CHAPITRE IX
Dp* pUbin permis rt dn pUisir» dMiendai. Do nialbenr de
amx qai pralk|iient la vertu pour une murvaiaa An.
Il n'y a rien qui (daise véritablement à un esprit raisonnable que la vertu. Ce qui parait ordinairement agréable ne l'est pas en effet. Ce qui plaît a l'un déplaît à l'autre ; ce que ceux-ci trouvent doux, ceux-là le trouvent amer. Un prodi(pie se plaît â dissiper son bien, et on avare à le conserver. Ces goûts - là étant si differens, il est clair qu'ils ne peuvent être cunfi>rmrs à la raison, qui est commune J tous les luimmes , et qu'ils ne viennent qnc de la dépravation de l'appétit, qui | est contraire â la raison. le sens d'un homme ! déréglé et adonné â la débauché ne peut non !
VIE CHRÉTIENNE
' plus goûter le plaisir qui procède de la vertu, i que le palais d'un homme tourmenté de la fièvre : ne peut gioûter la saveur des viandes. Le bien sensible plaît naturellement â tous les hommes;
' mais il y en a peu qui sachent avec quel tempérament ils doit plaire , et avec combien de modération on en doit user.
L'homme a été créé pour une fin trop relevée pour être esdave des plaisirs des sent. Sa fin est de contempler le souverain bien et d'en jouir, au lieu que la fin des animaux est de jouir du plaisir des sens. Mais parce que l'homme ne peut connaître la vérité que par des espèces et des images tirées des sens , et que les puimances de l'âme raisonnable ne peuvent exercer leurs fboctions dans un corps dont les organes sont mal disposés , chacun est oMif;é de prendre un soin raisonnable et modéré de son corps , afin : d'en pouvoir tirer du service. Que si quelqu'un mettait sa fin dans les choses qui regardent le corps , comme s'il mangeait pour le seul plaisir, il pêcherait sans doute, et troublerait l’ordre de la nature, qui n’a rendu les alimens agréables ânotregoAtqu’afinquenousen usassions lorsque nous en aurions bmoin , et non afin que nous les recherchassions pour le plaisir et pour euxmémes, oooime fbot les animaux. Il est certain que nul ne se peut priver de tout plaisir durant cette vie. Chacun trouve son plaisir ou dans les choses de la terre, ou dans celles du ciel. Mais plus il aime celles du ciel , plus aussi il déleste : celles de la terre. On ne peut jamais aimer éga- I lement les unes et les autres. Il se rencontre aussi beaucoup de personnes qui admirent plutôt I l'édat de la vertu , et le recherchent plutôt que I la vertu même. Il aspirent â l'amour de Dieu , parce que c'est une perfection fort relevée. Ils mènent une vie sévère , parce que la fprandeur de courage parait dans celte austérité. Ils souhaitenl de posséder leur âme en paix , parce que celle paix a une douceur qui les charme. ILs désirent de connaître le chemin du salut sans autre dessein que celui de le connaître . et ils lisent tous les livres qui traitent de ce sujet pour entretenir leur curiosité. Ils marchent dans ce chemin de la perfection par une certaine enflure d'esprit, et par une ainbil ion secrète d’cxcrller et des’élever au-dessus des antres. Ils recherchent de hautesconnaissanres et d'éclalanirs lumières à dessein de jouir d'eux- mêmes plutôt que de
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PAR LE CARDINAL
Dieo. Ib Tcolent ce qui leur pUlt, et non ce que Dieu veut ; et quand ib veulent ce que Dieu veut , ib le veulent, non parce que Dieu le veut, mais parce qu'il leur pbit.
Etant ainsi trompés par une erreur aveugle, ils aiment davantage le phisir de b possesakui que la chose même qu’ils possèdent. Ib obéissent i leurs passions dans le temps qu'ib croient servir Dieu fort fidèlement. lU ne font aucun progrès dans U vertu ; et après s'ètre beaucoup tourmentés, ib ne trouveront rien entre leurs ma i ns que de l'amour d’eux mènus et de l'orgueil.
Il faut donc chercher Dieu en esprit de vérité pour lui seul et non pour aucun plaisir. Le temps de cette vie est un temps de travail, de combat et de ténèbres. Le repos, la joie et la lumière sont réservés t un autre.