CHAPITRE XXVI
Qw l*bODune doit «’approeber de Dm par rbomitité, oovnie il »'cs( éloigné de lui par l'orgueil.
L'orgueil, le plus détestable et le plus dangereux de tous les vices , tirs son origine du premier ange, lorsque cet esprit rebelle, ayant abandonné Dieu et s'étant tourné vers soi-même, rut l'insolence de s'attribuer les avantages qu’il possédait , comme si au lieu de les avoir reçus il les eût eus de son propre fonds et en eût été l'unique principe. Voici les paroles par lesquelles il déclare dans Isaïe le projet de son apostasie , et exprime l'excès insupportable de sa vanité : « Je monterai au ciel , j'établirai mon Irtïne au-dessus des astres de Dieu , je me placerai au-dessus des nuées les plus élevées, et je serai semblable au Très-Haut. » Le même malheur arriva à l'homme qui, ayant été trompé par les artifices du serpent, désira d’être égal à son Créateur, comme s'il eût pu être riche comme lui de ses propres biens. Cest |>our cela que l’ÉcrituTe dit que c’est par l'orgueil que l'homme a commencé â se séparer de Dieu et ft s’éloigner de l'affection de son Créateur; et prétendant s'élever, il est tombé d’une diute horrible. L'orgueil est donc le premier dotons les
péchés, selon le témoignage de la même Ëcri- I ture. C'est comme une maladie héréditaire que notre premier père nous a laissée, p»* laquelle regardant dans toutes nos pensées et dans toutes nos actions, notre propre eicellmce comme notre unique objet , noos nous détournons de Dieu et nous nous tournons vers nous-mêmes.
Pour retourner ji lui , dont nom nous sommes éloignés' par l'orgueil, il faut prendre un chemin contraire, qui est celui de l’humilité. Le fondement sur lequel elle doit être établie est la coonaissance de notre foiblesse et de notre misère, et Taveu que nous n'avons rien , que nom ne pouvons rien, que nous ne sommes rien et que rien ne nous est dû. Dieu a formé avec du limon le corps do premier homme , et y a versé une âme qu'il avait créée capable de lui et ornée des dons de la grâce. Cette âme en a été dépouillée par le péché et souillée d'une tadie que la nature, quelque effort qu'elle fosse, ne saurait jamais effacer. Ayant élé rétablie dans Tétât de grâce par la miséricorde de Jé.sos-Cliri.st notre Sauveur, elle s'est éloignée une seconde fois de la justice , est devenue bide et désagréable â Dieu, et l'aurait toqjours élé depuis, si le père des miséricordes ne la délivrait de b senitude du péché en b regardant d’en liant , et ne b remetbil dans b liherté de .ses enfons. Nul ne peut se relever après sa chute, s'il ne confesse que l'action même par laquelle il se relève est un effet de l'assistance de Dieu.
Qui est-ce qui met b différence entre un homme et un autre homme , et qoi est-ce qui b sépare de b masse corrompue de b nature pour en foire un vase d’honneur, ai ce n’est b grâce qui lui est donnée par Jésus -Christ? Que si quelqu’un , enflé d'une vaine tumeur , disait ; C’est ma foi qui met la différence entre moi et un autre , c’est ma prière , c’est ma justice ; l'apAtre paraîtrait â l'heure même, et lui répondrait: oQu'avez-vous que vous n’ayez point reçu ; que si vous l'avez reçu , pourquoi vous en glorifiez-vous comme si vous ne l'aviez point reçu ?• Le même apAtre dit dans un autre endroit : a Nous ne sommes pas capables de fmmer de nous- mêmes aucune bonne pensée, cmnnie de nous-mêmes, mais c’est Dieu qui noos en rend capables. > Enfin le Sauveur dit : i Sans moi vous ne poonrez rien foire , afin qu'aucun ne se glorifiedevant lui, et que, comme il est écrit, ceh»
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qui M giorifle ne te glorifie que dans le Seigneur. Let pécheort ne miraient te glorifier, parce qu'ils n'en ont point de sujet ; ni les justes, parce qu'ils n’ont point d'autre gloire que relie qu'ils ont dans celui en l'honneur duquel ils chantent : • Vous êtes ma gloire, et vous mcfàitesmarcherla tète levée. sQuelqu'un seglorifiera-t-il den'avoir pas rejeté les gréces et les inspirations de Dieu? Ce serait sans doute la dernière eitravagance ; ce serait eomnie si qnciqn'un te vantait qu'il n'aurait tenu qu'A lui de se rendre misérable et de te jeter dans un puits , et qu'il ne l'aurait pas voulu fiiire. Ce n'est que par un effet de la miséricorde de Dieu que l’un ne rejette pat ses inspirations ; car s'il retirait ses luiniéres et set secours , personne ne pourrait connaître set bienbits ni t'en servir, il faut donc que nous surmontioos le désir de la gloire par le zélé de la justice , et qu'en toutes nos bonnes actions l'amour de la louange eède à celui de la vérité. Noos ne devons nous glorifier en rien , puisque nous n'avons rien de nous. I^e fondement de toutes let vertus est de savoir et de croire que de nous-mêmes nous ne pouvons rien , nous ne sommes rien et nous n'avons rien. C'est Dieu qui opère en nous le vouloir et le fiiire , et ainsi il fiiut craindre que la grâce, qui est donnée aui humbles, ne soit Mée aux superbes.