‹ Choix d'ouvrages mystiquesChapitre 502 sur 684 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

Dm GondrtJOM Se la deraUre an, et d'oU tient que pluMeuri t’to éloignent

0 y a deux conditions de la fin dernière : l’une qu’elle est un bien parlait , et l'autre qu’elle rst suffisante par elle-même , et qu'elle ne demande aucun bien extérieur pour nous procurer un parfait repos , et pour contenter Ions nos désirs. Quiconque à besoin de quelque chose est agité du désir de l’obtenir, et quiconque est agité de qudque désir, ne jouit pas d’un parfait repos jusqu'à ce que la possession ait apaisé l'agitation de soadésir. Or, ces deux conditions ne se rencontrent qu’en Dieu, parce qu'étant le seul bien parfait et souverain, il peut seul remplir tous nos désirs. <Je serai rassasié, dit le prophète, lorsque je me réveillerai dans une gloire pareilleà la votre. iCest cependant un dérèglement détestable de définir le souverain bien comme le définissent presque tous les hommes , quand Us disent que c'est celui qu'ils aiment sur tous les autres avec une ardeur si étrange qu’ils ne s'en peuvent séparer , bien que , selon le témoignage de leur profire conacience. Us ne puissent

VIE CHRÉTIENNE

douter que ce ne soit un mal. Ainsi 1a corrupli>«i de leur esprit est si extrême qu’ib ne défèrent plus ni à leur jugement , ni à celui des autres. De la vient qu'un grand nombre de personnes , soit par l’aveuglement de leur entendement ou par le dérèglement de leur vokmlé , s’éloignent du souverain bien, et de leur véritable fin , sans pouvoir jamais s’en approcher. Ces âmes perdues, dont la misère donne de l’horreur, troublenl et renversent l'ordre que Dieu a établi , quamf elles se séparent de lui, et qu’elles s’attachent aux créatures comme à leur fin, qu’elles trouvent des délices dans les épines , qu’elles chérisseni les ténèbres dont elles sont enveloppées, le corps de nxirt qu’elles portent, les filets au milieu desquels elles marchent, le lieu d’affiiclion qu’eUes habitent , sans apprébrader Tarrèt terrible que le souverain juge prononcera contre ceux qui s’éloignent de la fin qui leur a été proposée, c Ils suivent , dit saint Paul , dans leur conduite la vanité de leurs pensées; ils ont l’esprit plein de ténèbres , sont entièrement éloignés de la vie de Dieu, à cause de l’ignoraiKC où ils sont et de l'aveuglement de leur cccur. Ayant perdu tout remords et tout sentiment, ils s'abandonnent à la dissolution, pour se pbwger avec une ardeur insatiable dans toutesuortesd’impuretés.

t Ils SC sont imaginé que notre vie n’est qu’un, jeu ; que ce n'est qu'un trafic pour amasser de l'argent, et qu'il fout acquérir du bien par toutes sortes de voies , même criminelles. > Il arrive souvent, par l'effet d'un jugement épouvantable de Dieu sur eus, qu’ils sont punis du débordement de leurs mmurs corrompues par la perle de leur foi qui était pure, et qu'ils deviennent semblables aux insensés qui disent dans leur canir, il n'y a point de Dieu.

J’ai déjà marqué la source de ce dérèglement, et quand on la montrerait mille fuis, on ne la montrerait pas encore assez. C’est qu’Adam a péché, et qu’en péchant il a non-seulement perdu la grâce qu’il avait reçie, mais aussi la connaissance du bien , et a corrompu toute sa postérité dans sa personne , comme dans la tige d’où elle devait sortir. Cette corruption est comme un poids effroyable qui accable l'bomme, et qui i’entralue avec violence vers les voluptés char ncllcs et vers les objets qui flattent les sens, et qui le porte à commander impérieusement aux autres, à s’estimer avec excès, à chercher le repos,

PAR LE CARDI\AL

et 1 ^^'iter le travail. Il làut lyauter à ce* dihwrdrea robscurcisarment del’eaprit, l'ifpmrancr, la lauaaeté det idéea , rincertitude dea juf;emens , DDe multitude prodigieuse d'égaremens et d'erreurs et une violente aversion de toute sorte de bonnes pensées. Il faut ajouter encore l’afFai- Uiasenient de la volonté , le peu de soin gue l'on a de rechercher le vrai bien , une lAcheté et une langueur extrême quand on est obligé de s'opposer aux tnouvemens d'un appétit qui est ince.ssammeiit attaché aux biens périssables. C'est pour ce sujet que l'Écriture, parlant du méchant, dit : « Le souvenir de Dieu est banni de loute.s ses pensées ; ses voies sont souillées en tout temps. > Quand on ne connaît poiht Dieu, on ne connaît |)oint non plus les vertus, qui ne sont distinguées des >ices que par la fin oA elles tendent, et non par les devoirs dont elless'acquiltent. Came qui a été délivrée , par la gréce de notre Sauveur Jésus -Christ, de cette iiquste domination des démons , et de cette misérable servitude du péché , s'attaciie étroitement à Dieu, où elle trouve tout ce qu'elle peut désirer, et où elle jouit d'une paix très profonde sans rien aimer ni rien chercher hors de lui. En effet , celui à qui Dieu ne suffirait pas serait tout-à-fait insatiable.

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