CHAPITRE XIV
Qoe le droit dmira pour arriTcr à U dervièro Ba eet qup chacun porte >a crois.
Tout homme qui vent arriver promptement à sa fin doit suivre les règles immuables de la raisou étemelle , et courir, par un chemin convenable k son état, an terme qu'il se propose. Mais tous ne gardent pas cette conduite. Plusieurs étant trompés par nne eireur extravagante, ae font nn chemin selon leur caprice , au lieu de suivre celui qui leur est marqué par h divioe Providence. Naaman , général des troupes du roi de Syrie, refusa d'abord de se servir d'un remède aisé qui lui avait été ordonné par k prophète Elisée, et aimait mimx en frire un autre qu'il avait inventé lui-même , qui ébit de ae frire toucher par ce prophète. Il s'en retournait donc tout en colère avec sa lèpre, et n'en aurait jamais été guéri si , suivant enfin k sage conseil de ses fidèles domestiques, il n'eût exécuté cequ'Éiisée lui avait prescrit. Les personnes dont je parle se proposent de b même sorte des routes particulières pour marcher vers leur fin, et font plusieurs résolutions fort contraires à km état, et qu’elles n'ont jamais ni k pouvoir, ni l'occasion, ni le moyen ^exécuter. De là vient qu'eiks ne forment que de vains désirs , et qu'elles n'agissent jamais sérieusement pour arriver à leur terme.
Il y a cependant un chemin fort court et fort aisé que le Sauveur a montré, quand il a dit, que celui qui veut k suivre prenne sa croix , et qu'il
la porte. Il a lUt qu'il prenne sa crois, et n'a pas fût qu'il prit celled'un antre, il a dit qu’il prenne la crois que Dieu lui aurait donnée, et non pas celle qu’il aurait choisie lui-roènie; celle qui lui aurait été préparée par i’étemelle sagesse , qui fournit b force nécessaire pour la porter, et non pas celle dont il se serait chargé indiscrètement, et qui serait trop pesante pour lui.
Il fout donc , premièrement , prendre garde de ne se pas égarer dans la recherche de sa fin; car quiconque manque à la reconnaître manque aussi à choisir les moyens convenables pour y arriver. Quand on connaît sa fin on voit plusieurs chemins qui y conduisent; mais il fout que chacun préfère celui qui est le plus convenable è son état , afin qu’il porte sa croii de la manière que Dieu le commande. La croix de chaque chrétien consiste à s’acquitter exactement de son devoir, à souflrir patiemment les afilictions qui surviennent de jour en jour, et à ne laisser échapper aucune occasion de s’instruire de la perfection i laquelle sa profession l’oblige ; car il n’y a personne qui ne puisse parvenir au plus parfait état de la religion chrétiemie , en demeurant dans la vocation oU Dieu l’a mis.