‹ Choix d'ouvrages mystiquesChapitre 532 sur 684 · CHAPITRE XLV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLV

Dn iafOÊhkm iXmiiirn t U pritrc.

U y a plusieurs personnes qui demandent des méthodes pour apprendre à prier Dieu , comme si la prière était un art , ou un métier dont il y eût des régies certaines. Je ne condamne pas les préceptes qui ont été laissés sur ce sujet par des hommes d'une singulière vertu. Je prétends seulement qu'ils ne suffisent pas, et qu'il feut encore une application continuelle pour garder son cœur et ses sens, sans laquelle on ne peut avoir l'esprit de prière. Et certes , comment un cœur dissipé durant tout le jour , et répandu dans les conversations inutiles dusiècle, pourraitil se recueillir et s’unir i Dieu, pour traiter avec lui de la plus importante de toutes les affiiires, qui est celle du salut ? C'est une des plus grandes illusions où les hommes puissent tomber que de se promettre qu'ils s'acquitteront en un moment de l'emploi le plus difficile qu'ils puissent avoir dans cette vie, duquel ils ont été fort éloignés durant tout le jour, et auquel ils n'ont jamais pensé sérieuse,nent. I.a prière demande une ùme toute pure, et dégagée de tous les fontûmes de la terre , aHn qu’elle puis.se s'attacher uuiquement ù Dieu. La meilleure disposition que l’on y puisse apporter est l’intégrité de la vie et l’innocence des mœurs. Quiconque souha ite de s’y appliquer et d'y foire quelque progrès , doit n’avoir de l’estime que pour les choses du ciel, et être aussi insensible qu'un mort pour toutes celles de la terre. La prière , pour être bonne , duit être accomoagnée de la foi et de rbumilité.

Page 1