CHAPITRE XII
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La félicité do siècle , et tout ce que le monde aime et estime est comme une peinture qui , étant regardée au faux jour du présent , semble avoir quelque beauté , mais qui , étant exposée au grand jour de l'éternité, ne parait que comme un amas confus de traits mal formés. La lumière de l’Évangile , qui luit dans les ténèbres, et qui n'estpoint comprise par les ténèbres, est sombre aux yeux des bommes du monde. C’est cependant la seule lumière qui nous éclaire et qui nous fait discerner le bien et le mal , le vrai et le faux, le précieux et le vil; c'est par elle que nous connaissons la vérité qui est immuaMe, qui habite dans l'homine intérieur, et qui nous apprend â ne point attacher notre amour â b beauté des créatures, mais â le porter jusqu'à leur Créateur. Elle nous enseigne â mettre notre
PAR LE CARDINAL
cunflance dus Dieu seul, el k ne la mettre ni dans les princes ni dans nos amis, ni dans nos propres frères , parce qu'ayut chacun leurs desseins particuliers , et rechertfaut leurs intérêts, ils demeureront avec nous tant qu'ils croiront que nous leur pourrons être utiles, et nous abandonneront dès qu'ils n'espèrerout plus tirer de nous aucun avantage. Il iaut donc bien prendre garde de ne nous pas laisser tromper par l'apparence , de ne pas chercher notre consolation ou notre friieité dans les créatures , qui ne sont qu'un pur néant, et qui n’ont point d'autre prix que celui quelles tirent de l'erreur du peuple, de notre ignorance et de notre aveugienient , et de ne pas abandonner pour elles Dieu , qui est seul qui soit véritablement, qui est la source de tous les biens, et hors duquel on ne peut trouver ni de paix ni de repos. Quiconque s’éloigne de cet être souverain tombe dans le dernier de tous les malheurs.