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CHAPITRE XXXIV

^l'il rjtii Mn- mnirnt (le t>iul ce qu’H plaît à Dieu d'ordooiMT par U providenoe.

Cest sans doute un fort bon désir que de désirer que Dieu nous envoie des afflictions, et qu'il nous donne occasion de souRrir pour l'amour de lui. .Mais il vaut beaucoup mieux être entièrement soumis â sa volonté et i ses ordres, et le prier qu'il dispose de nous comme il lui phira.

On ne reconnaît la vie sumaturelie que par la privation de mouvement et de sentiment , au lien que l'on reconnaît b naturelle par le mouvement et par le sentiment, comme par ses signes ordinaires. En effet , celui qui s'abandonne soi-méme et qui transporte en quelque sorte à Dieu tous ses mouvemens, vit de la vie de la grâce, et ne sait rien de ce qui le regarde, non plus qu'un enfont qui n'est que depuis un jour sur la terre. Il ne regarde ce qui lui arrive que par rapport â la volonté et â la providence de Dieu. Il ne s'applique rien de ce qui arrive dans le monde, si ce n’est ce qu'il plaît â Dieu, dans la main duquel il est de la même sorte que l’instrument est dans la main de l'artisan. Il n’a point de curiosité pour pénétrer les conseils de Dieu. Il les adore avec une parfoite soumission , et il les croit toqjours justes, bien qu'il ne les poisse comprendre. II veut ce que Dieu veut, de la même manière que Dieu le veut , et pour la même raison. Il rend sa volonté parfaitement conforme â celle de Dieu, â l’égard de tous les biens de la nature, de la grâce et de la gloire; de sorte qu'il se dépooille autant qu’il peut de sa liberté, du pouvoir d'agir et de ses actions mêmes, afin que la' volonlé.de Dieu vive et agisse seule en lui.

Depuis que la volonté a été corrompue par le péclié , elle s'aime par un effet de sa corruption,

PAR LE CARDINAL BONA. — PARTIE IL

et prend plaMr It être maîtresse de ses actions. Lorsqu'elle cherche la gloire de Dieu, elle la cherche dans ses actions, et y trouve de la complaisance comme dans un bien qui lui est propre; ainsi quand elle se prive eUemiime de son action et de la joie qui en procède , elle se soumet pariiiitement aux ordres de Dieu , lui remet sa volonté entre les mains, s'oubUe soi-mème, et oublie en même temps le reste des créatures. Il faut nécessairement que la volonté de Dieu soit exécutée. Il a fait tout ce qu’il a voulu, et nul ne peut résister à sa volonté; mais elle est bien accomplie, quand elle est accomplie par nous et dans nous.

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