de Dieu , tout ce que nous foisons qui se rapporte A cette fin est salutaire , tout ce que nous faisons qui ne s'y rapporte point est inutile, et tout ce que nous foisons qui y est contraire est pernicieux.

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