CHAPITRE IV
Que U reaoorbilqaà looM ebom eit le ftatlaueut de la rie chretimue.
La renonciation à toutes choses est la première pterre de notre édifice. De quoi servent les plus iisutes méditations sur la nature divine , et sur les mystères, les entretiens avec Dieu , et la pratique des vertus , si en tout rda nous ne cher-
VIE CHRETIENNE
: chons rien que nous, et si étant enflés d’orgueil j nous nous adorons comme des idoles , et mépristms les autres avec une arrogance égale è celle des Pharisiens? Celui qni croit être insensé est plus sage que tous les philosophes, et celui qui se tient pour le dernier des hommes est su-des- : sus de tous les rois. Notre salut, notre vertu et ' notreperfcction,necaosislent point danslcsdiscours élevés de la sagesse humaine, ni dana ' l’opération des effets miraculeux et surnaturela, mais dans la croix, dans l’abaissenirot et dans I les opprobes de JésusTJuSst.
I Jamais personne ne sers ssuvé , ne pratiquera I la vertu et n’arrivera i la perfection, s’il nr rr- . nonce i sot-méme , et que, retranchant tous ses I vices, il ne se ronfurme au modèle que Jésus- Christ lui a donné quand U a été attaché à la croix. U but pourtant {wendregarde que comme Simoo de Cyréoe porta la croix a|Nês Jésua- Cbrist, et ne mourut pas sur la croix comme lui, ainsi il y a plusieurs personnes qui portent des croix très pesantes, et qui ne laissent pas de vivre à eliesmèmes et de souffrir par amourpropre, au lieu de souffrir par l’amour de Dieu.
Qui aurait jamais pensé qae l’amour-propre se trouverait sur la croix , dont la nature a une si violente aversion? U n’est néanmoins quetnq) vrai qu'il y a plusieurs personnes qui embrassent de dures croix i dessein de se vanter de leurs peines, et de les faire paraître devant les hommes. Ceux-là portent la croix, mais ils ne veulent pas y être attachés avec Jésus-Christ. Us se tourmentent et affligent extrêmement , mais ils n’en tirent sucunprofit, et perdent tout le mérite de leurs bonnes enivres. Plusienrs se plaignent de ce que le bruit des affaires trooMe la tranquillité de leur esprit ; mais tout ce qui trouble cette tranquillité vient du dedans d’euxmémes, parce qu’ils ne penveut rien souffrir qui soit contraire à l’alliaacequ’Usont faite avec leurs sens, et qu'ils friient avec horrein' tout ce qui combat leun commodités et leurs intérêts. C'est le siqet de la gaare intestine, qui dorera mtre ia raison et l'appétit jusqu'à ce qu’il se suit aocoutomé à obéir.
Si quelqu'un avait un ami intime, de la présence duquel il ne pût se priver un moment , et avec lequel il fut aocuulumé de s'entretenir, de dormir et de manger, et qu'il apprit d'un homme digne de fui que son ami eût dessein de le
PAR LE CARDINAL BONA. — PARTIE II. 523
trahir rt de le tuer, son amitié ne se changerait elle pas tout d'un coup enune haine implacable? Cet ami perfide , c’est notre corps que nous flattons , que nous caressons , que nous servons. Il nous trompe sous l'apparence de ramitié,et tdche de nous ôter la vie de l'ème. Il n'est pas besoin que nous cherchionsdes ennemiséloi|piés, nous en avons un dans nous-mêmes qui nous dresse conlinuellement des pièges pour noos perdre. Qu'un Chrétien se sépare soi-méme de soi-uiéme, et il n'aura plus d'empêchement 1 son salut.