‹ Choix d'ouvrages mystiquesChapitre 517 sur 684 · CHAPITRE XXX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXX

Que l'aniour de KN-méiiie e«l U racine detow In paVIu't.

Depuis que le premier Immrae est tombé , par nn amour déréglé et excessif de soi-mème, dans le grand (léclié par lequel il a assujetti tous ses descendans , dès le moment de leur conception et de leur naissance, à la mort, a l'ignorance et è la concupiscence, la natnre humaine a été couverte de ténèbres si épaisses , et entraînée par on poids si prodigieux vers la terre , que s'étant détournée de Dieu, elle s'est tooniée vers ellc-méme , et qu'ayant perdu le goût des délices innocentes de l'ime , elle s’est répandue sur les plaisirs infimes du corps.

C'est de là qu'est venue l'impérieuse domination qu'exerce l’amour de noas-mémes , le plus cruel ennemi des vertus. Quand nous lui obéissons , noos ne recherchons en toutes nos actions que nos intérêts, l'iionnear ou le plaisir, lai chair • n'est point soumise à la loi de Dieu , el ne le peut être,> comme dit le saint apùtrr. Tous ses mouvonens nous portent au péché , et nous mettent dans l'état horrible de fat damnation. Il n'y a rien de si contraire à nos intérêt.s que l'amour-propre , qui nous exdte avec tant de violence à les rechercher. Dieu nous ayant commandé de rapporter tout à lui comme à la dernière fin, celui qui en toutes choses ne cherche que soi et son intérêt , ne rapporte aucune de scs actions à la vie éternelle. Aussi , comme le docteur des nations ajoute au même endroit : « Nous ne sommes point redevables à la chair pour vivre selon la chair. Que si vous vivez .selon la chair , vous mourrez; maissi vous faites mourir par l'esprit les passions de la chair, vous

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vivrei. • La rriigion chrétienne noua |ircsK de làiTe aervir lea romibrca de notre corps i la piété et i la justice, pour mener une vie aainte, comme noos les avons fait autrefois senir ü l'impureté et à l'injuslice, pour commettre de mauvaises actions. ■ Soyez saints, dit le Seii;neur, parte que je suis saint. •

L'amour de soi-ménie et le désir de procurer ses intérêts, empêche de concevoir les principes et lea peéêeptea de la vie clirélienne ; car qui |M>urra jamais persuader A une personne remplie de l'amour d'elle-méme , que tout ce que le monde estime et admire u'est que vanité, et qu'un pur néant ; que les honneurs et les dignités ne sont qu'une servitude éclatante et qu'aflliction d'esprit ; qu'il y a de la force et de la grandeur de courage A pardonner A nos ennemis, et A foire du bien à ceux qui nous veulent du mal ; qu'il est plus avantageux de mépriser lea richesses que de les posséder ; qu'il est plus glorieux d'obéir pour l'amour de Dieu que de commander; qu'il est plus louable de se vaincre aui-méme et de réprimer ses passions que de réduire sous sa puissance les plus fortes places?

Toutes ces maximes paraissent dures et incroyables A ceux qui s'aiment eux-mémes, parce qu'étant attachés A la terre par l'amour-propre , comme par des liens indissolubles, ils ne se (ilaiseot qu'aux plaisirs de la terre. Les enfonts de Dieu sont conduits et poussés par l'esprit de Dieu, pour ne vivre plus selon la chair, mais selon l'esprit. Que s'ils font quelques actioas de la chair dont ils ne se peuvent dispenser durant cette vie mortelle , ils y sont excités , non par l’amour-propre, mais par un principe surnaturel, et répriment les désirs de la chair par un exercice continuel de mortification et de pénitence. Les amateurs d'enx-mémes disent qu'il fout tempérer d'une grande discrétion la rigueur que l'on exerce sur son corps; mais il fout avoir la discrétion qui vient du ciel, parte que la prudence de la chair est la mort de l'Ame.

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