CHAPITRE XXXVlll
Dm nurqon d det frotU de U véHieble pémteaai.
On ne pourra jamais éviter le péché , à moins que d'en avoir conçu beaucoup d'horreur et de haine; et jamais on ne persévérera dans l'exercice de la pénitence , si l'on ne brûle d'un ardent désir d'acquérir la perfection. Il ne fiiut jamais s'approcher du sacrement de la pénitence, qu'outre la contrition et la ferme résolution de ne plus offenser Dieu , on ne se délivre de quelque péché particulier, en retranchant toutes les occasions de le commettre. Le principal avantage que l'on doit tirer de la confession , est de faire de dignes fruits de pénitence , en détestant toutes sortes de péchés, en redoutant lesjugrmens de Dieu, en se confondant soi-même, en acceptant de bon coeur toutes les satisfactions qui nous sont imposées , en réprimant les mouvemens et les désirs contraires â la lui de Dieu , en évitant les occasions où nous sommes en danger de commettre quelque péché, et souflraiit avec joie les abaissemens et les mépris , en examinant souvent sa conscience, et en |>énélrant les replis les plus cachés de son cœur, en arrachant du foud de son âme tout ce qui est mauvais et corrompu , et en tâchant d'y planter tout ce qui est bon et parfait.
Celui qui est dans cette disposition a toujours scs péchte devant les yeux, et ceux des autres derrière lui. Il est yiénétré d 'une vive douleur
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PAR LR CARDINAL
de ses foules , et ue regarde poiat celles des autres. Il se châtie soi-méme de ses défouts, et excuse ceux de ses frères. Il redoute les dangers où il est exposé , qui ne sont qu'en trop grand { nombre, et qui ne peuvent jamais être évités j avec trop de soin.
En effet, nous sommes incessamment excités au mal par l'engagement étroit et inévitable que nous avons avec des personnes et des ob- | jets qui attirent au pécbé; par les habitudes j vicieuses qnenous avons contractées, par l'in- I clination que nous avons de nous-mêmes au pé- j ché, et qui est beaucoup plus violente que l'on j ne croit ordinairement ; car comme elle est née j en quelque sorte avec nous, elle s'insinue finement et artificieusement dans l'Âme, obscurcit . la lumière de la raison, assoupit la conscience | et lui ôte le sentiment de ses péchés. Ainsi noos | en commettons chaque jour un- grand nombre, : que la passion qui nous pousse  les commettre < et raccoulumance nous empêchent d'apercevoir. ! Un des plus grands maux que produise la mal- ' heureuse habitude de pécher, est que plus on : pèche et plus on s'aveugle.