CHAPITRE L
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On ne pat dire véritablement de la prière ce qui a été écrit dans la Sagesse : « Je l'ai plus aimé que la santé et que la beauté. J'ai résolu de la prendre pour la lumière qui m'éclaire, parce que sa clarté ne peut être jamais éteinte. Tous les biens me sont venus avec elle , et j'ai reçu de ses mains des richesses innombrables; et je me
suis réjoui en toutes ces choses, parce que cette sagesse marchait devant moi, et jr n'avais pas su qu'elle était la mère de fous ces biens; car elle est un trésor infini pour 1rs hommes, et ceux qui en ont usé .sont devaus les amis de Dieu.» La prière rst la source de la grâce, la mère des vertus, l'illuminatiuii de l'esprit, la consolation des afiHigés, le plaisir de ceux qui se réjouissent , la nourriture de l'âine, le principe cl la conservation de Ions 1rs biens. Elle apaise la colère de Dieu, obtient le pardon des péchés, chasse les vices, dètounir les dangers et allume, dans les cœurs le fieu de la charité.
Il n'y a point de vertu dont on n'eserre des actes dans la prière. La fui y parait la première, étant certain que personne lœ prierait s'il ne croyait que Dieu est présent , qu'il écoule les cris de ceux qui l'invoiiuent, qu’il a le pouvoir de les exaucer, et qu'il en a la volonté, lorsque cc qu'ils demandent est juste. L'espérance est animée par la prière, parce que nous mettons notre confiance dans la miséricorde et dans l'assistance de Dieu. La charité y est excitée par la vue de la bonté divine que nous sommes obligés d'aimer sur toutes choses. >ous apprenons dans la prière à accomplir toute justice, et â juger de toutes choses par la prudace des justes. On y exerce la farce, parce que celui qui prie prend une ferme résolution de servir Dieu, et de tout souffrir pour l'amour de lui. On y exerce la tempérance, parce que l’âme s'y détache des objets de la terre pour ne goûter que les délices du ciel. C'est principalement dans la prière que les dons de l'Esprit saint se font satir. L'entendement y est éclairé d'une lumière céleste; il jouit de la sagesse divine, et s'unit si étroitement à Dieu qu'il regarde les créatures comme un pur néant.
Etant rempli d’une clarté qui croit de jour en jour, il a le don du conseil qui l'cmpéche de se tromper dans sa conduite. Il est animé de la piété , qui le porte â prier en faveur des autres ; ayant conçu la grandeur de la majesté divine , il est saisi de crainte, et soutenu par sa force qui le rad capable de supporter de grands travaux pour le nom de JésuâChrist. Voilà commat ceux qui s'adonnât beaucoup â la prière acquièrent beaucoup de vertus.
«ao PRINCIPES DE LA VIE CHRÉTIENNE,