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CHAPITRE XXXVII

Que la péniteoœ e«t néatMire à tou* lei OirétiAi.

Tout Chrétien doit vivre et mourir de telle sorte qu'il fasse voir par les marques eitéricures de sa douleur, et par le mépris avec lequel il traite son corps, qu'il est un pénitent qui s'efftirce de satisfaire à la justice de Dieu, et d'eipier les péchés qu'il a commis contre lui. C'est là le commencement et le sommaire de la prédication de rÉvaii|;ilc. o Jean était dans le desert, baptisant et prêchant le haptéme de pénitence pour la rémission des péchés, s la première fois que Jésus-Christ , notre chef et notre le|;islateur, se manifesta aux hommes , • il alla dans la Galilée prêchant l'Évangile du royaume de Dieu , et disant ; Le temps est accompli , et le royaume de Dieu est proche; faites pénitence, et croyez à l'Évangile. » Un antre évangéliste dit : € Jésus commenta à prêcher en disant : Faites pénitence, parce que le royaume du cid est proche. » la pénitence précède, comme une disposition nécessaire pour recevoir l'Évangile, afin que l'âme étant lavée de toutes ses taches , elle devienne capable de recevoir la grâce de Dieu, qui < n'entre point dans une âme maligne, et qui n'habite point dans un corps assqjetti au péché. »

L'homme feit à Dieu un sacrifice agréable , et qui apaise sa colère, lorsque étant touché d'un véritable repentir, il confesse ses péchés, et lui en demande pardon avec un ccrur brisé de douleur. La plus grande malice du péché consiste dans le mépris de Dieu; car quiconque pèche méprise Dieu, et le hait faute de foi et d'attenlion. Et certes , qui serait si insensé et si téméraire que d'oser violer la loi de Dieu , s'il croyait et s'il considérait sérieusement ce que Dieu est , et ce que c'est que d'offenser ce Dieu dont la honté est extrême, la puissance infinie , et la majesté redoutable? Le péché originel nous a jetés dans cet abîme profond de misères, et nous a donné une aversion secrète de Dieu , qui est cause que nous le fuyons comme des insensés, et que nous quittons la source de tous les biens,

pour nous rouler comme dans la bouc des biens fiiux et périssables du monde : ce qui procède, ou de ce que nous ne connaissons pas la vérité, ou de ce que nous cédons â l'infirmité. Nul ne saurait comprendre combien cet aveuglement est grand et déplorable , s'il n'a considéré attentivement que la malice du péché est si extrême, qu'elle n'a pu être expiée que par la passion et par la mort du Fils unique de Dieu. Si nous sommes bien persuadés de ces vérités, et fortement convaincus de l'énormité du péché, nous passerons tous les jours de notre vie dans la douleur et dans les larmes , comme des coupables qui attendent â tout moment l'arrêt de leur condamnation. On obtient aisément pardon de quelque péché que ce soit , quand on s'efforce de l’expier par les (puvres de la pénitence, et par ramendement de la vie.

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