‹ Choix d'ouvrages mystiquesChapitre 547 sur 684 · CHAPITRE XL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XL

Qne U ptu grande partit dci OireiitM fnépriMQl U MtrMt du ttlol.

Toutes les sciences qui sont conformes â b vérité sont bonnes en elles-mêmes; mab ceux qui travaillent à leur salut avec crainte et tremÜement , se mettent en peine d'apprendre princi-

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pikment ce qui y peut conlribucr, parce que le temps de la vie est fort court. D ne sert de rien de savoir beaucoup de choses, si l'on ignore Tordre et la manière dont on doit savoir. • Cdui- U, dit saint Jacques, est coupable de péché qui, tachant le bien qu’il doit faire, ne le fait pas. • Cest comme s'il disait que celui qui mange sans digérer s’incommode, parce que les aliment mal digérés nuisent plus qu’ils ne profitent. Si la science dont on charge Tesprit sans discernement et sans choix n'est digérée par la chaleur de la charité, et si elle ne passe dans les ntxpurs, die se tourne en habitudes corrompues, et attire la mort et la damuation étemelle.

Pendant le voyage que nous fii.soos ici-bas, nous devons avoir un soin tout particulier de conserver et la vie de notre Ime qui dépend de la grâce, et la vie de ce même corps. Mais la plus grande partie des hommes méprisent la vie de Tâme , et emploient tout leur esprit , toute leur capacité et tonte leur adresse, a conserver la vie du corps et à la passer agréablemrat. C’est pourquoi étant enveloppés d'épaisses ténèbres qui les aveuglent , et n'ayant que la prudence de la chair, au lieu d'avoir la science des saints, ils courent impétueusement après leurs concupiscences. Que si ceux qui parlent sans sincérité , et qui ont dessein de tromper par leurs discours sont odieux aux hommes, comme dit le sage, ceux qui ne vivent pas sincèrement, et qui imposent non-seulement par leurs paroles, mais aussi par leurs actions, sont encore plus odieux i Dieu même. Us se vantent d'avoir la science de Dieu, bien qu’ils ne l'aient point ; ils s'instruisent de ses voies , comme s’ils cherchaient sa justice dont ils sont fort éloignés ; ils voient les déhiuts des autres, et ne voient point les leurs; ils corrigent leurs frères, et ne se corrigent point; ils se mêlent des afbires d'autrui, et négligent leurs propres affaires; ils sont remplis de vices, et par une dissimulation exécrable, ils louent les vertus qu'ils n'ont pas, et cachent les vices qu'ils ont. Mais ils ne sauraient tromper Dieu , dont la lumière plus éclatante que celle du soleil pénètre les replis les plus cachés du cceur humain , éclaire les ténèbres les plus profondes . cl déoaivrira au dernier jour ce qui aura été le plus secret. Plût à Dieu que chacun vit ses taches et ses imperfections à la faveur de cette lumière! U lui serait très aisé de les effacer, car comme il

VIE CHRÉTIENNE

y a deux manières de connaître nos défints. Tune en eux-mêmes et à travers les nuages qni nous environnent , l'autre dans la splendeur des perfections divines, la première oonnalssance ressemble â un jour sombre et froid de l'hiver, et la seconde à un jour clair et chaud de Tèté, qni découvre par le vif éclat de sa lumière les imperfections les plus imperceptibles , et qui les consume par l'excès de son ardeur. Or, nul ne peut voir celte lumière ni s’approcher de Dieu, qu'il ne sorte de soi-mème. la vérité et la science solide ne se trouvent qu'en Dieu ; hors de lui, tout est fable, mensonge et folie.

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