CHAPITRE XLIV
Que U prière «t nèuHMire è Ira» le» Cbrélieo*.
ta prière est si nécessaire que la foi nous obligé à croire que sans elle personne ne peut être sauvé) car qui peut , sans le secours de la grlce, suivre la voix de Dieu qui l'appeilcPet qui peut mériter ce seeours sans le demander? C'est pour cela que l'Écriture nous enseigne qu'il fout prier sans cesse , et implorer toujours l'assistance dont nous avons toujours besoin. Or eelui-la prie toujours qui n'omet jamais de prier i certaines heures de chaque jour. Celui-là prie toujours qui par la pureté de sou iutention rapporte à Dieu toutes ses actions, puisque prier n'est rien autre chose que d'élever son esprit à Dieu. Celui-là prie toujours, qui conserve dans son cœur un désir ardent et efficace de prier, rar ce désir-là même est une prière. Cèlui-là prie bien qui vit bien. Jamais aucun n'esi tombé
VIE CHRÉTIENNE
dans le péelié et dans l'impiélé , et n'a abandonné Dieu , qu'il n'ait auparavaig renoncé à h prière.
la prière est le canal par où 1rs ruisseaux de la grâce coulent sur l'àme.Dès que ce canal tarit l'àme tombe dans la sécheresse et dans la mort. Il ne suffit pas de prononcer quelques prières sans attrniion et sans respect , comme font plusieurs f dont T)iru se plaint quand il dit : < Ce peuple s'approche de moi de bouche et me glorifie des lèvres , mais son cœur est éloigné de moi. Quiconque prie de ta sorte n'évitera pas l'effét terrible de celle imprécation du prophète : • Que sa prière même lui tourne à péché. > Cest un mensonge et une imposture de chanter : • Le mensonge et l'iniquité m'est en haine H en abomination , n dans le temps même que l'on commet descrimes. Tel est dans les excès de la tableet de la bonnecliére, qui dira ; « J'ai Oublié de manger mon pain. »Tel se divertit et s'abandonne à de folles joies, et dira ; « Me» larmes sont devenues mon pain, et ma nourriture durant le jour et durant la nuit. » Il dira encore à Dieu ; « Ceux qui $0 détoumeni de vos commandemens lombeht en votre malédiction. » Toutes ces sortes de prières sont exécrables, excitent la colère de Dieu , et méritent de très rigoureux chàlimens. Quiconque n'élève pas son esprit à Dieu au moins deux fois le jour, le nuitin quand il se lève, le soir quand il se couche , el ne prie pas Dieu avec forveur durant quelque temps, n'est |ias digne du nom de Chrétien. Il fout employer au moins autant de temps à nourrir l'àme, que l'on en emploie à nourrir le corps. Que si en priant on sent quelque sécheresse, et qu'on soit privé de la douceur et de la consolation de l'esprit de Dieu, on ne doit pour cela ni omettre ni interrompre sa prière, lài vraie dévotion et le solide plaisir de l'àme ne consistent pas dans un zèle ardent , dans une douceur .sensible, dans des tendresses et des lamies. Les Turcs et les infidèles sentent quelquefois toutes ces choses au milieu de leurs prières et de leurs sacrifices. Mais elle cousislc dans une prompte volonté de servir Dieu , et de s'abstenir de tout péché. Les choses de Dieu ne sont connues que par la foi rt non par les sens.
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PAR I.R CARDINAL