CHAPITRE XXXVI
Qq'iI j a lroi« eboap» aux Chrtttm* : de Tfilhr $ar
eiix-mhim, dp bien employer te lempe , et de faire un boa ua^ des Mcremena.
I.a fidélité que nous devons à Dieu demande de nous principalement trois choses.
Iji première est de veiller avec une attention continuelle sur nous-mêmes et sur nos actions. Faute de cette attention, nous nous éloignons souvent du droit chemin , et nous égarons dans des routes écartées ; nous cherchons notre bonheur où il n'est pas , et ne voulons pas croire ceux qui nous montrent le lieu où il est. L'homme est distingué des bétes par l'usage de la rai.son, et le Chrétien est distingué des infidèles par la fiii. [yorsque quelqu'un, ou pour le
plaisir, ou pour la gloire, agit témérairement, inconsidérément , bassement, avec précipitation et avec impétuosité, il s'éloigne de la manière d'agir des hommes, et s'appntchc de celle des bêtes. Mais lorsqu'il agit pour soi et |Niur scs intérêts , il se met au rang des infidèles. Comme l'on n'acquiert la perfection d'un art qu'en Faisant plusieurs ouvrages selon les règles que cet art prescrit, ainsi l'un n'acquiert la fime, la justice, la tempérance, la prudence que par des actions de ces vertus-là mêmes.
Le second devoirauquel nous sommes obligés est de faire un bon usage du temps, d'un moment duquel dépend l'étemité. C'est un avis fort commun parmi les philosophes que la connaissance de ce qui est utile ne suffit pas à un homme sage, mais qu'il Faut encore qu'il vrille avec une application toute particulière , pour ne laisser écliappcr aucune occasion de pratiquer la vertu. En effet , le temps passe avec une vites.se incroyable, et le temps qui est passé inutilement ne peut jamais être réparé. Le temps passe, et l'insensé ne bit aucune réflexion sur ce qu'il perd en perdant le temps. Il aime à jouir des conversations agréables , et à goûter les plaisirs qui flattent ses sens ; et cependant le temps favorable s'écoule , les jours et les heuresque Dieu lui donne par une grande miséricorde |)our obtenir le pardon de ses |Hlchés, pour acquérir la grâce, et pour mériter la gloire, s'échappent insensiblement. Si nous devons rendre compte de toute parole inutile, c'est-à-dire de toute parole que nous aurons prononcée sans une cause raLsonnabIc , nous le devons rendre encore |>lutùt du temps que nous aurons employé inutilement.
Le troisième devoir dont nous ne pouvons nous dispenser, est de faire un bon usage des sacremens de pénitence et d'eucharistie, dont nous ne tirons souvent aucun fhiit, parce que nous nous eu approchons avec froideur et sans les dispositions m'ces.saires. Les fruits ordinaires et naturels que nous devons tirer de la pénitence sont l'humilité et l'amour de l'abaissement , et ceux de rcucharislic sont l'amour de Dieu et la douceur envers le prochain.
Comme un avare qui jour et nuit amasse de l’argent ne songe qu'à gagner et à s'enrichir, ainsi ceux qui s’approchent souvent de ces deux sacremem arec les dispositions nécesiaires ne
Digrtiztsj uy
pmMDt qu’* Dieu , el ne peuvent peaver à autre rliuse sans souffrir une estrème violence. I.e fondement de la perfection est de se séparer entièrement de tout ce qui n’est point Dieu.