‹ Choix d'ouvrages mystiquesChapitre 550 sur 684 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

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Le Sauveur enseigna à ses disciples combien l'amour des richesses est pernicieux , et combien il est contraire à la religion chrétienne et au salut étemel, lorsque après avoir fait un serment comme il avait accoutumé d'en faire dans les occasions les plus importantes, il leur dit : < Je vous le dis, en vérité, il est bien difficile qu'un riche entre daus le royaume du ciel.'s Pour graver plus profondément dans le cœur de ses auditeurs cette épouvantable sentence , et pour exagérer la diflicollé du salut des riches, il «jouta : «Je vnos le dis encore une fois, il est plus aisé qu’un chameau passe par le trou d’une aiguille , que non pas qu’un riche entre dans le royaume du ciel. D La porte du ciel est étroite, et ceux qui sont chargés du bagage des richesses n’y peuvent entrer.

Nous devons user des richesses comme un malade use des remèdes. U en a aversion ea

VIO PRINCIPES DK LA

tant qu'il* (ont anim , et fl lesaimeen tant qu'il* «ont m‘ces*.iirespuurrecou>Ter«isanté. Lasaoté est la fin qui est dt'sin'e indéfiniment, et pour idle-méme. I,e remède n'est désiré que pour la santé. Iln'y a pointdr malade qui soit bien aisede (irrndrr souvent des remèdes. Ils voudraient tous n'en prendre qu'un , et ils le rejetteraient absolument s'ils pouvaient Ruérir tans le prendre.

Tout Clirétien doit être dans la même dispo- .sition à l'égard des riehesses. Il les doit regarder comme des secours nrrrss.iircs durant son voyage, et non pas eomiiic des objets qui ne servent qu'à exciter sa eontupi.seenec. Il faut qu'il désire de s'en pas.scr autant qu'il est en son pouvoir, parce que, comme dit l'apôtre ; «C'est nne grande ricliessc que la piété et la modération d'un esprit qui .se contente de ce qui suffit. • Entre les conseils que le saint vieillard Tubie donna à son fils, il lui dit : « N'uppréhendez rien, mon fils; nous vivons dans la pauvreté, mais nous aurons beaucoup de bien si noos craignons Dieu , si nous nous éloignons de tout péebé. « Celui-là est vraiment riche, qui est riche pour l'éternité, qui sème non des trésors, mais des vertu.s. Il est difficile que le désir d'amasser de l'argent soit exempt de péché, parce que cet argent , auquel tout olélt , firiirnit tout ce qui peut entretenir la coiicupiscrnce de la chair, la concupiscence ries yeux, cl l'orgueil de la vie , qui font de si lurles impressions sur l'esprit. Voilà pourquoi l'auiour des richesses est si violent . et pourquoi il porte souvent à commettre toutes sortes de crimes. Comme les enfiins qui jouent aux palets sont fùrt attentifs i leur jeu , et se soucient fort peu des palets avec les<|uel* ils jouent , ainsi nous devun* avoir soin de notre vie sans aimer pourtant l'argent qui est nécessaire à sa conservation , et sans y attacher notre cœur , car dès que notre cœur y est attaché, il se salit et se corrompt parmi les ordures de la terre , et est réduit à une misérable servitude. Quand un jette des noix parmi le peuple, les enfàns et les jeunes gens courent (lour les ramasser, et se battent qnriquelôis |iour en avoir, au lieu que les hommes fiiits les méprisent. Quand on donne de l’or et de l'argait, et que l'on distribue des dignités, un homme de bien et qui craint Dieu ne s'empresse point pour en avoir. Ce ne sont , dit-il , que des ooii 4 mon égard, et je les laisse ramasser aux

VIE CHRETIENNE

enfàns. Que si pendant qu'on les jette il en tombe une dans les plis de ma robe, peut-être que je la casserai et que je la mangerai ; mais si elle tombe à terre, je ne me baisserai pas pour la ramas.ser , et je ne pousserai jamais ceux qui seront proches de moi pour l'avoir plutôt qu'eux , parce qu’une noix n’en vaut pas la peine. Toutes les clioscs extérieures même ne la valent pas , celte peinc-là, puisque la foi nous enseigne qu'elles ne doivent pas être mises au nombre des bieus.

Quand le Fils de Dieu s'est fait homme, il n'a point voulu être ridie, pour nous apprendre 4 mépriser les richesses, les enfàns du siècle, qui ne les veulent pas mépri.ser, méprisent la doctrine du Sauveur. Mais les enfàns de Dieu ne se font point de trésors sur la terre, où les vers et la rouille les mangent, et où les voleurs les déterrent et les dérobent. Crst être assez riche sur la terre que de n'y pas manquer de pain.

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