CHAPITRE XXXIX
De qoeîle mapiérc il fatal avoir aoin de m toniger dea iBoiadrei pécfaét et dr le* (kradner.
La focilité avec laquelle on commet les péchés | légers que l'on appelle véniels est tout-à-foit inconcevable. Chacun sait que ces péchés, qui offensent la grandeur infinie de Dieu, ne sont point légers en effet, et que dans l'autre vie ils seront expiés par de rigoureux supplices.
Comme on ne peut s'abstenir absolument de tous ces pécW.s-l .sans une grâce particulière de Dieu, il faut au moins tâcher d'en diminuer le : nombre de jour en jour , et de se délivrer de I quelqu'un par la pratique d'une vertu qui lui | soit contraire. Comme au temps de la maladie contagieuse on évite non-seulement les persounes qui en sont frappées, mais aussi leurs habits et leurs meubles, ainsi on doit craimlre et éviter non-seulement tous les pécbés véniels, : mais aussi tout ce qui peut exciter à les com- j mettre, et toutes leurs suites, qui peuvent por- ' ter un poison mortel dans l'Âine. Il se présente à | chaque moment diverses occasions de curiosité, | de cajolerie, de bouffonnerie, de colère, de con- ; lest alion, d'impatience, de distraction , de dlssi-
palion d'esprit, et de plusieurs autres foutes et imperfections semblables. Comme il est fbrtdifficile, non-seulement de les éviter, mais même de les connaître, il fout au moins, malgré toute la résistance de la nature corrompue, en arracher les aflèctions; car tant qu'elles demeureront dans notre ccrur, jamais nous ne pourrons nous en corriger, ni en obtenir le pardon, quand même nous les soumettrions cent fois aux chefs de l'Eglise dans le sacrement de pénitence.
Je sais bien que c'est de ces foules légères dont l'Écriture parle quand elle dit que le juste tombe sept fois en un jour. Mais il est vrai aussi que le juste vit de telle sorte qu'il ne tombe jamais en ces foutes, si ce n'est par foiblesseoii par surprise.
Pour ce qui est des vices, quiconque souhaite de les arraclier entièrement , doit réprimer les mauvais mouvemens dès qu'ils s'élèvent dans son âme, et foire à l'heure même un acte de la vertu contraire. Si , par exemple , il reçoit une injure, il doit d'abord réprimer le mouvement de sa colère , puis exereer un acte de patience et d'humilité, se réjouir de ce qu'il souffre le traitement qu'il mérite , désirer d'avoir souvent de pareilles occasions de souffrir, aimer sincèrement celui de qui il a reçu l'iiqure, et être pcét à le servir quand il en trouvera l'occasion.
Ce n'est pat assez d'éviter le mal , il fout encore foire le bien. Un serviteur ne s'aquitte pat de ton devoir envers son maître parce qu'il s'abstient de l'nulrager ; il est obligé de le servir fidèlement et de foire ce qu'il lui commande. Plusieurs se trompent de croire que leur salut soit en sûreté parce qu' leur jugement ils ne font point de mal, bien qu'ils manquent à leur devoir, et qu'ils aient fort peu de soin de s'appliquer  la vertu ; s Retirez-vous du mal, et faites le bien , s dit David dans ses psaumes. On n'est pas moins obligé de faire le bien convenable  sa condition et ù son état , que de s'abstenir du mal.