CHAPITRE XLI
ItncriplKin dr* rHiginix qai ont oublii teor voralica.
La vie d'un religieux ne consiste point dans l'extérieur, dans l'habit , dans l'air du visage , ni dans une sorte de contenance bien composée, mais dans l'esprit d'humilité et dans nne occupation intérieure avec Dieu. Cependant comme la foiblesse de la nature humaine ne permet pas de garder toujours la même rigueur, on se relâche peu à peu, et on cherche une fiw.'ou de vivre plus aisée et plus comnaode. De là vient que les ordres qui ont été les plus saints dans leur origine, s'éloignent par la suite du temps de cette première pureté , et descendent cianme par degrés imperceptibles à une manière d'agir tout humaine et toute profane. C'est pour cela qu'il y a quantité de faux religieux et de fiiux ecclésiastiqoes qui n'ont rien de leur profession que l’habit, et qui ont les mœurs plut corrompues que les oifàns de ce siècle. Ils ne s’occupent qu'à foire des civilités et de« cérémonies, à ré-
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PAR LE cardinal chercher les dignités , 1 gagner l'afiection des grands, i amasser des richesses. Ils usent de mille ruses et de mille détours pour arrirer à leurs Ans et pour procurer leurs intérêts partiniliers plutôt que le bien commun de l'Église. Ils demeurent dans la maison de Dieu comme ses enfans ; mais ce sont des encans fort éloignés de la vertu de leur père. On les appelle senitrurs de Dieu , et ils ne lui obéissent point. Ils vivent du patrimoine de JésusChrist sans aucune inquiétude. Ils jouissent d'amples revenus qui leur ont été donnés pour servir Dieu et l'Ël^ise , et ne font rien pendant une année qui mérite les alimeos qu'ils consument en un jour. Ils ne manquent point de paroles pour s'entretenir des jours entiers de choses inutiles avec les hommes ; mais ils en manquent pour s'entretenir un moment ou de Dieu ou avec Dieu.
II y en a d'autres qui , ayant aversion de leur vocation , bien que l'apôtre avertisse les fidèles de demeurer en celle oh ils se trouvent , aspirait h une autre sous prétexte d'une plus grande perfection; et au lieu de changer de meeurs, comme ils devraient , ils diffèrent d'en changer jusqu'à ce qu'ils soient en un autre état , où ils n'arriveront jamais. Ce sont là des songes et des rêveries de personnes éveillées ; c'est une tentation subtile du démon; car en changeant de lieu, on ne change pas d'esprit, et on se porte partout soi-méme avec ses vices.