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CHAPITRE XXV

Qœ rbuimlilë «t la vertu particulièrF «Ict Cbrtiicfu.

Le Verbe de Dieu, le principe de la sagesse, le mahre de toutes les vertus, crie :s Appreneide moi. > Nnos allant sans doute entendre quelque chose de fort important ; car qui est edui qui

VIE CHRÉTIENNE

dit, apprenez de moi? Cest celoi qui a oéé le ciel et la terre , et qui a tiré la lumière du sein des ténèbres. Nous enseignera-t-il i Riire la même ebose , et a créer un monde nouveau ? Ijt création est un cbefd'œuvre réservé à la divine puissance. Il nous enseignera ce qu’il s'est fait pour l'amour de nous , et qu'ayant < la forme et la nature de Dieu, il s'est anéanti lui -même en prenant la forme et la nature de serviteur, en se rendant semblable aux hommes , et étant reconnu pour humme par tout ce qui a paru de lui au dehors. > Apprenez de moi, dit-il , non k I ressusciter les morts, non à chasser les démons , non à guérir les lépreux , non à rendre la vue aux aveugles et l’ouïe aux sourds , non à passer la mer a pied sec, comme qurtqnes-ons à qui j'en ai donné le pouvoir l'ont passée; mais apprenez de moi que je suis doux et humble de cteur. Il n'a point voulu nous enseigner à noos i rendre aux autres ce qu'il était lui-mème. Il n'a point voulu nous commander de foire autre chose que ce qu’il foisait. Il a réduit tous les trésors de sa science et de sa sagesse à nous enseigner a être humbles.

Il fout que ce soit quelque chose de fort difficile et de fort grand que d'ètre humble , puisque l’on ne peut l'apprendre que de celui dont la grandeur est infinie. L'enflure de l'orgueil humain ne pouvait être guérie que par celui qui , étant Dieu, • s'est rabaissé lui-méme, se rendant obéissant jusqu'à la mort, et jusqu'à la mort de la croix. >

L'humilité est donc une vertu propre et particulière aux Chrétiens. Elle a été inconnue à l'orgueil des philosophes. I..e Sauveur noos l'a recommandée sur toutes les antres par ses actions et par ses paroles, afin que marchant dans une nouvelle vie , nous courions après lui et nous obtenions la récompense i laquelle nous sommes appelés, et que nous coosidérions attentivement le terme d'oft nous sommes partis, le but où nous tenshms , le chemin que nous avons foK et les provisions que nous avons poor le reste de notre voyage. Nous n'arriverons jamais k la fin que nous nous proposons, si rhumHilé ne noos précède, ne nous accompagne et ne nous suit dans toutes nos entreprises.

Lorsque nous nous réjouissons d'une bonne actitm que nous avons foite, l'orgueil en corrompt tout le mérite, et nous avons sqjet d’ap-

PAR LE CARDINAL

prtihcnder que le désir de U louange ne ruine ce que nous faisons de plus louable. Que si les | pensées qui s'élèvent dans notre esprit nous veulent persuader que nous sonintes quelque chose, nous avons toqjours devant les ycui la terre , qui nous avertit de notre première origine. Mous ne sommes rien que terre, et nous retournerons bienUU en terre. L'édifice des v«^ tus doit être élevé sur le fondement de l'bumililé. Si quelqu' un avait le don de faire des miracles et de transporter les montagnes, quand Il parlerait le langage de tous les heanmes , qu'il aurait le don de prophétie , qu'il aurait converti tous les infidèles à la foi, et qu'il aurait distribué tout son bien pour nourrir les pauvres, U sera toqjours dans un très grand péril de tomber , et de perdre par l'orgueil le pris et la gloire de ses vertus, si connaissant sa propre faiblesse il n'appréhende la diute dont il est menacé, et si se défiant de soi-même il ne travaille à son salut avec crainte et tremUemeul. La véritable lagesse des Cbréliens consiste à apprendre i devenir humble.

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